Le paradoxe de la responsabilité

Par Catherine Foisy

En vertu de l’article 1457 du Code civil du Québec, chaque citoyen a l’obligation de ne pas nuire à autrui.  Si la philosophie de vie d’un être ne s’inscrit pas sous cette idée, cette personne pourrait être tenue pour responsable de dommages matériels, corporels et moraux. Et nous ce qu’on en fait? On en fait une grosse sauce à spag pour nourrir tout Québécois de haine.

«Mike Ward, c’est de ta faute si le petit Jeremy a été intimidé, nul besoin de tenter de nous en dissuader, tu n’en es pas moins coupable. Tes blagues forment une corrélation exacte avec le résultat.

À mon coloc, c’est de faute si l’appartement a les murs tapissés de mouches, ce n’est certainement pas parce qu’au Québec il fait humide, c’est de ta faute parce que tu as laissé traîner ton bol de sauce à spag dans l’évier trop longtemps.

Les ostis de gratteux de guitare, c’est de votre faute si la matricule 728 a agit comme ça, elle ne voulait que servir le Québec, rétablir la loi et l’ordre. De ton côté Guy A, et à celui des producteurs de TLMEP, vous êtes tous des sans-coeurs, c’est de votre faute si Stéphanie Trudeau a été victime d’intimidation en plein plateau de tournage.

À toi le petit vieux qui traversait le boulevard de l’Université si lentement que deux lumières ont passé avant que je ne puisse avancer, c’est de ta faute si je suis arrivée une demi-heure en retard à job.Ta manière de mettre un pied devant l’autre par minute me saoule.

La santé mentale, c’est de ta faute si on a beaucoup de criminels au Québec, maudite affaire. Pourquoi t’es plus présente dans la vie des Québécois que chez l’ensemble de la population canadienne? On a une société chaotique par ta faute, on va même jusqu’à tuer des enfants.

Pour mon examen d’histoire, c’est de la faute de mon prof si j’ai une mauvaise note, il n’enseigne pas bien, j’avais tellement étudié en plus.»

À nous entendre parler, tous sont responsables de dommages matériels, corporels et moraux. Il est si facile de se déresponsabiliser et de faire porter le chapeau à un autre, mais ce qui est pire, c’est qu’on y croit, on y croit fermement. Notre société est celle d’une course à savoir à qui appartient la faute. La faute, mais quelle faute? Faut-il toujours désigner un coupable? J’aimerais qu’on y réfléchisse et qu’on tente une nouvelle approche: celle de parler pour notre cause, et non contre la cause adverse.

Par exemple, si on reprenait cette idée de «c’est de  la faute du prof si j’ai une mauvaise note» ? Rien ne nous empêche d’aller cogner à la porte de ce dit enseignant et de lui demander de plus amples explications. Une fois cette étape franchise, là on pourra mettre en branle différents moyens de réussir son examen et l’innocenter de notre mauvais résultat, s’il a lieu. À vous de visualiser cette fonction de voir les choses à une plus grande échelle.

Devenons responsables pour ceux qui n’osent l’être.

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© Cathie Lacasse Pelletier

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