Le parlement jeunesse du Québec : une incursion dans la démocratie parlementaire

Par Dorian Paterne Mouketou

Chaque année est conviée une centaine de jeunes québécoises et québécois âgés de 18 à 25 ans à participer à une simulation parlementaire et journalistique à l’Assemblée nationale du Québec. Pour une 69e édition, le Parlement jeunesse du Québec est ouvert. Attention : l’offre se termine le 1er novembre prochain. Et certaines conditions s’appliquent!

Une petite histoire du PJQ

Le parlement jeunesse du Québec (PJQ) voit le jour en 1949 dans un sous-sol d’église à Montréal. Géré par l’Église protestante, le PJQ, à l’époque appelé le Quebec Older Boys’ Parliament, offrait des activités qui étaient ouvertes aux gens venant de toutes les réglions. D’après la traduction libre d’un document de financement de 1953, cette simulation avait pour but de « captiver l’intérêt des garçons et de les mener vers une relation plus saine et plus profonde avec leur Église ».

Dans les années 1960, la simulation s’est orientée davantage vers des sujets moins religieux. C’est la Révolution tranquille au Québec. On assiste à l’époque d’une libéralisation des mœurs, notamment par une décriminalisation de l’avortement et à des prises de mesures sur la contraception. Parallèlement, les enjeux discutés dans les simulations sont plus sociétaux et engagés. Enfin, c’est en 1969 que le Quebec Older Boys’ Parliament va accepter la mixité par un décret. Ainsi nait la simulation mixte : le Quebec Youth Parliament.

Dans les années 1970, le Quebec Youth Parliament s’est progressivement délaissé de son statut religieux. Alors qu’on assiste à l’élection du Parti québécois en 1976, la simulation garde son caractère anglophone, mais vote un projet de loi « favorisant l’enseignement bilingue et l’intégration en français des nouveaux immigrants ». Une décennie plus tard, les francophones intègrent de plus en plus la simulation. C’est ainsi qu’en 1986, un premier ministre francophone est nommé au sein de l’organisation. Dès lors, les textes sont écrits en français, puis traduits en anglais; le Parlement jeunesse du Québec est né! En 1988, l’Association québécoise des jeunes parlementaires (A.Q.J.P. inc.) voit le jour. Elle a veillé à la création de simulations régionales et internationales et à l’organisation des conférences ouvertes au grand public.

Par les jeunes pour les jeunes

Aujourd’hui, le PJQ est une simulation parlementaire et journalistique non partisane conçue pour les jeunes de 18 à 25 ans. Pour sa 69e édition, elle espère accueillir 100 personnes venues des quatre coins de la Belle Province à l’Assemblée nationale du Québec. Du 26 au 30 décembre prochain, à l’Hôtel du Parlement de Québec, les jeunes pourront s’exprimer dans la Capitale nationale sur les enjeux actuels de la société québécoise. Ainsi, le PJQ, c’est avant tout se mettre dans la peau d’un député. « Occupant les sièges de véritables députés, les participant.e.s émettent leur opinion, préparent leurs interventions en Chambre, défendent leurs points de vue, et sont appelé.e.s à voter pour ou contre des projets de loi entièrement rédigés par leurs pairs », peut-on lire sur le site du PJQ.

La Colline : le journal de l’Assemblée

Pour celles et ceux qui sont moins à l’aise dans le costume politique, il est possible de participer à la simulation en tant que journaliste. « Ainsi, le temps d’une brève législature, les participant.e.s du Parlement jeunesse du Québec apprennent les rouages de la démocratie québécoise et du journalisme politique », peut-on également lire sur le site du PJQ. C’est sur cette optique qu’a été créée La Colline, le journal du Parlement jeunesse du Québec.  Elle rassemble une douzaine de participantes et de participants qui se divisent en deux groupes :  le journal écrit et le journal vidéo.

Alors que le journal vidéo est présenté toutes les soirées pendant la simulation, le journal écrit paraît une première fois pendant la période de recrutement et une seconde fois pendant la période préparatoire de novembre.  Une autre édition est préparée d’avance pour le 26 décembre, les autres apparaissant en temps réel durant la simulation. Le travail des journalistes est de vulgariser les points difficiles des projets de loi afin d’aider les députés à la construction de leurs positions politiques. On retrouve dans La Colline, par exemple, des textes sur les déclarations ministérielles portant sur les enjeux principaux des projets de lois. Les journalistes peuvent également concevoir des articles ou des capsules vidéo en passant des entrevues avec des membres du gouvernement et des députées et députés de l’Assemblée nationale.

Des étudiantes et étudiants satisfaits de leur expérience

Sandrine Jouis, étudiante à l’UdeS, parle du PJQ comme une expérience éducative qui change une vie et qui ouvre l’esprit à d’autres réalités. Elle stipule que « c’est une super école pour comprendre notre système politique québécois. Comme on siège à l’Assemblée nationale dans les vrais sièges des députés et qu’on suit assez précisément les procédures, on a vraiment l’impression d’expérimenter la vie parlementaire ». Selon Sandrine, qui est à sa 5e participation à la simulation parlementaire, le PJQ est un endroit où les barrières tombent. « Même si tu te présentes là-bas avec une idée en tête, c’est certain que tu vas changer d’idées mille fois durant les débats. On est tout le temps confronté.e et c’est super enrichissant de se remettre en question. Aussi, ça permet de rencontrer des personnes qui sont différentes de celles que tu côtoies généralement », souligne celle qui est leader de l’opposition et membre du comité exécutif.

L’offre se termine bientôt!

L’expérience s’adresse principalement aux jeunes de 18 à 25 ans. Cette année, les débats porteront sur quatre thématiques, soit la procréation assistée, le transport durable, la Justice algorithmique et le statut de l'artiste. Pour obtenir toutes les informations sur la simulation, vous pouvez écrire à info@pjq.qc.ca.  Les coûts de participation sont de 255 $. Cela inclut l’hébergement, le transport aller-retour et la nourriture. Les étudiantes et les étudiants de l’Université de Sherbrooke peuvent soumettre leurs candidatures au www.pjq.qc.ca/inscriptions.

Dépêchez-vous : l’offre se termine le 1er novembre 2018!

« Il faut dire qu’au PJQ, on ne suit pas de ligne de parti. Alors, que tu sois au gouvernement ou dans l’opposition officielle, tu t’exprimes librement, en ton âme et conscience. Et peu importe ton opinion, les autres participant.e.s vont t’écouter attentivement, sans jugement. Grâce à ça, on assiste à des prises de paroles vraiment personnelles et authentiques. Les gens se sentent en sécurité de s’exprimer au PJQ et c’est pourquoi les débats sont aussi riches ».

 - Sandrine Jouis


Crédit Photo @ Facebook PJQ

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