L’art de vulgariser et de relater une histoire permet de marquer les esprits et d’engager les lecteurs dans le développement d’une vision commune du monde. Si tous n’y arrivent pas du premier coup, chacun peut améliorer ses compétences dans le domaine. C’est pourquoi Dany Baillargeon, professeur au Département de communication, a offert, ce jeudi14janvier, l’atelier «De l’épine dans le pied à l’avancement de la science  Le storytelling et la vulgarisation scientifique» dans le cadre du Concours de vulgarisation scientifique2021. 

Par Émilie Pinard-Fontaine 

Source : UdeS

La science au sens large, que l’on parle de biologie, de politique ou encore de génie électrique, est caractérisée par une spécialisation et un jargon propre à chaque domaine. Cela permet d’approfondir un champ d’activité, mais, lorsque vient le temps de partager les découvertes avec le grand public, les chercheurs et chercheuses tiennent bien souvent des propos incompréhensibles pour le commun des mortels. Il importe donc, afin de rendre accessibles des connaissances scientifiques à des non-spécialistes, de les vulgariserEt c’est là que le storytelling vient à la rescousse!

Apprendre grâce aux histoires 

Depuis l’enfance, les êtres humains se font raconter des histoires qui suivent la même structurele schéma narratif. Du conte classique à l’explication de la physique quantique, ce schéma permet de rendre un propos compréhensible pour une majorité de personnes. Situation initiale, élément déclencheur, quête avec héros et opposants, situation finale : ces mots sonnent certainement familiers à vos oreilles. C’est une séquence que nous avons toutes et tous apprise un jour ou l’autre. Simple, mais rudement efficace, elle marque les esprits et permet de retenir facilement l’information. Quel rapport avec la science? Eh bien, ce schéma correspond exactement au processus d’une découverte scientifique.   

Dénicher le fil conducteur 

Toute découverte a son histoire, celle-ci commence par un état stable dans lequel survient une variation ou une perturbation qui modifie notre regard sur la situation. Des efforts sont ensuite fournis afin de comprendre la perturbation ou l’inconnu  ce sont les péripéties  qui mènent à un résultat qui change notre vision du monde. Ce fil conducteur est parfois évident, les éléments se placent dans le bon ordre dans notre tête et il ne reste plus qu’à mettre le tout par écrit en des termes compréhensibles. En revanche, le fil peut aussi se tortiller et se cacher. Le vulgarisateur doit alors se concentrer sur l’impact ou l’émotion que la découverte scientifique peut avoir sur la population. Les tensions présentes dans la recherche peuvent aussi permettre de faire ressortir une histoire. Il importe toutefois de ne pas changer la réalité ni de tomber dans la littérature afin de conserver une certaine rigueur scientifique. 

Construire un récit 

Après avoir déniché le fil conducteur, la construction du récit est une étape cruciale. Au cours de son atelier, le professeur Baillargeon a abordé les trucs et astuces pour repérer les éléments narratifs dans un article scientifique et bien rédiger une nouvelle vulgarisée. Par exemple, établir le contexte sociopolitique et créer des comparaisons et des analogies imagées, qui font référence aux connaissances de base de tout un chacun, peut se révéler judicieux.  

La structure du schéma narratif permet à la fois d’offrir un canevas pour bien organiser l’information, mais aussi d’avoir du plaisir à écrire. L’originalité et l’intrigue sont donc les bienvenus tant que les propos restent justesCette démarche permet de rendre l’abstrait plus concret, de donner du sens à la découverte et de créer chez le lecteur un plus grand intérêt pour celle-ci.  

Concours de vulgarisation scientifique 

Offert dans le cadre du Concours de vulgarisation scientifique 2021, cet atelier d’une heure, présenté devant une centaine de membres de la communauté étudiante, s’est révélé fort intéressant. Il a permis à toutes et tous d’approfondir ses connaissances de la vulgarisation ou d’apprendre la base pour commencer cette pratique. Nul besoin d’être un as de la rédaction, le storytelling est accessible à tout le monde. Il suffit de se pratiquer et, avec le temps, la plume se dégourdit.  

LConcours de vulgarisation scientifique est un concours annuel qui consiste à écrire une nouvelle vulgarisée portant sur un chapitre ou un article publié dans une revue scientifique au cours de l’année par des membres de l’Université de Sherbrooke. Les inscriptions se déroulent jusqu’au 31janvier 2021. Pour plus d’informations, consultez le site Web du concours.  

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