Le respect du « non » {signé : le REMDUS}

Ce n'est pas la position du REMDUS qui fût difficile à trouver, à débattre. C'était, comme partout, un « ark, ben voyons donc » assez explicite contre les agressions sexuelles. Qui serait pour, voyons?

Où en sommes-nous rendus? En tant qu’adultes éduqués, comment se fait-il que nous devions ouvertement garder une main sur notre verre par peur que quelque chose se retrouve dedans?

On pense souvent que c'est acquis, évident. Que le « mets pas ta main dans la culotte de ta voisine », le respect du « non » et même juste le gros bon sens suffirait à éviter tout débordement de testostérone (d’oestrogène, même).

Mais non. Encore aujourd'hui, un homme sur six, une femme sur trois sera victime d’agression sexuelle dans sa vie. Selon une enquête menée dernièrement sur le campus d’Ottawa, près du tiers des étudiants pensent que « les femmes qui se placent dans des situations à risque sont en partie responsables si elles se font violer ».

Selon Manon Bergeron, professeure au département de sexologie de l’UQAM, « cette violence ne se limite pas aux agressions proprement dites. Elle prend toutes sortes de formes: harcèlement, exhibitionnisme, voyeurisme, cyberharcèlement, attouchement sexuel non désiré, menace de viol. Chacune de ces manifestations entraîne des conséquences néfastes. Le harcèlement, par exemple, mine le sentiment de sécurité de la personne qui en fait l'objet. »

On va mettre quelque chose au clair. Entre nous. Là là.

Dans une agression (viol ou pas), la victime n’est jamais responsable. Elle ne l’a pas cherché. Elle ne l’a pas voulu. Trop d’agressés (hommes comme femmes) ont encore trop peur de ne pas être crus et se responsabilisent de leur condition.

C'est pourquoi le REMDUS cherche à contrer la déresponsabilisation entourant la culture du viol, en plus d’apporter des outils concrets à ceux qui en sont les victimes. Nous avons pour mandat de lancer une campagne de sensibilisation contre la violence sexuelle sur le campus, l’abus d’alcool et les ITSS. Le REMDUS est en train d’élaborer une banque d’activités pour lutter contre les agressions et la violence sexuelle. Nous comptons également développer une meilleure collaboration avec les services de la vie étudiante et travailler conjointement avec le CALACS.

Au diable les commentaires sur l’idée que les hommes ne peuvent être des victimes de viol parce qu’ils n’ont qu’à ne pas bander, que les filles aux décolletés et aux jupes trop courtes l’ont bien cherché. Il est temps que ça cesse.

- Le REMDUS


L'édition du 3 novembre du Journal Le Collectif contient un dossier choc de quatre pages entièrement dédié à l'enjeu des agressions à caractère sexuel commises sur le campus de l'université de Sherbrooke. Huit articles qui abordent la problématique sous autant d'angles.

 

 


 

© Cathie Lacasse Pelletier

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