Par Simon RD

Bien que les robots existent dans l’imaginaire collectif depuis des décennies, la révolution robotique semble être bel et bien concrète et perceptible pour les années à venir du 21e siècle. Le National Geographic a sorti, en septembre dernier, un nouveau numéro qui traite de la révolution robotique et il serait intéressant de s’y plonger. Autrefois élaborée dans le but d’automatiser les tâches plus techniques et monotones, voilà que l’innovation technologique tend à expérimenter et fabriquer des robots qui sauront satisfaire les besoins quotidiens de l’homme Sapiens par le plaisir sexuel, les tâches ménagères, l’interaction émotionnelle ou l’apprentissage, par exemple. Sans aucun doute, cette révolution, qui est bel et bien en marche, façonnera indéniablement le visage du futur de l’être humain sur Terre et peut-être même ailleurs, qui sait?

L’homo sapiens ayant dominé, à ce jour, la planète bleue, voilà qu’il s’apprête à faire connaissance, de plus en plus, dans la vie de tous les jours, avec un nouveau type de Sapiens doté d’une intelligence artificielle qu’on appelle un humanoïde. Toutefois, il serait honnête de bâtir une réflexion sur ce qui s’en vient avec ces êtres artificiels. L’homme sera-t-il en mesure de douter de la machine et d’établir un respect et une distance émotive ou morale entre lui/elle et « eux » ?

Le robot au service de l’humain

Le robot ne devrait pas effrayer l’homme concernant la menace qu’il représente pour ce dernier face à la perte d’emploi. Pourtant, selon une étude de la RBC, au Canada, 50 % des emplois pourraient disparaître dans environ les dix prochaines années à cause de la robotique. Ce constat semble toucher l’idée de la performance. Effectivement, si l’homme veut rivaliser et prouver qu’il est plus rentable, il devra le démontrer par la performance, soit justifier l’intérêt d’embaucher un être de chair plutôt qu’un robot à faible coût pour la main d’œuvre.

Alors, le robot va-t-il vraiment être au service de l’humain ? Évidemment, force est d’admettre que le robot, doté d’une intelligence artificielle de plus en plus développée, pourra effectuer des tâches d’envergure, telles qu’agir auprès d’enfants autistes, en médecine, en développement spatial, etc. L’humanoïde a certainement le potentiel de chambouler le monde social et technologique de demain pour le mieux.

La sensibilité de l’homme confronté au vide 

Dans le dossier « L’étude de la relation homme-robot », rédigé par le psychiatre Serge Tisseron, président de l’Institut pour l’étude de la relation homme-robot, le chercheur amène de très bons points sur les conséquences d’une relation robot-homme, sur la psychologie humaine, si l’homme n’apprenait pas à douter et même d’user de son sens critique envers l’humanoïde.

Ce qui est fascinant avec ces robots aux allures d’un Sapiens de l’âge « très moderne », c’est qu’ils ont un physique remarquablement apparent à celui de l’homme. Ils sont et seront même dotés de plusieurs sens humains, soit l’émotion et le désir de socialisation. Ils se soucieront de l’homme, mais surtout, plus la technologie de l’intelligence artificielle avancera, plus ils voudront en apprendre. En effet, les Sapiens 3.0 voudront qu’on les aide à mieux comprendre le monde.

Comme l’explique bien M. Tisseron dans son document, beaucoup de facteurs psychologiques pourront compromettre l’état mental d’un être humain. Par exemple, le psychiatre évoque la possibilité qu’un jour il sera possible d’acheter un robot, peut-être identique à un être cher qui est décédé, c’est alors que la notion du deuil pourrait être complexe, voire chamboulée. De surcroît, dans la mesure où il serait possible de faire l’achat d’un enfant robot, l’homme pourrait-il développer un réel sentiment d’amour et d’attachement envers un enfant aux ossements métalliques ?

Les données personnelles, un enjeu?

Un autre danger serait de ne pas se méfier de l’humanoïde… juste un peu. Le robot sera conçu par un fabricant, donc il appartiendra toujours, dans un certain sens, à ce dernier. Les questions qu’il faudra se poser seront quelles sont les intentions de ces corporations et que veulent-elles vraiment ? C’est là qu’il faut se méfier de l’homme lui-même. D’ailleurs, de plus en plus, les populations font face à des enjeux de vols d’identité et de fuites de données personnelles via les plateformes numériques. On peut parler de Facebook et même de certaines applications qui nous demandent l’autorisation d’obtenir des informations. Il y en a même qui les collectent à l’insu de l’utilisateur ou l’utilisatrice, transformant le consommateur en produit, en échange d’un service gratuit.

Quand le cinéma en apprend sur l’humanité de l’homme

Qu’arrivera-t-il aux humanoïdes quand l’homme civilisé ne voudra plus d’eux, ou du modèle trop désuet ? On n’a qu’à penser aux cellulaires qu’on jette sans honte dans les poubelles pour le nouveau modèle. Le film A.I. de Steven Spielberg expose, à travers son œuvre, le comportement matérialiste qui mène l’homme moderne vers une forme de déshumanisation. Dans ce film, le spectateur est témoin d’une décharge de robots jetés là sans humanité, abandonnés et laissés à eux-mêmes, car ils sont soit brisés, soit désuets. Point intéressant : dans les films de science-fiction, on réalise la plupart du temps que les robots semblent avoir plus d’humanité que l’homme lui-même.

L’obsolescence contrôlée, le capitalisme et le robot, un être déjà fiché

Le robot est créé pour aimer et aider l’homme et ce dernier pourrait, quand il le veut, le jeter comme un vulgaire déchet. Mais où serait le sens même d’humanité dans un scénario de la sorte ? Comment, en tant qu’être humain, l’homme serait-il capable d’établir un attachement avec un humanoïde pour un jour le mettre aux ordures pour un modèle plus excitant, ou sous prétexte même de l’obsolescence contrôlée aux noms de la surconsommation ? L’homme en viendrait-il, par inconscience, jusqu’à établir le même comportement avec un réel être humain ?

Enfin

La révolution robotique est certes une bonne nouvelle pour l’avancement technologique en permettant à l’homme de vivre une vie épanouie en laissant la machine s’autosuffire. D’ailleurs, dans la dernière parution du National Geographic, il est intéressant de lire et d’en apprendre sur les remarquables avancées à ce jour et plus tard qu’incarneront les nouveaux Sapiens du 21e siècle et peut-être du 22e siècle, si Dieu le veut. Toutefois, l’homme ayant toujours eu ce fantasme de vouloir jouer à Dieu, justement, il faudra avoir un débat de société sur l’utilisation qui sera faite de ces êtres en tenant compte que l’homme voudra toujours dominer le monde.

Sources

National Geographic, The robot revolution has arrived, September 2020.

« 1 emploi sur 2 chamboulé par les robots d’ici 2030 », Les Affaires, repéré à https://www.lesaffaires.com/blogues/l-economie-en-version-corsee/1-emploi-sur-2-chamboule-par-les-robots-d-ici-2030/601446

Serge Tisseron. « L’étude de la relation homme-robot : l’avenir de la psychologie », Le Journal des psychologues, 2017.


Crédit Photo @ Simon RD

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