Le saviez-vous ? : D’un poison à un médicament

Par Audrey Murat

Il vous est sûrement déjà arrivé, à vous ou à un de vos proches, de recevoir des prescriptions de «drogues», telles des antalgiques, agissant contre des douleurs insupportables. 

Votre médecin vous présente ces derniers comme des médicaments  à effet très puissant et il faut y porter une attention particulière. Sans aucun doute, le plus connu et prescrit demeure la morphine et ses analogues. Mais croyez-le ou non, le venin de certains serpents viendrait rivaliser en termes d’efficacité avec cette morphine.

En effet, des chercheurs de l’Institut de pharmacologie moléculaire et cellulaire de Nice ont découvert comment créer un antalgique aussi puissant que la morphine, mais ayant des effets secondaires moindres. La base de cet antalgique est le venin d’un des serpents les plus dangereux d’Afrique, soit le Mamba Noir. Ça vous semble louche ?

En fait, lors d’une morsure de ce serpent, la personne ressent des fourmillements, elle a des troubles de vision, elle est parfois victime de paralysie et, sans traitement ou antidote, elle risque la mort. Bien sûr, les chercheurs ont modifié certaines propriétés afin d’éviter la paralysie et la mort et se sont concentrés sur la cible thérapeutique précise. En fait, ils se sont attaqués à des canaux spécifiques, retrouvés sur la membrane de neurones du système nerveux central intervenant dans la sensation de douleur, soit les canaux ASICs (Acid- Sensing Ion Channel’s)

Les objectifs

Toujours dans leur recherche antalgique, Sylvie Diochot et Anne Baron, membres de l’Institut, se sont fixés comme objectif de trouver des peptides (chaînes d’acide aminé) qui inhiberaient ces canaux et ainsi diminueraient la sensation de douleur. Après plusieurs recherches, elles ont trouvé deux de ces peptides chez le fameux Mamba Noir.

Après plusieurs tests chez les souris, les résultats se sont révélés plus concluants qu’elles ne l’avaient imaginé. Selon leur étude, ces peptides retrouvés dans le venin inhiberaient les canaux ASICs de manière non-toxique et avec beaucoup moins d’effets indésirables. Finalement, leurs études animales ne présentent aucun signe de dépression respiratoire et une accoutumance, soit l’adaptation de la substance a l’organisme, inférieure à celle obtenue avec la morphine.

Selon Sylvie Diochot et Anne Baron, il  faut continuer nos recherches sur les animaux et les humains afin de conclure l'effet analgésique du venin du Mamba noir.

Informez-vous auprès des étudiants en pharmacologie pour pousser davantage vos connaissances sur les venins de serpent en santé.

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