sport-JP_Ouellette-credit_www.zimbio.comLe sepak takraw est l’un de ces sports où les participants semblent sans cesse défier les lois de la physique. Souvent désigné en Occident sous le nom réducteur de kick volleyball, le sepak takraw est une discipline explosive où l’agilité et la puissance priment.

Par Jean-Philippe Ouellette

Extrêmement populaire en Indonésie, en Malaisie, au Laos et en Thaïlande, le sepak takraw est pratiqué en Malaisie au moins depuis le XVe siècle. Une légende de l’époque raconte qu’un fils de sultan de Malacca aurait été accidentellement touché à la tête par la balle lors d’une partie de sepak takraw. Fou de rage, celui-ci aurait poignardé jusqu’à la mort son adversaire, forçant son père à l’expatrier dans un autre royaume.

Le sport s’est rapidement propagé dans les régions environnantes. C’est au milieu du XIXe siècle, au même moment que la conquête de l’Ouest états-unien, qu’ont été formulés les premiers règlements officiels. Ceux-ci ont donné un deuxième essor au sport, qui est devenu une grande fierté régionale. Ainsi, lorsque la Thaïlande a officialisé sa constitution abolissant la monarchie en 1933, une démonstration de sepak takraw a été organisée pour marquer le coup!

La difficulté de ce sport est qu’il est interdit de toucher la balle avec ses bras ou de les utiliser comme appui. Les joueurs défient donc constamment la gravité : enchainer les bicyclettes et les coups de pied acrobatiques n’a jamais eu l’air aussi naturel et facile. L’aspect athlétique est si profondément ancré dans la culture du sport qu’une variante tenant plus du spectacle consiste en une seule équipe se passant la balle dans une chorégraphie freestyle. Pensez à vos séances de aki du secondaire, avec plus de talent!

Les parties de sepak takraw s’échelonnent sur un minimum de deux manches lors desquelles les deux équipes doivent atteindre vingt et un points. Ceux-ci sont accordés lorsque la balle touche le sol en zone adverse ou si l’adversaire envoie sa frappe à l’extérieur des limites. Si les opposants se partagent les deux manches, un bris d’égalité de quinze points scelle l’issue de la rencontre.

Les équipes de trois joueurs ont droit à trois passes avant d’attaquer l’adversaire. Deux joueurs de champs, nommés « apit kiri » (pince gauche) et « apit kanan » (pince droite), se partagent les côtés alors que le joueur de centre, nommé « tekong », endosse en plus la responsabilité de faire les services.

Le terrain mesure 13,4 sur 6,1 mètres, avec un dégagement vertical d’au moins huit mètres. Ce sport s’est longtemps pratiqué sans le filet séparateur d’un mètre et demi de hauteur, qui n’est devenu règlementaire qu’en 1940. Le sepak takraw se joue aussi dans le sable, qui absorbe une partie des impacts avec le sol.

À l’origine, la balle traditionnelle de sepak takraw est faite de bambou tressé ou de rotin. Aujourd’hui, les joueurs compétitifs utilisent des balles tressées synthétiques de 40 centimètres de diamètre, pesant entre 360 et 400 grammes.

Le sepak takraw est encore peu implanté au Québec, quoiqu’une irréductible communauté le pratique. Heureusement, si cela vous intéresse, il est assez facile de se procurer une balle et de faire l’essai de ce sport acrobatique et excitant.

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