Par Alexandre Cadieux

Sous la gouverne du président chinois, Xi Jinping, le parti communiste a retiré la clause de deux mandats présidentiels par candidat. Cette nouvelle qui a été controversée dans les grandes démocraties de ce monde a également été critiquée par la population chinoise. Le Collectif s’intéresse alors au Social Credit System, un système de notation sociale en Chine.

Plein pouvoir pour le président chinois

Xi Jinping et le parti communiste chinois (PCC) justifient cette décision par un besoin indispensable pour l’avenir de leur nation. Selon le journal Le Monde, les hauts responsables du PCC ont justifié cette prise de pouvoir absolu par le président chinois comme étant nécessaire au développement de la nation. L’objectif de Xi Jinping est de placer la Chine au rang de première puissance mondiale d’ici 2050.

Ce premier pas vers la perte de liberté démocratique pour le peuple chinois soulève beaucoup de questions. Le prédécesseur de M. Jinping, Deng Xiaoping, avait instauré la clause de deux mandats pour éviter toute bavure politique en lien avec le culte de la personnalité; les nations ont souvent été victimes d’un parti communiste au pouvoir. Il suffit de penser à Mao Zedong qui était un grand leader politique chinois dans les années 70,  ainsi qu’au dictateur russe Joseph Staline qui mena la Russie avec une main de fer pendant des décennies.

Il est vrai que ces prises de pouvoir sans limites temporel ont permis à ces chefs d’État de faire progresser à un rythme effroyable l’économie de leurs nations, mais à quel prix?

Système de notation du citoyen

Le PCC souhaite mettre en place un système de notation des citoyens et des citoyennes. Ce système, qui demeure brouillon, est lancé depuis 2014 et est prévu pour 2020. Le système de notation permettra de récompenser les bons civils conformes au règlement du PCC. Il punira alors les mauvais qui ne cadrent pas dans le moule du rêve utopique de Xi Jinping. Le système de pointage récompense les gens qui achèteront local. Les gens qui auront de bonnes performances au travail seront aussi récompensés. D’ailleurs, les citoyens et les citoyennes qui feront de bonnes publications sur les réseaux sociaux en faveur du gouvernement chinois seront aussi dans les bonnes grâces du parti. Au contraire, si vous faites du tort au régime, que vous n’êtes pas efficace au travail ou que vous commettez des infractions mineures, votre résultat citoyen en sera affecté.

Le contrôle

Ce qui devient intéressant ou plutôt inquiétant est la partie où vous êtes dans les mauvaises grâces du parti communiste chinois. Ce système de notation du citoyen peut empêcher des membres de la population, avec un bas résultat, de prendre l’avion pendant une période indéterminée. Dans les pires cas, ils peuvent les interdire de quitter la ville où il demeure. Les actions des amis ou la famille peuvent également affecter le pointage. Ce mode de contrôle est baptisé le SCS pour Social Credit System. Il enregistrera toutes les actions de chaque citoyen. Pour élaborer la note de crédit social, le SCS compilera plusieurs types de données : les types de consommation, les enregistrements de tribunaux, les données bancaires, les résultats scolaires et plus encore.

Avec le SCS, il est évident que la démocratie chinoise vient de faire un immense pas en arrière. Les conséquences d’un tel système de notation sont majeures pour la liberté civile en Chine. Nous assistons à un important recul des droits de la personne où la seule valeur qui semble mise de l’avant par le PCC est le rendement citoyen pour sa société. D’autres précisions permettront d’éclaircir le système de crédit social au fil du temps, mais pour l’instant sa mise en œuvre est plutôt inquiétante pour les droits de l’homme en Chine.

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