Le songe d’une nuit d’été : des acrobates et du « bon » québécois

Par Andréanne Beaudry

En coproduction avec la troupe de cirque Flip FabriQue, le Trident présentait sa toute nouvelle proposition théâtrale de la pièce Le songe d’une nuit d’été. Le classique de William Shakespeare, revisité par le metteur en scène Olivier Normand, a été présenté le 26 février dernier à la salle Maurice-O’Bready à Sherbrooke.

Au cœur d’une forêt enchantée, le roi des fées (Obéron) exige de l’esprit des bois (Puck) à user de ses talents d’ensorceleur pour verser un philtre d’amour à Lysandre, endormi aux côtés de sa belle Hermia. En fuite, les deux amants sont également poursuivis de Démétrius, amoureux d’Hermia, et d’Hélèna, attirée par ce dernier. À leur réveil, la situation devient rocambolesque. En même temps, Puck verse la même potion à la reine de fées (Titiana) dans le but de semer la discorde dans son couple. En parallèle avec toutes ces histoires d’amour, il se déroule aussi la répétition d’une pièce de théâtre dirigé par Bottom. Le philtre d’amour sème alors une confusion de quiproquos et de poursuites, et ce, dans une ambiance à la fois féerique et dramatique.

Ambiance féerique, personnages attachants

Le jeu de lumière, les voiles, la musique et les nombreuses acrobaties donnaient réellement une ambiance presque féerique à la scène. La musique donnait le ton au spectacle, mais n’apportait rien de plus à l’histoire. C’est vraiment grâce à l’ajout du cirque, proposé par Marchand, que le spectacle devenait presque magique. Forts et gracieux, les acrobates n’étaient pas de trop. Même qu’il aurait pu y en avoir plus lors des prestations plus musicales. Ils se sont bien intégrés au jeu des acteurs, qui ont d’ailleurs été formidables. D’après les réactions du public, Hugues Frenette a été le favori de la soirée dans son interprétation de Bottom. Les spectateurs ont embarqué dans chacune de ses répliques un peu farfelues. Malgré le talent des comédiens sur scène, le fil conducteur de la pièce restait encore un peu flou. Le lien entre les trois histoires parallèles existait plus ou moins; est-ce aussi le cas dans la version de Shakespeare?

De plus, certaines scènes manquaient un peu de concision. Par exemple, lorsque les quatre amoureux se querellent, la scène devenait un peu répétitive et à la limite enfantine. Sinon, alors que le public croyait que la pièce se terminait, les comédiens sont repartis de plus belle avec une autre scène. Particulièrement au moment où les personnages enfilent le même pyjama que Lysandre.

Humour compris

Olivier Normand a osé ce que d’autres redoutent probablement; il n’a pas seulement « traduit » la pièce de William Shakespeare, il l’a adapté. Le songe d’une nuit d’été s’avère être une comédie, et dans la plupart des adaptations proposées, la pièce n’est jamais à la hauteur de celle écrite originalement en anglais. Marchand a alors décidé de l’écrire en « bon » québécois. De cette manière, les références culturelles ainsi que le niveau de langue sont mieux compris du public. D’ailleurs, le metteur en scène trouve son adaptation encore plus fidèle à la version originale. Les dialogues étaient faciles à comprendre et les spectateurs riaient aux bons moments.


Crédit Photo @ Le Théâtre du Trident

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