Le sushi-gate ou la victoire des wraps au jambon

Par Marc-André Lafrance

Nous apprenions il y a quelque temps que les différentes cafétérias du campus de l’Université de Sherbrooke allaient bientôt retirer les sushis de leur offre. La nouvelle n’a pas tardé à faire réagir toute la communauté étudiante, pour qui l’option santé représentait aussi le choix fraîcheur.

Pour des jeunes étudiantes telles que Marianne, du programme de biochimie, les sushis de la cafétéria lui permettaient de fuir son quotidien tout en profitant des nutriments et des bienfaits que trois grammes de saumon sec peuvent amener : « C’est plate parce qu’on avait enfin une option froide, nutritive et ouverte sur le monde, tout ça pour le même prix qu’un paquet de raisins et de cubes de fromage ».

Pour d’autres, il s’agirait de la victoire des mets traditionnels, comme les sandwichs et les burgers, contre les mets plus modernes, comme les sautés. Cette guerre du goût et de la pertinence gastronomique a déjà eu la tête de plusieurs autres plats, comme le muffin chocolat-orange ou la KitKat au thé matcha. Alors que ce conflit fait rage en Occident, plusieurs se demandent pourquoi la cafétéria de l’UdeS était si pressée de choisir un camp lors de l’affrontement : « La cafétéria devrait être un lieu neutre, pas un champ de bataille », nous indique Pierre, étudiant en sciences politiques.

Afin de prendre le pouls de la communauté étudiante, l’équipe du Collectif a réalisé un sondage afin de savoir quel mets devrait venir remplacer les sushis à la cafétéria. Parmi les répondants, 62 % aimeraient un bar à pad thaï, alors que 23 % voudraient garder les sushis. On peut aussi noter que 9 % aimeraient une station à omelettes, 5 % voudraient des sandwichs avec moins de pain et plus de n’importe quoi d’autre, et le dernier 1 % a simplement répondu « à nous la rue », avant de s’enfuir.

Peur. Incompréhension. Indifférence totale. Ce ne sont que quelques-uns des mots que nous pourrions utiliser pour décrire cette tempête dans un verre d’eau. Mais pendant que certains vivent le deuil de leur plat préféré, d’autres, plus confiants, voient cela comme une chance de découvrir de nouveaux plats, de nouvelles saveurs, et de les payer le double.


Crédit photo © Easy Sushi

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