Le végétarisme, est-ce vraiment le bon choix?

Par Samuel Choquette

Vegan, végétarien, ovo-lacto végétarisme, végétalisme, fruitarisme, crudi-végétalisme : est-ce vraiment ce qui est le mieux pour moi? Cela devrait être la question que tout le monde se pose avant d’entreprendre un type d’alimentation qui restreint un groupe d’aliments. Dans tous ces types de régimes alimentaires, la plus grande différence à l’alimentation omnivore est le retrait de la viande.

L’alimentation mondiale devrait être basée sur des faits et non sur des croyances personnelles et/ou des points de vue. Le problème, qui arrive plus souvent qu’on le pense, c’est que les évidences scientifiques sont souvent biaisées et subventionnées pour donner des résultats dans un sens comme de l’autre. On se retrouve donc à avoir autant d’études prônant le végétarisme pour la santé que d’études affirmant que la viande n’est pas néfaste.

Ça devient difficile autant pour le consommateur que pour le professionnel de la santé de rester objectif et critique.

Comme plusieurs autres sujets scientifiques, il y a fréquemment des mouvements et des influences venant de personnalités connues qui vont venir mélanger encore plus le consommateur.

Plusieurs choisissent le végétarisme par empathie envers les animaux ou par conscience pour l’environnement, ce qui est tout à fait respecté dans la majorité des cas.

Lorsque le choix est fait dans le but d’améliorer sa santé, c’est là que les débats peuvent commencer.

Peu importe si vous regardiez une étude sur la consommation omnivore ou sur le végétarisme, tout le monde s’entend pour dire que manger plus de végétaux est bénéfique pour la santé.

Prenons l’exemple d’un Québécois moyen qui a une alimentation typique nord-américaine et qui devient végétarien du jour au lendemain. Après un mois, il dira qu’il a plus d’énergie, qu’il a une meilleure humeur, une meilleure acuité mentale… Ce n’est pas le fait d’avoir éliminé la viande qui l’a rendu mieux dans sa peau, mais bien le fait d’avoir augmenté sa consommation de fruits et légumes.

C’est normal de mieux se sentir lorsqu’on passe de manger du « fast food » trois fois par semaine à manger des salades au quinoa et des sautés de légumes la majorité de sa semaine. La même personne aurait probablement eu les mêmes bienfaits seulement en retirant les restaurants rapides et les produits de piètre qualité de son alimentation et en augmentant sa consommation de végétaux, tout en gardant les protéines animales.

Une alimentation végétarienne peut donc être meilleure pour la santé que l’alimentation nord-américaine moyenne, sans aucun doute.

Par contre, l’inverse peut également être vrai. Ce n’est pas parce que tu te proclame végétarien que tu es automatiquement plus en santé qu’un omnivore.

Prenons un homme végétarien qui déjeune deux rôties pain blanc avec de la confiture, qui collationne une barre tendre commerciale, qui dîne un grilled cheese et qui soupe un spaghetti sauce tomate. Est-ce vraiment plus santé que quelqu’un qui mange de la viande?

En toute honnêteté, je ne crois pas. C’est peut-être un exemple un peu extrémiste, mais ce n’est vraiment pas tous les végétariens qui ont une alimentation balancée et optimale.

Qu’on le veuille ou non, l’être humain au niveau physiologique est omnivore. De la façon dont l’estomac et l’intestin sont conçus, l’humain est fait pour digérer et assimiler de la viande, des végétaux, des fruits, des noix…

La façon la plus optimale est donc, selon moi, de s’alimenter comme un végétarien, mais en ajoutant de la viande. Pour reprendre les mots de Michael Pollan, « eat food, not too much, mostly plants », je crois sincèrement que c’est la meilleure façon de s’alimenter.

Il s’agit seulement de manger à sa faim en suivant ses signaux de satiété, de prioriser les végétaux et de manger des aliments naturels. La viande n’est pas mise de côté. Elle est intégrée en fonction des besoins de l’individu et la qualité est priorisée à la quantité.

Le végétarisme n’est pas mauvais en soi, mais il doit être fait de la bonne façon. La diversification alimentaire est encore plus importante afin de n’avoir aucune carence. En effet, lorsque la viande est exclue de l’alimentation, les risques de carences, notamment en vitamine B12, zinc, carnosine et carnitine, augmente. Les taux d’omégas-3 risquent également d’être très bas, car la conversion des formes végétales en forme biodisponible est très faible. Il faut donc considérer les suppléments alimentaires dans la majorité des cas.

Tous ceux qui font un virage vers le végétarisme ou toutes autres formes d’alimentation excluant la viande devraient consulter un professionnel de la santé qui est outillé afin de l’aider. Ce n’est pas si simple que ça et les carences sont plus fréquentes qu’on le pense.

Donc, est-ce que le végétarisme est la solution pour une santé optimale? Non, pas plus que l’omnivorisme.

Je me répète souvent, mais la chose la plus importante est de manger le moins transformé possible.

Non, les biscuits et les gâteaux « vegans », ce n’est pas meilleur pour la santé. Ça reste quand même des biscuits et des gâteaux.

Être en santé, ça passe par autre chose que seulement ce que l’on mange. Le stress, la santé mentale, l’activité physique, la pollution, les produits de beauté, la génétique; bref, il y a un paquet d’autres facteurs à considérer avant de se proclamer plus en santé qu’un autre, seulement en comparant l’apport alimentaire.

Les gens doivent arrêter de débattre sur quels types d’alimentation est le mieux pour la santé et devraient seulement se concentrer sur manger de vrais aliments.

Existe-t-il un arbre à croustades aux pommes? Pas à ma connaissance, donc ça ne devrait pas être un aliment à prioriser.

Vous voulez être végétarien? Parfait, c’est votre choix. Est-ce que ça va être mieux pour votre santé? C’est discutable, car chaque personne est unique.

Assurez-vous de bien le faire et de consulter un professionnel pour vous accompagner.

Mangez naturel, bougez et prenez la vie à la légère, c’est ça être en santé!

Samuel Choquette

Étudiant en Kinésiologie et Consultant FD Fitness

2405 rue King est, Sherbrooke, 450-234-3210

samuel@fdfitnessconsultant.com

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