Par Claudie Leclerc

Tout sportif qui s’entraine à des fins récréatives ou compétitives a besoin de s‘accrocher à un objectif afin d’obtenir des résultats. Souvent, certaines personnes démontrent une immense détermination et déploient des efforts considérables pour surmonter les difficultés. Comment ces athlètes peuvent-ils être constamment déterminés, disciplinés et assidus à l’effort? Comment leur motivation peut-elle ne présenter aucune faille? Qu’est-ce qui caractérise cet état d’esprit? Entretien avec Jérôme Leriche, professeur au département d’éducation physique et à la santé. 

La motivation : la base de tout effort

Avant d’approfondir le sujet, entendons-nous sur ce qu’est la motivation. Il s’agit de l’ensemble des facteurs déterminant l’action et le comportement d’un individu pour atteindre un objectif ou réaliser une activité. La motivation est donc ce qui nous pousse à exercer toutes nos activités quotidiennes. En ce qui concerne le sport, la motivation est un élément crucial, car elle est la base du processus qui mènera l’athlète vers l’atteinte des objectifs sportifs.

 La motivation se classe en deux catégories distinctes. D’abord, Jérôme Leriche explique que la motivation extrinsèque est une détermination qui se base sur des éléments externes, par exemple « un athlète pourrait faire du sport pour faire plaisir à ses parents, ou pour perdre du poids. La motivation extrinsèque est basée sur les conséquences que l’activité physique apportera, qu’elles soient positives ou négatives ». La motivation intrinsèque, quant à elle, est basée sur les bienfaits personnels et intérieurs qu’apporte le sport à la personne. Le plaisir, le bien-être, l’apprentissage et les émotions agréables sont des caractéristiques de ce type de motivation, qui est d’ailleurs recherché à être plus développé. En effet, « la motivation la plus intéressante à nourrir est la motivation intrinsèque, car elle permet à l’athlète d’être motivé à long terme. Pour la motivation extrinsèque, par exemple, si l’athlète n’est pas récompensé par ses motivations externes, il se découragera », dit Leriche.

Comment rester motivé?

Cette question, posée maintes et maintes fois, est souvent facile à répondre, mais aussi difficile à appliquer. Les besoins psychologiques fondamentaux dans le sport, ce qui fait qu’un athlète sera bien dans ce qu’il exerce, sont semblables à un casse-tête. S’il manque un morceau, l’œuvre ne sera pas complète, et un manque se fera ressentir.

Il existe trois besoins psychologiques fondamentaux. L’athlète a besoin de se sentir autonome, c’est-à-dire qu’il est capable de prendre une décision pour son équipe ou pour lui-même. Pour Jérôme, « le leadership est nourrissant pour la motivation. Si on perd cet élément, il peut y avoir des conséquences. » Ensuite, l’athlète a besoin de se sentir compétent. Une personne qui commence l’entrainement peut avoir une grande motivation, car sa progression est rapide. Puisque la compétence peut aussi se traduire par un besoin de performer, les athlètes de haut niveau ou qui pratiquent leur sport depuis longtemps peuvent souffrir d’un manque par rapport à cela : « Lorsqu’un athlète de haut niveau passe par des périodes de stagnation, de plateau, où la progression est quasi nulle ou moins spectaculaire, il exerce un grand volume d’entrainement pour des gains minimes. Ceci peut devenir décourageant. » Finalement, la proximité sociale est essentielle au bien-être du sportif. Être entouré d’amis et de coéquipiers durant l’activité physique dans un environnement et une ambiance agréable stimule grandement la motivation. Les objectifs qui satisfont les besoins psychologiques fondamentaux contribueront à la stimulation de la motivation.

L’état d’esprit des champions

L’incroyable détermination et la persévérance sans fin que possèdent certains athlètes sont impressionnantes. On arrive à nous demander si nous serions aussi capables d’une telle solidité psychologique. La réponse est à moitié positive. Évidemment, un comportement et une attitude de champion relèvent de la personnalité et des traits de caractère. Une personne peut se pousser à l’entrainement jusqu’à l’évanouissement, tandis qu’une autre peut ralentir ou même arrêter lorsque cela commence à faire mal. La motivation peut donc devenir énorme pour certaines personnes : « On est tous différents. C’est une question de personnalité, de discipline et d’objectifs », mentionne Jérôme Leriche. Heureusement, un caractère de fer peut se développer et évoluer, même si ces caractéristiques ne sont pas nécessairement innées.

Le rôle de l’entraineur

Le rôle de l’entraineur est plus important qu’on pourrait le penser. Il est certain que si l’athlète n’est pas déterminé à la base, il sera difficile d’avoir une motivation constante. L’entraineur aide donc énormément au développement et à l’entretien de la motivation des athlètes en tenant compte des trois besoins fondamentaux, soit l’autonomie, la compétence et la proximité sociale. Il est très important pour l’entraineur de savoir comment varier les entrainements afin de stimuler cette détermination.

Aussi, l’environnement familial, l’éthique de travail et la génétique de l’athlète influencent son comportement par rapport à sa motivation. Des conditions favorables dans ces éléments constituent des athlètes qui sont en mesure de se remettre constamment en question et d’automatiquement passer d’un objectif à un autre lorsque le dernier est atteint.

Bref, nous avons tous le choix d’agir selon les résultats que nous poursuivons. Avec tous les éléments nécessaires présents, il est possible de maximiser sa motivation et de faire preuve d’une grande résilience et de détermination.


Crédit Photo © Gabrielle Gauthier

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