L’épidémie de la désinformation

Par Frédérique Charron

Dimanche dernier à l’émission Tout le monde en parle, Caroline Quach, pédiatre microbiologiste-infectiologue, Ève Dubé, anthropologue à l’Institut national de santé publique du Québec, et Olivier Bernard, connu sous le nom du « Pharmachien », étaient présents pour vulgariser l’importance des vaccins et dénoncer le problème de la désinformation, alors qu’une hausse de 30 % des cas de rougeole est observée depuis 2016 au Canada.

L'éclosion de la rougeole inquiète

Cette maladie virale se contracte par les voies respiratoires, elle est donc difficilement évitable. Les cas sont souvent importés de régions où les gens sont peu vaccinés, ce qui menace la santé de ceux qui ne peuvent pas se faire vacciner, comme les immunodéprimés.   

Pour prévenir une épidémie, 95 % des gens doivent être vaccinés, alors qu’à la fin de l’année 2017, seulement 90 % des Québécois l’étaient. Cette couverture vaccinale n’est pas suffisante, ce qui inquiète plusieurs professionnels de la santé. L’éradication d’une maladie demande les efforts de la population en entier et la désinformation représente un risque pour les éclosions. « Les vaccins fonctionnent tellement bien qu’on ne voit plus les bénéfices, donc on reste pris avec nos craintes », indique Caroline Quach.

Le dialogue pour contrer la désinformation

La majorité des États américains et certaines provinces canadiennes obligent la vaccination afin d’éviter l’éclosion d’épidémies, comme celle de la rougeole. Au Québec, les vaccins ne sont pas obligatoires, seulement fortement recommandés. Certains pédiatres aux États-Unis sont allés jusqu’à refuser des enfants comme patients puisque les parents s’opposaient à la vaccination. Toutefois, ce n’est pas une pratique encouragée par la Société canadienne de pédiatrie. Les professionnels encouragent plutôt le dialogue pour partager l’information scientifique et éduquer les patients, afin que ceux-ci soient rassurés et qu’ils changent d’opinion face à la vaccination.

Au-delà des craintes, les faits scientifiques

L’émission diffusée dimanche dernier partageait l’avis de professionnels qui encouragent la couverture vaccinale et dénoncent les peurs non fondées des anti vaccins. Le mythe le plus partagé est celui de l’autisme, qui pourrait se développer à la suite d’un vaccin. Olivier Bernard mentionne que le scientifique Dr Andrew Wakefield, ayant publié l’étude dénonçant le lien entre l’autisme et le vaccin en 1998, a été entièrement discrédité et que son étude ne se basait que sur douze enfants. Les études récentes confirment qu’il n’existe pas de lien entre les vaccins et l’autisme et celles-ci reposent sur des millions d’enfants; pourtant, les gens sont encore sceptiques.

Les bienfaits du vaccin contre la polio en Inde : un cas remarquable

Le 27 mars dernier marquait les cinq ans de l’éradication de la polio en Inde. La communauté médicale se réjouit de cet exploit, puisqu’il y a 12 ans de cela, près de 70 % des cas de polio dans le monde se trouvaient en Inde. En tant que deuxième pays le plus peuplé de la planète, le défi de couverture vaccinale était de taille pour le GPEI (Global Polio Eradication Initiative). Depuis le lancement de l’initiative en 1988, les cas de polio au niveau mondial sont passés de 350 000 à seulement 33 en 2018. La disparition de la maladie en Inde est une preuve que les vaccins peuvent prévenir des épidémies et éliminer complètement des maladies.


Crédit Photo @ Courrier International

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