Par Megan Morin-Gendron

Malgré les contraintes liées à la pandémie, les athlètes de tous les niveaux ont réussi à garder la tête hors de l’eau et à évoluer. C’est le cas pour deux Sherbrookois qui se sont vus propulsés dans l’équipe nationale de développement de patinage de vitesse. 

C’est une belle suite pour les deux jeunes, Ann-Sophie Bachand et Félix Roussel, de suivre les pas de Kim Boutin et de Jordan Pierre-Gilles dans cette aventure de patinage de vitesse à courte piste. Malgré les moments plus difficiles, celui-ci en est un bien heureux et rempli d’espoir pour ces deux jeunes de la relève. Comme l’a confié Ann-Sophie Bachand en entrevue avec La Tribune, « après les mauvaises semaines vécues dernièrement, ça fait du bien d’obtenir une bonne nouvelle comme ça ! »

Il ne faut pas oublier que la pandémie a mis fin aux compétitions et matchs de tous les sports pendant un certain temps, et ce, encore présentement. « En mars dernier, j’étais à Calgary pour ma compétition qui devait classer les patineurs pour l’équipe nationale, mais la veille, nous avons su que la compétition était annulée à cause de la COVID. Nous sommes donc revenus au Québec », explique Félix Roussel. Effectivement, leur dernière compétition remonte à décembre 2019. Par conséquent, c’est cette compétition-là qui a permis aux deux jeunes de se classer dans l’équipe.

Ce sont les quatre premiers patineurs d’âge junior, autant chez les femmes que chez les hommes, qui étaient retenus. Anne-Sophie Bachand a terminé la compétition au septième rang, mais s’est tout de même vu offrir une place puisque des patineuses ont été classées chez les seniors. « L’équipe est composée de six gars et six filles et présentement, je suis la plus jeune », mentionne Anne-Sophie. Félix Roussel a quant à lui terminé au sixième rang, mais comme les quatre premiers faisaient déjà partie de l’équipe, il a pu intégrer l’équipe à son tour.

Un entraînement en zone rouge

Puisque Montréal et ses environs sont en zone rouge, plusieurs entraînements ont été annulés et plusieurs arénas fermés pour respecter les règles sanitaires. Il va sans dire que cela n’a pas rendu la tâche facile pour les jeunes patineurs sherbrookois. « En ce moment, nos entraînements se font semi en groupe et semi en solo. Individuellement, on fait des heures de vélo chez nous et nos entraînements de groupes sont de la musculation, des sauts, tout ce qui est entraînement dynamique ».

Malgré la zone rouge, l’Institut national du sport du Québec (INS) permet aux athlètes de venir s’entraîner en groupe. Toutefois, les séances de groupe doivent être hors classe, puisque cette section n’est pas ouverte pour le moment. C’est certain que pouvoir avancer avec son équipe, même si c’est par les exercices, ça encourage le mental et le corps à continuer.

Combiner le sport et les études

Souvent, combiner ses études avec un emploi étudiant peut amener son lot de tracas. Par contre, combiner sa passion du sport professionnel et ses études est un défi encore plus grand, puisque les deux athlètes doivent s’entraîner deux fois par jour et environ six jours par semaine. Ann-Sophie fait présentement son secondaire cinq à l’école secondaire De Mortagne à Boucherville, et c’est un nouveau défi pour elle. Pour lui permettre de consolider étude et sport, l’école et elle ont dû trouver une façon de bien fonctionner, ce qui n’a pas été difficile. « Ce n’est pas le premier athlète que l’école reçoit, donc elle a déjà un protocole établi, ce qui n’a pas été trop compliqué », explique la patineuse de vitesse.

De son côté, Félix termine présentement son cégep au Collège de Maisonneuve en science de la santé et aimerait bien aller à l’université en santé. En raison de la pandémie, tous ses cours se font à distance, ce qui lui permet une plus grande flexibilité pour intégrer son horaire sportif avec celui de ces travaux et cours scolaires.

« C’est plus facile que tout soit à distance et ça me permet de bien planifier mon horaire », soutient Félix. Le jeune patineur a aussi l’intention de suivre ses études au niveau universitaire. « C’est évident que j’aimerais pouvoir entrer à l’université dans un domaine en lien avec la santé et le sport, mais je ne sais pas combien de cours je vais pouvoir faire avec les entraînements. J’ai beaucoup d’intérêt pour ça ! C’est certain qu’il me faut une université ouverte aux horaires un peu flexibles », explique le patineur.

Même si la pandémie fait rage, l’espoir de ces deux Sherbrookois peut rendre la ville de Sherbrooke fière. C’est un honneur de pouvoir encourager la relève sportive et de voir la passion qui remplit les yeux des athlètes. « À ce niveau-là, tout le monde rêve de faire les Olympiques. C’est l’un des plus gros accomplissements que tu peux avoir ! », indique Félix Roussel.


Crédit Photo @ Yves Longpré

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