L’ère des révolutions

Par Jessica Samario 

À la suite de la projection du film This changes everything de Naomi Klein au Théâtre Centennial de l’Université Bishop's, celle-ci a offert une conférence au même endroit le mercredi 27 janvier dernier.

Naomi Klein était très attendue par le public. La salle, comptant environ 600 places, s’est remplie en peu de temps et beaucoup ont dû se rendre dans un local à part afin de suivre la conférence sur écran! Elle a présenté la différence entre son livre This changes everything qui dénonce la problématique du capitalisme face aux changements climatiques et son film qui porte sur le même sujet, mais qui contient des témoignages d’individus touchés par les catastrophes déjà enclenchées. C'est donc pertinent de découvrir les deux oeuvres.

Bien que le travail de cette journaliste soit d’un niveau très sérieux, elle aborde le sujet avec une touche d’humour qui illustre l’absurdité de la politique canadienne. Son ironie montre que l’économie passe avant l’humanité, malgré que sans humanité, il n’y aurait pas d’économie… Elle compare la situation actuelle des changements climatiques (dont on ne mentionne pas le marché du pétrole) à la hausse du taux de cancer (dont on ne mentionne pas la consommation de cigarettes). Cela fait plus de 35 ans que la société est au courant de la crise environnementale majeure et qu’elle tourne autour du pot plutôt que de prendre une décision draconienne, car celle-ci serait à l’encontre de l’économie courante.

Elle rappelle que le phénomène El Niño n’est pas l’unique responsable du Noël vert passé. Le réchauffement planétaire fait évidemment partie de ces causes. Le projet Oléoduc Énergie Est de TransCanada est l’une des plus grandes menaces jamais connues contre l’environnement. La production de pétrole alimentant le projet représenterait le double de ce qui est exploité présentement. L’air et l’eau débordent déjà abondamment de pollution. Il est difficile d’imaginer les conséquences en cas où ce serait deux fois pire!

Plusieurs espèces animales se sont d’ailleurs éteintes dans les dernières années. À ce rythme, les humains se verraient comme prochains sur la liste… Selon Klein, qui s’appuie sur l’étude de plusieurs scientifiques, la solution idéale réside dans l’accord international du développement des énergies renouvelables en minimisant l’utilisation pétrolière. De cette façon, il serait possible d’atteindre l’objectif de garder 80 % du pétrole dans le sol afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre. De plus, la production de l’énergie renouvelable créerait plus d’emplois que le projet de pipeline, donc les bénéfices avantageraient autant l’environnement que l’économie.

Dans son essai, elle détermine les valeurs de la société en lien avec la cause : « Les chercheurs de Yale expliquent que les personnes dotées de visions du monde fortement "égalitaristes" et "collectivistes" […] se rallient massivement au consensus scientifique sur le changement climatique. Au contraire, celles dont les visions du monde sont fortement "hiérarchisantes" et "individualistes" […] le rejettent massivement. » Par ailleurs, plusieurs sondages démontrent le faible pourcentage de gens qui croient réellement au réchauffement de la planète.

En réalité, Naomi Klein est souvent caractérisée par son « optimisme ». Plusieurs lui reprochent de chérir des idéaux irréalisables. Elle réplique qu’il n’y a aucune raison valable de rejeter ses convictions politiques, car sans solution, le futur de la planète se révèlera catastrophique et personne ne s’en réjouira. De plus, l’économie comporte des failles démesurées depuis longtemps. Les gens souhaitent déjà un changement considérable, donc l’occasion idéale de rebâtir notre société sous un angle plus positif se présente enfin. Il est temps de changer notre monde avant que la nature ne le fasse à notre place!


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