Par Florence Dion

Depuis septembre dernier, les règlements concernant les bagarres dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) ont changé. Les conséquences ont été révisées afin de mieux protéger les joueurs.

Dorénavant, tous les joueurs impliqués dans une bataille devront chacun purger une punition d’inconduite de 10 minutes, en plus d’une punition majeure de 5 minutes. Les joueurs seront donc mis au cachot pour un total de 15 minutes, alors qu’avant, ils ne recevaient que 5 minutes de punition majeure.

De plus, un nouveau règlement a été mis en place concernant les matchs de suspension en raison des bagarres. En effet, après trois altercations, un joueur se verra suspendu automatiquement pour un match. Auparavant, un joueur devait se rendre à 11 batailles avant d’être suspendu.

Ces nouveaux règlements ont été adoptés par l’assemblée des membres de la LHJMQ par vidéoconférence le 30 septembre 2020, et il fallait un minimum de 12 équipes sur 18 qui étaient favorables aux changements afin d’approuver ceux-ci. La LHJMQ devient donc la première ligue canadienne à ajouter des mesures plus strictes pour ce qui est des batailles pendant les matchs. La proposition de l’abolition complète des bagarres avait déjà été proposée, mais un recul clair de la part de l’assemblée avait eu lieu en février dernier.

Un resserrement nécessaire ?

Le but premier de ce resserrement était de diminuer le nombre de commotions cérébrales et de rendre le jeu sécuritaire pour les jeunes athlètes. Dans un communiqué de 2020 publié sur le site de Radio-Canada, Isabelle Charest, ministre déléguée à l’Éducation, a réagi face aux nouvelles réglementations en mentionnant que c’était un début de changement de culture important dans la ligue de hockey junior majeur.

« Aujourd’hui, je salue le leadership de la Ligue, qui prend position en faveur de la sécurité dans le sport. Il s’agit d’une de mes priorités comme ministre et j’ai la certitude que l’issue du vote aura des répercussions positives pour tous les acteurs du milieu du hockey junior majeur, que ce soient les propriétaires, les équipes ou les joueurs », soutient la ministre.

Selon Émile Samson, gardien de but ayant évolué pendant trois ans avec l’Armada de Blainville-Boisbriand, la décision de l’Assemblée était tout à fait justifiée afin de protéger les joueurs. « Les opinions sont partagées sur le sujet, certains disent que c’était la décision à prendre, d’autres disent que ça enlève le sens du spectacle au sport, ou qu’il va y avoir plus de “coups cochons” parce que les joueurs ne pourront pas répondre de leurs précédents gestes. Je suis d’accord avec ça, mais je pense que la bonne décision a été prise considérant le fait que la LHJMQ est une ligue de développement pour des jeunes de 16 à 20 ans », explique-t-il. Émile est aussi d’avis que le fait de restreindre les bagarres va aussi réduire le rôle « du gars qui est juste là pour se battre ».

Une amélioration visible

D’année en année, les altercations diminuent de façon impressionnante. Dans une chronique de Stéphane Leroux publiée sur le site de RDS, il est expliqué que lors de la saison 2004-2005 du circuit Courteau, 702 bagarres ont été comptées, alors que la saison dernière, seulement 137 ont eu lieu, et 80 % des matchs ne comptaient aucune bagarre.

Selon Stéphane Julien, entraineur-chef du Phœnix de Sherbrooke, les ligues de hockey de nos jours ne sont plus à la recherche de batailleurs. Elles recherchent bien plus de joueurs de talent, ce qui diminue beaucoup la violence dans les matchs. Il n’y a plus de bagarres planifiées. Il n’y a plus de joueur à la mise au jeu ayant pour seul but de créer une bataille. « En neuf ans de carrière, jamais je n’ai tapé sur l’épaule d’un joueur en lui disant d’aller se battre », affirme M. Julien.

Stéphane Julien explique que même dans les ligues supérieures comme la Ligue nationale de hockey (LNH), les joueurs repêchés en première ronde vont très souvent être des joueurs talentueux dans le style de Cole Caulfield (15e choix au total en 2019), marqueur naturel de 5 pieds et 7 pouces. Les joueurs au physique imposant et aux habiletés moins reconnues se font plus rares. Les Georges Laraque de ce monde sont de moins en moins populaires…

De plus, il croit que bien que la LHJMQ soit une ligue pour faire évoluer les jeunes hockeyeurs, les bagarres ne sont pas nécessaires afin de les préparer à la violence qu’ils pourraient subir dans une ligue de niveau professionnel.

Abolition

Les opinions sont partagées en ce qui est de l’abolition complète des batailles dans la LHJMQ. Les statistiques comptabilisées par la ligue démontrent qu’il y a seulement 0,26 bagarre par rencontre, ce qui est déjà très faible. Le hockey sur glace reste un sport de contacts où les joueurs s’engagent à recevoir des coups. De plus, dans un article du Quotidien de février 2020, le chroniqueur Phil Desgagné disait que si la LHJMQ était la seule ligue à abolir les batailles, lorsque les équipes participeraient à des coupes telles que la Coupe Mémorial, les deux autres circuits ne s’adapteraient pas à ces nouvelles mesures.


Crédit Photo @ LHJMQ

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