Les clowns sinistres : de Northampton à la Californie, au monde entier

Par Sofie Lafrance

La coulrophobie ou la phobie des clowns est le phénomène exploité par les clowns sinistres, ces nouveaux terroristes urbains qui font des ravages sur les médias sociaux. Les mouvements de panique collective ou sociale ne datent pas d’hier. Cette nouvelle recrudescence, encouragée par la venue de l’Halloween, est donc fortement alimentée et efficace pour effrayer les masses.

Selon Robert Bartholomew, spécialiste des phénomènes de panique collective, les récentes apparitions de clowns sinistres éveillent une profonde peur sociale de « l’inconnu » et font appel à une multitude de référents culturels de clowns meurtriers et terrifiants. Les admirateurs de Stephen King se remémorent les œuvres Ça et Poltergeist, sans parler des films American Horror Story, Pee Wee’s Big Adventure, Zombieland, Saw, et j’en passe! Les auteurs d’œuvre d’horreur ont su exploiter l’essence des clowns depuis près d’un demi-siècle.

Il faut ajouter que l’affaire John Wayne Gacy, alias « Pogo the clown », n’aide pas la cause des coulrophobiques. Ce dernier, reconnu coupable du viol et du meurtre de 33 garçons et jeunes hommes en 1980 en Illinois, aux États-Unis, a été condamné à l’injection létale en 1994. La majorité des corps avaient été retrouvés enterrés sous la maison de Gacy et les autres, repêchés dans la rivière Des Plaines. Gacy s’était confectionné le costume de « Pogo the clown » pour divertir les enfants malades de l’hôpital local de Chicago. C’était cet accoutrement qu’il revêtait pour perpétrer ses actes criminels auprès de jeunes garçons, à qui il promettait des emplois pour sa compagnie de construction.

Toutefois, on en vient à se demander d’où vient cette montée clownesque des derniers temps. D’abord, en 2013, on voyait l’apparition du clown de Northampton, une petite ville à 100 kilomètres de Londres au Royaume-Uni. Ce dernier regardait fixement les passants de la ville en déambulant dans les rues, bouquet de ballons en main, selon Le Nouvel Observateur. Lorsqu’il avait été démasqué, le jeune homme avait expliqué l’excitation de faire peur ou d’amuser les gens – selon les perceptions – comme motif.

En 2014, c’était le tour au clown de Wasco, une ville californienne, de faire son apparition. Or, le clown de Wasco avait des intentions bien différentes de celles perçues aujourd’hui. Il s’agissait d’un projet artistique dirigé par The Clown’s Wife. Cette artiste croquait divers clichés de son mari déguisé en clown à divers endroits dans la ville de Wasco. Les intentions criminelles derrière ce projet étaient donc inexistantes. Pourtant, c’est l’engouement et la popularité de ces clichés qui ont encouragé plusieurs jeunes à se manifester dans les rues, déguisés et armés, pour terroriser les citoyens.

Depuis, les clowns sinistres se multiplient et gagnent de plus en plus de villes, qu’elles soient états-uniennes, canadiennes, françaises, allemandes ou encore italiennes. Une apparition a d’ailleurs eu lieu ici même à Sherbrooke! L’angoisse en vient à ébranler le sommeil des enfants, le calme des parents, le sentiment de sécurité des citoyens lambda et le sang-froid des corps policiers. M. Bartholomew affirme même qu’il ne serait pas surpris d’éventuellement apprendre qu’un policier a ouvert le feu sur un clown sinistre, tant la tension est palpable.

Les autorités encouragent les personnes témoins de ce genre de phénomène à communiquer avec elles. Les comportements des clowns sinistres sont passibles d’accusations criminelles selon la Sûreté du Québec, et ce, peu importe les intentions de départ des individus qui y procèdent.


Crédit photo © Roxx.Gr

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