Par Martine Dallaire

Saviez-vous que nos véhicules constituent une importante source d’information sur la circulation et l’état de la chaussée? Plusieurs véhicules sont munis de caméras, de radars et de capteurs qui surveillent en temps réel l’état de la chaussée, l’environnement, la pression des pneus ainsi que le niveau d’huile, par exemple. De plus, nombre de manufacturiers ont mis au point de nouvelles technologies permettant aux véhicules de communiquer entre eux leur vitesse, leur position, de même que leur direction, et ce, dans le but d’assurer la sécurité des usagers de la route en prévoyant les risques de collision.

Beaucoup plus que pour les conducteurs

Si les informations obtenues par les différents capteurs servent aux besoins des automobilistes et des manufacturiers automobiles, les chercheurs ont le rêve, pas si fou, de produire un nuage informatique (cloud) qui contiendrait les informations recueillies par les capteurs et qui serait accessible aux organismes concernés par le réseau routier. Ces dernières pourraient alors être exploitées par différents organismes, dont les municipalités et le ministère des Transports. Les véhicules deviendraient, en quelque sorte, les sentinelles du réseau routier. Selon la professeure au Département de génie électrique et de génie informatique de l’Université de Sherbrooke, Soumaya Cherkaoui, les ingénieurs pourraient entre autres repérer les nids de poule, ce qui faciliterait grandement les travaux de réfection de la chaussée. Ce sont les capteurs enregistrant l’enfoncement de chaque véhicule qui serviraient à la détection des nids-de-poule.

Une collaboration nécessaire entre les experts

Pour arriver à maximiser les informations pouvant être tirées de la technologie automobile, il faudra une étroite collaboration à la fois entre les ingénieurs de l’industrie et ceux du domaine des transports. Cette collaboration exigera la création et le développement d’outils variés tels que des normes, des protocoles des algorithmes mathématiques, ainsi que des normes de communication pour le partage des données.  

Une adaptation technologique à prévoir

Les chercheurs s’intéressent actuellement à la communication dédiée à courte portée, une technologie qui devrait être de plus en plus présente dans les véhicules intelligents. Il s’agit d’un mode de communication sans fil qui ne nécessite pas l’utilisation de l’actuel réseau cellulaire, un plus quand il s’agit d’économie, car il n’occasionne aucuns frais d’utilisation. Il reste maintenant à adapter la nouvelle technologie de cueillette de données sans pour autant mettre en péril les applications destinées à protéger la sécurité des usagers.

L’âge du parc automobile québécois, un frein au progrès technologique

Dans un monde idéal, chaque véhicule devrait être doté de tels outils de détection. Cependant, comme la flotte automobile du Québec compte encore de nombreux véhicules datant des années 1990, plusieurs d’entre eux ne permettent pas l’enregistrement de données. En effet, il circulait, entre 2009 et 2014, environ un million de véhicules de promenade âgés de plus de 11 ans. Toutefois, il n’est pas loin le moment où il sera possible d’obtenir des résultats optimaux au niveau de la collecte des données des véhicules à moteur puisque le parc automobile se renouvelle environ tous les dix ans et de plus en plus de véhicules intelligents circulent sur les routes. La collecte et la transmission des données recueillies par les capteurs seront fort utiles aux autorités concernées pour améliorer la gestion du réseau routier, qui deviendra de plus en plus achalandé au cours des prochaines années. En effet, selon des données de la SAAQ datant de 2016, plus de 4,5 millions de véhicules de promenade ou de camions circulaient sur les routes. Les fonctionnaires de la SAAQ ont également établi que le nombre de véhicules circulant sur le réseau routier québécois augmentera au cours des prochaines années.


Crédit Photo @ Fairwheels.com

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