Les intégrations en génie : vécues et commentées par une représentante de la gent féminine

Par Stéphanie Lepage

Ah, les intégrations. Ces activités où l’alcool et le bizutage (mais surtout l’alcool!) sont à profusion. Certaines personnes peuvent être stressées à l’idée de participer à ce genre d’événement. Puisque c’était ma première intégration, j’avoue que je me sentais nerveuse. Je connaissais quelques gars qui entraient en génie avec moi. Que des gars en fait… mais où sont les filles?

Tout commença le samedi 23 août au matin. Des étudiants sont déjà sur le party à une heure hâtive de la journée et se promènent sur le campus de l’Université et dans le reste de la charmante ville de Sherbrooke. Hélas, je n’ai pas pu participer à cette journée de découverte des lieux. Originaire de la Rive-Nord de Montréal, ça m’aurait été bien utile d’apprendre à connaître un peu la ville!

Dimanche, toutes les équipes étaient déjà formées et de bons liens s’étaient créés entre les nouveaux et les chefs d’équipe. Et j’arrive, comme ça, un peu out of nowhere (je ne suis certainement pas la seule, me dis-je) et je m’incruste dans l’équipe d’un de mes amis du cégep. À mon grand bonheur, il y a une autre fille dans l’équipe! Il faut rester solidaire entre nous!

On met un peu de fun dans une bouteille, quelques taches de peinture et de Sharpie sur nos bras et notre visage, et nous voilà partis pour le Slip and Slide, au mont Bellevue. Toutes les équipes sont là. Certains osent glisser : beaucoup de gars, mais aussi quelques filles quand même, pour prouver qu’on est là, et j’en fais partie! En général, tout le monde finit par se faire mal ou carrément se péter la gueule.

Lundi matin. On avait rendez-vous à la fac de génie pour aller porter nos 60 canettes différentes et nos 60 pièces de 10 sous de 60 années différentes. Vous voyez le genre… Lundi soir, souper spaghetti, gracieusement offert par le comité organisateur.

Mardi, une journée de cours un peu difficile attendait les étudiants en génie, puisque nous étions sortis la veille. Mais nous n’avions encore rien vu… mardi soir avait lieu ce qu’on désigne communément le DAST (Discover A Small Town / Drink A Small Town, choisissez celui qui vous inspire le plus). Le concept du DAST est simple, et une petite ritournelle résume bien l’essentiel : « On s’en va au DAST, pis on vide le bar! » Tant chez les filles que chez les gars, en génie, c’est bien connu : on boit! Donc, sans surprise, ce fut chose faite. Dans la navette du retour vers l’Université, on chantait à présent : « On est allés au DAST, pis on a vidé l’bar! »

Mercredi. Journée de cours sans doute plus difficile que la précédente pour plusieurs. Mercredi soir, méchoui du doyen et premier 5 @ 8 de la fac de génie. La soirée s’est bien terminée par le spectacle de la rentrée. Décidément, on n’arrête jamais!

Jeudi. La journée tant attendue pour les intégrateurs : le jour des activités sales. Vous avez peut-être pu apercevoir une énorme chaîne de personnages de l’émission Bob l’Éponge. Tous ces Bob (génie mécanique), ces Patrick (génie civil), ces Capitaine Krabs (génie biotechnologique), ces Gary (génie électrique), ces Sandy (génie informatique) et ces Carlos (génie chimique, le meilleur pour la fin!) se déplaçaient tant bien que mal sur le campus universitaire. Ce n’était pas le pire. Essayez donc de jouer à saute-mouton avec des boîtes en carton pis des coquilles d’escargot! Bref, en avant-midi, c’était ce genre d’activités, les activités propres, comme disent les anciens. Puis… Splash! Ketchup, moutarde, mayonnaise, diverses sauces à salade et de l’urine de chevreuil, bref tous les condiments pour un BBQ réussi (sauf pour l’urine!) se retrouvaient à présent sur nos corps. Le mélange des odeurs était exceptionnel… exceptionnellement mauvais! Heureusement qu’on pouvait se rincer un peu, merci aux gars qui avaient apporté une «hose»!

En gros, voilà la semaine que j’ai eu la chance de passer. Ce qui est vraiment génial, en tant que fille, c’est d’avoir réussi à s’intégrer dans un milieu principalement composé de garçons. Nous avons même eu droit à une petite attention : tous les gars en génie se sont prosternés devant nous! Bref, la petite nervosité du début a rapidement disparu.

Finalement, j’aimerais remercier infiniment le comité organisateur de l’intégration de la 60e promotion pour cette semaine exceptionnelle. Sérieusement, c’était malade. Ça nous donne vraiment le goût de faire la même chose pour les promotions futures!

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