Les Louanges : le [grand] retour à Sherbrooke

Par Louis Gagner

Vendredi le 10 mai dernier, le retour de Les Louanges (pseudonyme au pluriel de l’auteur-compositeur Vincent Roberge) était attendu avec fébrilité, et les mots sont faibles pour décrire l’engouement d’une fanbase qui a dérobé la billetterie aussitôt le spectacle annoncé. Au lendemain d’un exil en République française, à la conquête de nos cousins lointains, le groupe a posé les pieds en terre connue à La Petite Boîte Noire, là où le public régional avait initialement été charmé en février dernier.

La soirée est un spectacle

21h43. La scène étriquée de LPBN accueille les musiciens. Félix Petit conjugue avec aisance le saxophone alto et les synthétiseurs alors que William Côté ponctue habilement les pièces avec un jeu de batterie raffiné. Reclus à l’arrière, Pierre-David Girard se déhanche les doigts avec dextérité sur le manche d’une guitare à quatre cordes. Vincent Roberge, dit Les Louanges, s’en remet au chant et à la guitare électrique. Cette formation originale est dorénavant accompagnée d’un cinquième membre aux claviers. En effet, Gabriel Godbout-Castonguay propose depuis peu une interprétation de l’œuvre désormais agrémentée de sonorités qui teinte les mélodies, dès lors plus colorées. Le spectacle tire à sa fin. En rappel, le protagoniste du quintet offre des versions solistes des quelques morceaux qui lui sont réclamés. Seul sur scène et guitare à l’épaule, les éclairages sont tamisés, l’assistance se tait – le bruissement sourd et constant de l’amplificateur est audible – pour s’appendre aux lèvres de celui qui récite cette douce poésie.

La nuit est une panthère

Tel un ferrailleur du dimanche, Vincent Roberge est une éponge d’influences; il récolte ici et là quelques bribes du monde extérieur et les récupère en studio pour élaborer une musique aux sonorités polychromes. Poète pop contemporain aux inspirations multiples, il ancre la présentation de son œuvre dans une tonalité chillwave, jazz-funk-fusion parfumée de R&B qui module une trame propre à l’album paru l’automne dernier. Ce premier long jeu intitulé La nuit est une panthère fait suite au EP produit deux ans auparavant. Depuis, les résonances dites plus rocks ont été quelque peu délaissées au profit d’une ambiance atmosphérique qui accouple les pistes, ainsi joliment enlacées les unes aux autres.

Les lendemains sont prometteurs

23h22. Le spectacle se termine. Le tiers de l’auditoire fait la queue pour les toilettes, l’autre tiers se fraie un chemin jusqu’au bar et commande un quelconque breuvage pour se désaltérer la gorge asséchée. Le dernier tiers se dirige vers la porte et récupère ou non son manteau pour aller s’en griller une à l’extérieur. J’emboîte le pas à ceux qui partagent cette dépendance. Dehors, j’entame une conversation avec Félix Petit, multi-instrumentiste au sein du groupe et réalisateur de l’album, qui me promet de futurs projets pour Les Louanges et possiblement quelques dates de spectacle avant la fin de l’année, ici même, à Sherbrooke. Mon cœur s’emballe. Je prends congé de Félix. Je rentre et me dirige aux toilettes mixtes, après quoi j’engloutis cette pinte d’IPA. Bref, vous l’aurez entendu ici en premier : ça promet pour Les Louanges.

 

À très bientôt, je l’espère.


Crédit Photo @ chasse-galerie.ca

Partager cette publication

Laisser une réponse