Par Charles Allard Martin

À l’automne 2014, un projet-pilote de navette se rendant de l’Université de Sherbrooke au centre-ville a été instauré pour raccompagner les étudiants participants aux 5 à 8 (4 à 7, 5 à 11). Un dossier chaud dans lequel on retrouvait, d’un côté, les chauffeurs de la STS qui se plaignaient du comportement « fêtard » des étudiants utilisant le transport en commun après avoir fait la fête, et de l’autre, des étudiants se plaignant d’un manque d’autobus pour retourner à la maison de façon responsable. À la suite de deux semaines test positives, le projet-pilote se concrétise et la navette, qui devait être financée par la FEUS, le REMDUS et l’Université, devient officiellement un service offert aux étudiants sur le campus les jeudis soirs. Cette navette, qui embarquait les étudiants au débarcadère principal de l’Université, était donc un ajout aux autres autobus du service de la STS, qui continuaient à desservir les étudiants qui résidaient à l’extérieur du centre-ville. Ce sera toutefois à la FEUS et à l’Université de défrayer les coûts, à la suite d’une décision majoritaire du REMDUS de ne pas participer au projet, puisque les 5 à 8 sont organisés principalement par les associations du premier cycle.

Le tout durera un an.

À l’automne 2015, toujours face à des problèmes avec les étudiants « fêtards » dans ses autobus, la STS annonce une suspension temporaire de son service en entier sur le campus, les jeudis soirs à partir de 18 h 30. Le débat explose à nouveau entre les chauffeurs, se plaignant toujours des mêmes comportements inappropriés des étudiants, et les étudiants, trouvant dangereux la décision de la STS, pouvant pousser les étudiants ivres à utiliser leur voiture pour retourner à la maison. Vous pouvez consulter l’article paru dans Le Collectif sur la question, qui résume ce débat. À l’égard des discussions sur la question, deux nouvelles navettes sont ajoutées les jeudis soirs, pour raccompagner les étudiants au centre-ville. La FEUS s’engage à payer une des deux navettes. Les coûts de la seconde sont défrayés par l’Université. De plus, le débarcadère de ces trois navettes est resitué en face du pavillon B1, minimisant les problèmes soulevés par les agents de la STS quant à la cohue au débarcadère principal. Il est à noter que l’augmentation du nombre de navettes et le fait d’avoir déplacé leur arrêt en face du pavillon B1 ont amélioré les conditions dans les autobus de la STS, les incidents se faisant plus rares.

Financement et décisions

À l’automne 2015, la FEUS débourse pour ses deux navettes (et les deux commissionnaires présents à bord pour surveiller les étudiants) environ 12 500 $ pour l’année. De plus, à l’automne 2015, elle s’est aussi engagée à débourser 12 500 $ par année pour que des agents de sécurité puissent être présents pour les 5 à 11 (5 à 8, 4 à 7), pour un total de 25 000 $. Il s’agit là d’une initiative qui découle d’un mandat donné à la FEUS par les associations de négocier avec l’Université pour établir des directives concernant les activités avec alcool. Rappelons que, depuis 2012, nous sommes passés de douze 5 à 11 sur le campus, à un, voir deux par session, pour les associations facultaires. Ces changements seraient dus aux comportements parfois questionnables des étudiants présents à ces événements, mais aussi à l’encadrement et à l’organisation de ces événements. Les directives concernant les activités avec alcool auraient été négociées à la fin de la session d’été 2015, à la suite de l’appui des associations membres de la FEUS, pour contrer le désir de l’Université et de la sécurité de suspendre les 5 à 11 jusqu’à l’atteinte de consensus pour normer et règlementer ces soirées. C’est aussi à l’automne 2015 que la FEUS entreprend des démarches de partenariat avec les associations pour que ces dernières puissent financer elles aussi les frais de navettes et d’agents de sécurité. Cependant, ces démarches ne seront pas fructueuses, et la FEUS devra continuer à payer les frais en question.

En mars 2016, l’Université prend la décision de cesser de défrayer les coûts pour les navettes du jeudi soir. À la suite de négociations, la FEUS convainc l’Université de continuer de payer jusqu’à la fin de l’année fiscale de l’association. C’est donc en mai 2016 que la FEUS devient la seule et unique instance à s’occuper des frais de navettes et d’agents de sécurité. Toutefois, l’Université permet à l’association étudiante d’organiser des activités de financement (5 à 11) pour financer lesdits frais. Ce plan d’autofinancement permettait aux étudiants d’avoir plus de 5 à 11 (tel était leur désir) et rapportait des fonds à la FEUS pour aider à payer les nouveaux suppléments de leur facture de transport et de sécurité. De plus, face à ces suppléments, l’association se fait demander, par les membres des associations, de diminuer le plus possible les coûts discutés ici. De ce fait, la FEUS prend la décision de retirer une navette (deux au lieu de trois; seulement une pour la session d’été) et de confier les services de transport à la compagnie Autobus B. Dion. Considérant que cette dernière n’oblige pas la présence de commissionnaires à l’intérieur de ses véhicules (comme c’était le cas pour la STS), les nouvelles navettes, offrant 2 h de service au lieu de 4 h, font diminuer les coûts envisagés pour le transport de moitié, couvrant donc les frais que l’Université ne voulait plus payer.

Qu’en est-il en date du 3 février 2017?

Cette semaine, le CA de la FEUS a pris la décision de ne plus payer les navettes du centre-ville, en soulignant les raisons suivantes :

  • La FEUS a dépassé son budget alloué aux navettes, et ce, malgré les efforts de diminution des coûts. Le plan d’autofinancement qui, rappelons-le, était un mandat des membres, a été mis de côté vu les résultats insatisfaisants.
  • On compte en moyenne entre 50 et 80 étudiants (selon les chiffres de l’automne 2016) qui utilisent le service de navette lors des 5 à 8, ce qui s’avère être des résultats peu convaincants, selon le CA de la FEUS, pour les coûts que le service engendre.
  • Les tentatives d’un partenariat entre les associations et la FEUS pour absorber une partie des coûts ont toujours échoué, et ce, depuis près d’un an et demi d’échanges entre le conseil des membres et le CA de la FEUS.

Il est a noté qu’hier (jeudi 2 février), considérant la décision du CA de la FEUS, ce sont les associations AGEG, AGES et REGS qui se sont divisé la facture des navettes et des agents de sécurité. Les autres associations membres de la FEUS avaient un mandat de leurs cotisantes et cotisants de ne pas payer pour les navettes.

Nous sommes donc face à une polémique qui touche tous les étudiants du campus participant aux activités du jeudi soir. En effet, l’Université s’était entendu avec la FEUS, lors de l’élaboration des directives pour les activités avec alcool, que les 5 à 8 seraient autorisés conditionnellement au fait que les navettes étaient disponibles et que les agents de sécurité étaient présents sur place. Maintenant, considérant les raisons citées plus haut, une nouvelle solution devra être apportée pour que les associations puissent continuer à organiser des soirées le jeudi soir qui, pour plusieurs d’entre elles, sont une source de revenus importante. Quelles sont les solutions possibles? Le projet a-t-il été abandonné trop vite? Est-ce que les associations vont réussir à trouver un terrain d’entente pour payer les frais de navettes et de sécurité? Nombreuses sont les questions. Souhaitons que le conseil des membres de la FEUS, qui aura lieu ce dimanche 5 février, trouvera réponse à nos questions en proposant une solution équitable pour ses associations membres.


Crédit photo © La presse

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