Par Sarah Gendreau Simoneau 

Durant les derniers Jeux olympiques de Tokyo 2020, plusieurs athlètes ont donné leur 110 % pour nous en mettre plein la vue et essayer de faire leurs meilleures prouesses devant le monde entier. C’est notamment le cas des athlètes de plongeon. Que se cache-t-il derrière ce sport si attrayant, mais également très exigeant? Le Collectif s’est entretenu avec Maëlle Dancause, gestionnaire des communications pour Plongeon Canada, au sujet des derniers JO en plongeon. 

La discipline du plongeon est une des plus populaires et des plus regardées des Jeux ici au Québec. La pandémie n’a pas rendu la tâche facile à tous les athlètes pour la préparation en vue de Tokyo 2020 et les plongeurs n’y font pas exception.  

De la créativité au pouce carré 

Comme presque tout en mars 2020, les centres d’entraînement de plongeon ont dû fermer leurs portes au grand désarroi des plongeurs qui s’entraînaient depuis presque quatre ans pour les futurs Jeux de Tokyo. Ça a bien sûr entraîné une onde de choc chez les athlètes puisqu’ils ont besoin d’avoir un accès à l’eau pour parfaire leurs plongeons et de l’équipement spécialisé. « Ce n’est pas un sport où on peut dire qu’on peut s’entraîner dehors à la place, il y a donc eu des contraintes qui se sont imposées dès le début de cette pandémie », explique madame Dancause. 

Les athlètes ont usé de créativité et ont trouvé des moyens de s’entraîner malgré tout. Par exemple, Meaghan Benfeito a installé des matelas dans son salon pour être capable de faire des sauts périlleux de façon sécuritaire. Certains ont utilisé le comptoir de la cuisine pour faire des relevés de jambes. Bref, ils se sont adaptés au mieux qu’ils pouvaient pour continuer les efforts qu’ils avaient mis dans leur sport.  

« C’est sûr cependant que quand ils ont pu retourner à l’Institut national du sport du Québec à Montréal, où ils s’entraînent, ça a été un grand soulagement de pouvoir ravoir accès non seulement aux équipements et à la piscine, mais également à la physiothérapeute, la massothérapeute et leurs entraîneurs. » 

Résultats 

Jennifer Abel et Mélissa Citrini-Beaulieu ont remporté l’argent au 3 m synchronisé. C’était une médaille espérée puisqu’elles ont toujours fini en deuxième position les années précédentes dans les grands événements internationaux.  

Cependant, quelques petits moments crève-cœur sont venus plomber un peu l’ambiance au sein de plongeon Canada. Caeli Mckay, qui plongeait avec Meaghan Benfeito au dix mètres synchro, s’est blessée à la dernière minute. « Elle s’est fait une entorse très sévère au pied, mais elle a réussi à plonger quand même! Elle était très limitée dans ses mouvements. » Elles ont fini au pied du podium, à quelques centièmes de secondes de la médaille de bronze. « Tout le monde était tellement fier de voir que ces athlètes étaient passées au travers de cette année-là, très difficile, que peu importe ce qu’il se passait, elles pouvaient repartir de Tokyo la tête haute. » 

Du côté des hommes, plusieurs jeunes faisaient partie de l’équipe Canada. Pour la plupart, c’était leurs premiers Jeux olympiques à vie et ce sont de bons espoirs pour les Jeux de Paris en 2024.  

C’est difficile de dire si la situation pandémique a quelque chose à voir avec les résultats moins concluants. Il est vrai qu’un grand événement comme celui-là, ça faisait longtemps que les plongeurs n’avaient pas vécu ça et ici, il y a eu une grande pause d’entraînement alors que dans d’autres pays, l’interruption était moindre. « Dans tous les cas, les athlètes canadiens étaient prêts malgré tout. Ils se sentaient confiants tout de même en arrivant à Tokyo. » 

Des Olympiques hors normes 

Vivre des Jeux olympiques en temps de pandémie, c’est peu commun, mais pas moins amusant. Sans surprise, les athlètes ne pouvaient pas sortir dans la ville. Normalement, c’est un des points forts du voyage des olympiens que de pouvoir visiter l’endroit où ils compétitionnent. Il y a également, en temps normal, des célébrations lorsqu’ils gagnent des médailles, les familles sont invitées pour les encourager, il y a des spectateurs dans les gradins. À Tokyo, il n’y avait rien de tout ça.  

« Ça a quand même été difficile pour eux de gérer le fait d’avoir un aréna complètement vide, exception faite des autres athlètes du Canada ou d’autres pays. » Maëlle Dancause explique que le plus difficile était qu’une fois que les athlètes terminaient leurs compétitions, ils devaient revenir au pays. Ceux qui ont plongé au tout début n’ont pas pu rester pour encourager le reste de l’équipe et dans le cas contraire, ceux qui plongeaient à la fin des Jeux n’avaient presque plus personne avec eux. 

Malgré tout, le comité organisateur a vraiment tout fait, selon madame Dancause, pour que les athlètes vivent leurs Jeux à fond et que ce soit une belle expérience pour tous.  

Un sport exigeant 

L’entraînement des athlètes de haut niveau en plongeon montre à quel point ils doivent avoir de la rigueur. Ils s’entraînent cinq jours par semaine. Ils commencent leur journée par un entraînement à sec en faisant des échauffements sur des tapis rebondissants et du trampoline. « Cette méthode permet de faire plus de répétitions de leurs sauts sans devoir se sécher entre chaque, explique Maëlle Dancause, ensuite ils vont à l’eau pour faire leur entraînement dans leur élément. »  

Deux fois par semaine, ils se rendent à la salle de musculation pour faire de l’haltérophilie, pratiquer leurs sauts, faire des exercices de stabilisation pour avoir une bonne posture et pour éviter les blessures.  

Pour les jeunes intéressés par le plongeon, il faut bien commencer quelque part. Il y a des clubs de plongeon un peu partout en province. Il y a plusieurs niveaux où les gens peuvent s’inscrire et, ce qui est bien, c’est qu’ils apprennent à plonger de façon sécuritaire pour ne pas se blesser, ce qui est un peu la base.


Crédit photo @ Antoine Saito

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