L'esprit média?

Comme en fait part Patrick Lagacé dans sa chronique du grand débranchement dans le journal quotidien La Presse, la société vit actuellement dans un brouillard médiatique. Jamais nous n’avons été plus branchés, et pourtant, il reste assez difficile pour un intéressé de transmettre un message précis efficacement.

Par Sebina Jankovic

Les générations X, Y et Z sont tellement bombardées par diverses notifications tous les jours qu’elles ne savent plus où donner de la tête. Néanmoins, certains courageux font carrière dans le domaine de la publicité et leurs techniques relèvent d’un vrai tour de force. Pour ces connaisseurs, il y a des règles incontournables qui rapportent invariablement l’effet escompté, et il faut savoir jouer ces règles à son profit.

Le départ logique de toute campagne cherchant à influencer le comportement humain consiste en la définition du public cible. Elle doit cerner en quoi le message transmis sera à la fois pertinent et déterminant pour l’auditoire à un moment précis dans le temps. Pour obtenir l’impact souhaité, la plateforme choisie pour diffuser l’annonce doit être adéquate. Souvent, le succès d’une campagne repose sur l’utilisation efficace du médium consommé par le public cible. À l’ère de l’information, la rapidité est la clé du succès.

Planifier, préparer et produire un message requiert des jours, parfois des semaines de travail. Toutefois, une fraction de seconde suffit pour interpeller les auditeurs et convertir leur curiosité en intérêt. Une fois l’attention captée, le reste du processus mûrit au sein du destinataire. Quelle opinion se fait-il sur le sujet donné? C’est ici qu’il devient intéressant de noter combien un point de vuepeut varier d’un contexte à l’autre. Il est prouvé que les décisions sont influencées par l’environnement. Ainsi, lorsqu’un individu se trouve dans une foule, il est emporté par un phénomène social. Cet individu ne raisonne pas de la même façon lorsqu’il est isolé. Lorsqu’il est entouré, il forme une unité mentale, portée à l’action plutôt qu’à la raison. L’individu devient alors très suggestible, et c’est à ce moment qu’un leader d’opinion est à même de changer la donne.

Un leader d’opinion se définit par sa réputation, ses compétences ou son activité sociale intense. Il est en mesure d’influencer un grand nombre d’individus dans ses opinions et dans ses actions (par exemple l’effet qu’a eu l’appui de Dan Bigras pour le Refuge des Jeunes). Avec l’avènement d’Internet, les supports électroniques comme YouTube et Vevo font toute une différence. En effet, à peu près n’importe qui peut devenir hautement considéré par ses semblables. Pour quelqu’un cherchant à diffuser un message, trouver un leader d’opinion pour un public cible précis constitue en quelque sorte une mine d’or. Vous voulez vendre un jeu vidéo? Adressez-vous à PewDiePie et le tour est joué. Il s’agit d’un moyen rapide, personnel et efficace pour communiquer avec un large bassin de personnes.

Néanmoins, il faut rester prudent. Les leaders de ce genre ne représentent pas le mal, mais ils peuvent être manipulés à mauvais escient. Lorsque des dirigeants de groupes sociaux, religieux ou gouvernementaux s’approprient l’un de ces leaders pour le mettre à son profit, les effets peuvent être dévastateurs (se référer par exemple à la méthode du lynchage). Les politiciens peuvent manipuler volontairement les populations pour réaliser leurs objectifs. Si on regarde, par exemple, les nouvelles médiatiques controversées sur l’EI, la grande variabilité des intentions de vote durant le référendum d’Écosse ou même, plus près de nous, le comportement adopté par une assemblée générale étudiante en instance de vote, il est possible de constater que des techniques de manipulation sont employées régulièrement. Pour mieux s’en protéger, il est possible de développer la capacité de distanciation critique vis-à-vis de l’instabilité émotionnelle, de s’accorder un temps de maturation et de ne pas placer les décisions à l’abri de la pensée.

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