L’Estrie touchée par la hausse du taux d’ITSS

societe-itss-creditPhotoTCMediaArchivesLa vie étudiante est remplie de travaux, de loisirs, d’implications, de partys, de bières… et parfois même de sexe (parlez-en aux infirmières du Service de santé sur le campus). À ce sujet, il s’avère intéressant de constater que quelques statistiques de l’Estrie démontrent que le taux d’infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) ne cesse d’augmenter depuis quelques années.

Par Josianne Chapdelaine

En effet, le rapport des infections transmissibles sexuellement et par le sang du gouvernement du Québec, publié en 2012, montre que la catégorie d’âge des 15 à 24 ans est une des plus touchées par les ITSS. Selon l’Agence de la santé et des services sociaux de l’Estrie, le nombre de cas déclarés d’ITSS aurait augmenté de 79 % entre 2006 et 2013. Ces statistiques sont alarmantes pour notre société. Le VIH est aussi préoccupant : certaines estimations produites pour le Québec provenant de l’Agence de la santé publique du Canada démontrent qu’environ 760 personnes auraient contracté le VIH durant l’année 2011, en Estrie. Le public cible de cette infection s’est largement modifié.

Plusieurs causes peuvent expliquer ce phénomène. Selon Brigit Côté, intervenante de l’A.R.C.H.E. de l’Estrie (organisme qui soutient les personnes vivant avec le VIH/sida), le manque d’éducation sexuelle pourrait être une des causes expliquant la transmission plus abondante de cette infection (et de bien d’autres). Depuis 2005, les cours d’éducation sexuelle ont disparu des établissements scolaires. En effet, Guillaume Langlois, un médecin de famille, a remarqué que le taux d’infections transmissibles sexuellement et par le sang avait considérablement augmenté depuis les dernières années : « Les jeunes en savent moins, ils sont moins conscients, le danger est plus présent. » Brigit Côté mentionne également que la discrimination faite à l’égard des gens touchés par le VIH/sida n’aide en rien à leur acceptation du diagnostic : « Les préjugés sont tenaces et sont des obstacles tant à la qualité de vie qu’à la prévention; le VIH ne fait pas de discrimination, lui.» Tous peuvent le contracter, sans exception. Il s’agit du même principe en ce qui concerne les autres ITSS, telles que la chlamydia, la syphilis, la gonorrhée, l’herpès, etc.

Le 1er décembre est la Journée mondiale du sida. À la veille de cet événement, il est important de rappeler que la prévention peut mener à une baisse de transmission du sida et de toutes les autres ITSS. Quels sont les moyens les plus efficaces? L’usage de préservatifs est primordial lors de rapports sexuels. De plus, en ce qui concerne le VIH, pour les consommateurs de drogues injectables, il est important d’utiliser ses propres seringues afin d’éviter la contamination.

Vivre avec une ITSS n’est pas facile à accepter. C’est pourquoi plusieurs services sont offerts aux gens atteints du VIH par exemple. Tel que mentionné plus haut, l’organisme à but non lucratif l’A.R.C.H.E. de l’Estrie, dont les lettres signifient : amour, respect, compassion, harmonie et écoute, a pour mission d’aider les personnes vivant avec le VIH/sida à maintenir une saine qualité de vie en favorisant l’implication sociale. IRIS Estrie (Intervention régionale et information sur le sida) est un autre organisme communautaire qui vise l’éducation, l’intervention, la prévention et la promotion de la santé portant sur la problématique liée au sida ou toutes autres infections transmises sexuellement et par le sang. Envie de faire du bénévolat? Ces deux organismes vous en offrent la possibilité.

S’il n’y avait qu’une chose à retenir, c’est qu’il ne faut pas oublier de se protéger, chers étudiants!