L’été, c’est fait pour s’abreuver

Page 19- Julien Beaulieu - Lete cest fait pour sabreuver 3Par Julien Beaulieu

Il y a deux ans (dans le temps où les vacances existaient encore, avant les sessions de cours estivales et les barbecues des 5 à minuit de génie), j’ai passé mon mois de juin sur une balançoire dans la cour chez mes parents. Un mois complet, assis au soleil à lire du Blaise Pascal. C’est un peu lourd de se casser la tête dans les dédales des Pensées. Donc parfois, j’alternais avec du Diderot : « Le peuple est avide de spectacles, et y court, parce qu’il est amusé quand il en jouit, et qu’il est encore amusé par le récit qu’il en fait quand il en est revenu. ». J’avais soif. Soif de nouvelles connaissances! Ça n’a duré qu’un mois, malheureusement. À boire trop de culture, on obtient le mal de tête et la gueule de bois.

L’été dernier

Pour la première fois de ma vie, l’été passé, j’étais à l’école. Je découvrais les plaisirs de la Faculté d’administration de l’UdeS, dans la joie et la bonne humeur. Il ne faut pas craindre Sherbrooke pendant l’été. Le truc, c’est d’inaugurer la session avec une tournée des terrasses lors du premier après-midi chaud du mois de mai. Puis, les 4-7, les amis, le vélo, les rivières et les montagnes s’occupent du reste. Ça passe vite et ça reste toujours l’été. L’été sentira toujours les vacances à plein nez. J’ai rencontré tout plein de nouvelles personnes pendant ces quelques mois-là. J’avais soif. Soif de nouvelles connaissances!

Vers l’avenir

Ce sera un jour d’été comme les autres à Sherbrooke. Je sortirai de mon appartement. Je dirai : « Il me faut un verre. » J’irai sur une terrasse du centre-ville et on me donnera une bière blonde. Je serai heureux. Je serai en amour. Ensuite, je sortirai dans la rue, je poursuivrai ma route vers le lac des Nations. Je dirai : « Il me faut un vers. » Le long de la promenade, un poète m’interpellera pour me livrer ses plus belles rimes. J’aurai dès lors l’esprit aiguisé. Je poursuivrai ma route vers le parc Lucien-Blanchard. Je dirai : « Il me faut un ver ». On me filera une canne à pêche et je mettrai les jambes dans la rivière. Je pêcherai une truite arc-en-ciel. Je la ferai cuire sur les barbecues du parc. Je serai repu. Envers et contre tous, je serai. Et cela conclura ma route vertueuse au travers des espaces verts. Sherbrooke, j’ai déjà hâte de te voir ensoleillée!

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