L’Étincelle qu’il vous faut

Par Rose Chrétien

Avec la Saint-Valentin qui arrive bientôt, j’ai envie de vous proposer un roman où le thème de l’amour est exploité sous un autre angle que celui des traditionnelles relations de couple. Michèle Plomer raconte une histoire d’amour puissante qui touche l’amitié et la famille. Étincelle, c’est le genre de livre qui nous marque et qui nous reste en tête même après l’avoir terminé. Un peu à la manière d’un voyage. 

Le récit se déroule à Shenzhen, en Chine. Un soir, alors que Song s’apprête à préparer le souper sur sa nouvelle cuisinière, celle-ci explose. La jeune femme est brûlée vive et coincée entre la vie et la mort.

Michèle Plomer nous ouvre généreusement les portes de son intimité dans ce récit d’autofiction. Cette tragédie, l’auteure l’a vécue de très près. Elle devait souper avec Song, ce soir-là, mais elle s’est désistée au dernier moment. La culpabilité s’emparera de Michèle, qui va consacrer tous ses temps libres au chevet de son amie.

Cette histoire qui peut paraître à priori bien sombre ne l’est pourtant pas, puisque c’est l’amour qui est mis en lumière. Les personnages qui gravitent autour de Song nous font découvrir le caractère singulier du peuple chinois. Le père de Song est particulièrement touchant. Il se bat avec une solidité qui semble inépuisable pour sauver sa fille et lui offrir le meilleur. Song repose dans un hôpital où les moyens sont très restreints, mais le personnel se dévoue pour elle. Par-dessus tout, c’est la force de la jeune femme qui impressionne. Elle lutte d’une façon si singulière qu’elle nous inspire une réflexion sur notre propre manière d’affronter nos drames personnels, petits ou grands.

La plume de l’auteure est poétique, mais sans jamais être lourde. Elle nous raconte une histoire tragique d’une manière sensible et élégante, et elle réussit le défi de mettre des mots sur l’inimaginable souffrance physique que vit Song à la suite de son accident. Ces passages sont particulièrement touchants, surtout en sachant que cette histoire est véritablement arrivée. Fait anecdotique, j’ai lu ce roman pendant que j’étais tranquillement allongée sur une plage en République dominicaine. L’écriture de Michèle Plomer a été assez puissante pour me transporter complètement ailleurs, en Chine, alors que j’avais les deux pieds blottis dans le sable.

La culture chinoise teinte tout le roman. On y explore ce pays exotique, dans toute sa beauté, mais aussi à travers ses plis moins charmants. J’en connaissais peu sur la Chine; son manque de liberté, sa rigidité et sa corruption. Malgré tout, j’ai été touchée par le charme de la culture chinoise, du rituel lié au thé jusqu’à l’idéogramme mandarin. Les Chinois ont une façon de penser bien différente de nous, mais qui est particulièrement intéressante à découvrir et même retenir.

Je le conseille à n’importe qui ayant envie de s’évader l’espace d’un instant. C’est une lecture qui fait du bien, peu importe le genre de roman que vous avez l’habitude de lire. Nos écrivains québécois ont un talent exceptionnel, encourageons-les!


Crédit photo © Renaud Bray

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