Par Alexia LeBlanc

Quelques mois après le lancement de leur entreprise Kool Apparel, une marque de vêtements pour parler de santé mentale, les trois étudiants de l’Université de Sherbrooke ont plusieurs autres projets en tête. Malgré que la santé mentale soit un sujet de plus en plus discuté, Juan Rincon, Étienne Penelle et Samuel Choquette pensent tous les trois que l’état de la situation chez les jeunes prouve que cet enjeu reste plus qu’important. Le Collectif s’est donc entretenu avec Samuel Choquette, diplômé du baccalauréat en kinésiologie à Sherbrooke, afin de connaitre les futurs projets de la compagnie.

Pourquoi la santé mentale ?

D’abord, selon les trois jeunes hommes, la santé mentale est un sujet qui échappe souvent aux cursus scolaires réguliers. Pourtant, il s’agit d’un élément clé pour qu’un individu se développe pleinement, tout aussi important que la santé physique. « À la base, Kool s’est créée avec nos histoires personnelles liées à la santé mentale. On trouvait qu’il y avait un manque d’éducation émotionnelle. »

Pour Samuel, parler de santé mentale est synonyme de parler de nos émotions. L’entreprise veut outiller les jeunes à pouvoir aller chercher de l’aide quand cela est nécessaire, mais aussi à enlever tous les tabous autour du fait de simplement exprimer comment l’on se sent. « On veut aussi amener des sujets comme l’anxiété, le stress. À l’école, on trouve qu’il y a un manque et ce ne sont pas tous les parents qui sont à l’aise de discuter de ces enjeux avec leur enfant. Que ce soit au primaire ou à l’université, il n’y a pas de cours sur le bonheur, le bienêtre, etc. Notre but, c’est d’aider ces personnes à avoir un meilleur contrôle sur ces émotions et de les aider à se comprendre. »

Plusieurs projets d’avenir

Tous les trois passionnés par ce grand projet, les membres de l’équipe comptent agrandir leur entreprise au cours des prochains mois, mais aussi organiser des activités qui ont un lien avec la santé mentale, mais qui ne rapportent pas nécessairement à leur ligne de vêtements.

« Dans les semaines à venir, nous allons sortir de nouveaux modèles de vêtements que nous avons faits avec une artiste de la région de Granby. Elle sort un album de musique et elle voulait des vêtements pour promouvoir son nouvel album. Et nous, notre force, c’est qu’on réussit à faire passer des messages à travers l’art. Elle était, à travers sa musique, capable de venir chercher les mêmes valeurs que nous (bienêtre, santé mentale). On va donc avoir certains morceaux, comme un hoodie, qui vont transmettre un message. Elle pourra en faire la promotion lors de ses spectacles, et nous, on les vendra en ligne. »

Les jeunes entrepreneurs ont également élaboré une campagne de financement avec la faculté de psychologie que l’Université de Sherbrooke afin d’amasser des fonds pour leur bal de finissants. « Nous avons créé un modèle de chandail juste pour eux, pour leur cohorte. Ils l’ont vendu aux étudiants et une très grande partie des fonds ont permis de financer le bal. Nous comptons refaire ce genre de partenariat avec d’autres facultés. » Ils participeront aussi à d’autres événements, comme des défilés de mode à l’UdeS, mais également à l’Université Laval et à l’Université McGill. « On souhaite que ces événements aient toujours lieu malgré la crise actuelle du coronavirus, mais ce sont de beaux projets pour le futur ! »

De plus, les jeunes hommes ont lancé un concours, il y a quelque temps, qui permettait à une gagnante ou un gagnant de choisir un organisme avec lequel Kool allait s’associer. « Suite à ce concours, la gagnante a choisi l’organisme Humain Avant Tout, qui est dans la région de Montréal. Il s’agit d’un organisme à but non lucratif. C’est une fille qui termine son doctorat en psychologie qui a lancé ce projet. Elle rencontre des gens qui souffrent de problèmes liés à la santé mentale puis elle écrit un texte sur leur histoire, leur vécu. Elle publie ensuite une photo des personnes qui se sont ouvertes à elle. Nous avons donc fait un chandail, qui sortira très bientôt, et tous les profits amassés grâce à ce chandail iront directement à cet organisme.

Finalement, un autre grand projet d’avenir pour la compagnie sera de créer des retraites pour les jeunes du secondaire qui seront remplies d’activités en lien avec la santé mentale et la santé physique. Ce sont des étudiants en kinésiologie qui travaillent à l’élaboration de ce projet et nous sommes les promoteurs. Ils font l’analyse de leurs besoins en ce moment et, vers la fin mai, avec une classe de quatrième secondaire, on passera deux nuits dans un camping sur le bord de l’eau. » Le but de l’entreprise est donc aussi de s’associer et de financer d’autres projets qui n’ont pas de lien avec les vêtements, mais qui font la promotion de valeurs semblables.

Lancer une entreprise pendant son parcours scolaire

Bien sûr, débuter une marque de vêtements en jumelant les études n’est pas chose facile. Déterminés à ce que l’entreprise grandisse, les trois jeunes hommes semblent être le trio parfait pour que ce souhait se réalise. « Nos forces se rassemblent énormément. Par exemple, Juan est une personne très créative, il amène toujours de très bonnes idées. Étienne, de son côté, est une personne plus terre-à-terre, très bon avec les chiffres, qui va s’assurer que tout balance. De mon côté, j’ai beaucoup d’initiative et je n’ai pas peur de foncer. Les faiblesses d’un sont la force de l’autre, donc tout cela fonctionne très bien. »

On peut clairement constater en discutant avec Samuel que les trois sont passionnés par ce projet et qu’ils sont attachés aux valeurs que leur entreprise dégage. Au cours des prochaines semaines, d’autres morceaux de vêtements seront disponibles sur leur site. Pour encourager une cause importante et soutenir des entrepreneurs de votre université, allez jeter un coup d’œil sur leurs différents réseaux sociaux et leur site web, vous ne serez pas déçus !


Crédit Photo @ Kool Apparel

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