Alexandre Dumas-Gingras

Le mardi 10 janvier dernier, le président américain sortant Barack Obama prononçait à Chicago son discours d’adieu. Avec toutes les qualités d’orateur qu’on lui connaît, c’est un homme fier de ce qu’il a accompli en 8 ans de présidence qui a pris le micro lors de cette soirée, et fidèle à son habitude, son discours était teinté d’optimisme. Une question se pose cependant : quel héritage laisse le tout premier président noir du pays?

Élu pour la première fois le 4 novembre 2008, la présidence démocrate de Barack Obama s’annonçait des plus glorieuses et l’espoir caractérisait alors le peuple américain. Force est d’admettre qu’en tant que tout premier président de couleur du pays et vainqueur du prix Nobel de la paix avant même d’avoir complété une première année de mandat, les Américains avaient raison d’avoir de hautes attentes envers le 44e président de l’histoire du pays. Les huit ans de présidence de l’ex-enseignant en droit constitutionnel de l’Université de Chicago auront sans doute été un pivot dans l’histoire américaine. Succédant à George W. Bush, il avait comme objectif de redresser le pays.

La lutte au terrorisme aura été l’un des combats majeurs sous l’administration Bush alors qu’une véritable chasse à l’homme est amorcée. Obama prend alors le relais d’une mission inachevée, soit celle de trouver l’ennemi public numéro un du pays, Oussama Ben Laden, symbole du terrorisme en Occident. C’est finalement en 2011 que l’homme est retrouvé en Afghanistan et l’opération aboutit par la mort du chef présumé d’Al-Qaïda. Cette capture n’a cependant pas l’effet escompté, alors qu’elle ne semble pas unir le peuple américain. Qui plus est, on constate une guerre culturelle à l’intérieur des États-Unis déjà bien amorcée qui semble prendre de l’ampleur encore et encore. Il y a une montée de l’extrémisme idéologique, et l’élection du successeur d’Obama, Donald Trump, en est la preuve la plus flagrante. Quant à elle, la lutte au terrorisme ne prend pas de pause alors que ce véritable fléau menace encore notre monde.

Le printemps arabe embrase le Moyen-Orient dès le début de l’ère Obama, ce qui inclut le conflit syrien qui persiste encore aujourd’hui. L’inaction du gouvernement fédéral en Syrie est critiquée. Le conflit s’envenime et l’échiquier mondial est bouleversé avec la présence de la Russie de Vladimir Poutine.

Rappelons également les vives tensions raciales qui éclatent. On pense à Ferguson notamment, ainsi qu’au nombre effrayant de fusillades qui ne cesse de croître. Obama a eu à composer avec de nombreuses crises à l’intérieur même du pays. Des crises qui sont toujours loin d’être réglées.

Qu’adviendra-t-il du Patient Protection and Affordable Care Act, surnommé Obamacare, sous la gouverne républicaine Trump? L’avenir semble des plus incertain à ce sujet, alors que ce dernier menace d’abroger rapidement cette mesure. D’ailleurs, Donald Trump, dès son assermentation le 20 janvier, a imposé son décret présidentiel. Ce symbole de l’ère Obama est ébranlé.

Aux États-Unis, le système de checks and balances en place fait état du pouvoir qui arrête le pouvoir. La difficulté qu’a eue Obama à composer avec un Congrès républicain et le respect immense alloué à la Constitution et à certains amendements qui sont devenus désuets avec le temps ont visiblement limité celui-ci, et c’est une des raisons pour laquelle certains dossiers mentionnés n’ont pas avancé. L’impérialisme américain s’essouffle, c’est un pays en péril que lègue M. Obama à M. Trump. Le message d’espoir livré par Barack Obama s’effrite, et malgré ses efforts, c’est un héritage bien timide qu’il laisse derrière lui. Yes We Did? Vraiment?


Crédit photo © Biography.com

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