L’identité, les maux de Socrate

Par Catherine Villeneuve-Lavoie

Le concept d’identité

« Je viens du Monde », acclamait Socrate lorsqu’on lui demandait d’où il venait. Il répondait que c’était pour lui un moyen d’atteindre l’universel et d’échapper aux frontières réductrices de l’époque. En effet, quelques siècles plus tard, Socrate n’avait pas vu faux, à l’heure où les relations entre les cultures et les pays sont devenues inévitables, et quand la vérité monstre d’une constante mondialisation se traduit paradoxalement par plusieurs formes d’intolérance ou de frustrations non fondées, envers l’ouverture progressive des frontières, entre autres, la diversité culturelle est pointée du doigt comme étant à l’origine de tous les maux, de l’intolérance au racisme. L’homme est aujourd’hui amené à se repositionner sur son existence et son rapport à l’autre.

Ensuite, on pense souvent au concept d’identité comme étant un élément de division, un concept qui hérisse, une notion qui par-dessus les clivages aussi politiques, sociaux ou ethniques nous renvoient souvent à une certaine lourdeur. Aussi tabou soit-il, si ce concept d’identité existe encore aujourd’hui avec autant de définitions et de reformulations qu’il y a de personnes qui s’y sont intéressées, c’est sûrement car les théoriciens ont du mal à s’entendre quant aux termes exacts du processus identitaire. Malgré tous ces efforts pour définir le concept, il demeure pour plusieurs encore bien flou et complexe à saisir.

L’AIEUS

« Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis. » - Antoine de Saint-Exupéry

L’interculturalité, quant à elle, enrichit continuellement notre savoir par rapport à la compréhension de l’autre et bien plus encore : des différences qui nous séparent et qui nous unissent en même temps. Dans les universités, par exemple, un milieu où la notion d’interculturalisme est de plus en plus abordée, et ce, directement à Sherbrooke, on voit vraiment que le phénomène de l’identité ne se réduit pas uniquement à la population sherbrookoise. Il s’étend à l’ensemble des clivages, et même au-delà des frontières, en accueillant des centaines d’étudiants internationaux chaque année.

En effet, l’Association interculturelle des étudiants de l’UdeS (AIEUS) a principalement été créée dans le but ultime de promouvoir ce genre d’échanges. L’association qui regroupe une dizaine d’étudiants à chacun de ses événements permet à ces étudiants de favoriser la découverte de la culture québécoise ou tout simplement la beauté de sa nature, comme le souligne Patricia Fontaine, ancienne vice-présidente aux communications du comité. Ensuite, le comité permet de rejoindre les étudiants internationaux et les étudiants locaux pour ainsi favoriser l’intégration et l’ouverture pour toutes et tous. Son but est de rassembler la diversité, de créer des contacts multiples et surtout de donner la chance aux étudiants de connaitre davantage le Québec dans son ensemble. Ce faisant, l’association se penche régulièrement sur cette question, par l’entremise d’activités organisées qui permettent de faire découvrir à la communauté universitaire d'autres cultures. Par exemple, plusieurs activités ont été organisées comme le traditionnel souper multiculturel, une sortie à la cabane à sucre au printemps dernier, une sortie à Forestia Lumina à Coaticook, etc. L’association est aussi directement liée avec le programme de parrainage de l’Université de Sherbrooke (PPUS) qui vient également favoriser une meilleure transmission d’informations pour les activités interculturelles de notre communauté universitaire. En outre, l’interculturalisme serait devenu plus grand qu’un simple rapport. Il est davantage une vision accessible, une vision qui souhaite préconiser des échanges harmonieux entre toutes les cultures du monde, qui ne cherche pas à abolir les différences, mais bien à favoriser la formation d'une identité commune.


Crédit Photo © Keith Haring

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