Un lien de sang Montréal – Sherbrooke – Abitibi – Pays-Bas

Par Andrée-Anne Roy

On aime tous voyager, mais on n’a pas tous la même destination. Moi, mes plus grands déplacements ne sont pas pour me loger sous un parasol, mais bien pour voir des personnes qui me sont chères; pour visiter mes frères et sœurs.

Si on m’avait demandé, il y a plusieurs années, si je pensais un jour devoir faire six heures de voiture ou d’avion pour voir les membres de ma famille, j’aurais ri en me demandant ce qui pouvait bien se trouver à six heures de mon nid familial, connaissant mes capacités géographiques actuelles, je dirais qu’à l’époque j’aurais parié sur la Chine. Mais aujourd’hui, je dois réalistiquement prévoir les séjours pendant lesquels je visiterai ceux qui m’ont niaisée toute mon enfance, mais aussi ceux qui m’ont appris, de manière difficile, à passer à travers les étapes de la vie, qu’il faut travailler fort pour ce qu’on veut, mais surtout qu’il ne faut jamais baisser les bras : mes sœurs et frères. Je vous fais remarquer que six heures, c’est infiniment de temps pour se rendre compte de l’ampleur de ces six heures-là, de ces 700 km ou de ces 8 000 km. C’est assez de temps pour se rendre compte que c’est peut-être trop loin.

C’est ainsi que mes grands modèles ont choisi leur chemin, et que du coup, j’ai choisi le mien. Il faut se laisser guider par nos instincts, peu importe où ils nous mèneront.  On sous-estime notre lien de sang; des frères et sœurs, c’est plus fort qu’une amitié. Le partage des valeurs, d’une histoire et surtout un sentiment de chaleur, de réconfort, de laisser-aller et d’aisance. On parle ici de personnes avec qui on a sans doute déjà pris notre bain, qu’on a déjà réveillées la nuit en faisant des cauchemars et qui nous ont énervés jusqu’à nous faire pleurer. Rien, rien ne peut battre cette complicité-là.

Depuis peu, j’ai une famille éphémère. Je ne peux pas les voir quand je veux et c’est avec le temps  que je me rends compte comment on peut s’ennuyer de ces petites bêtes-là. S’il y a une chose que j’en dégage, c’est qu’il faut vraiment profiter du temps passé en famille, ne pas le dénigrer, mais le favoriser, en demander plus parce que quand vos chemins se sépareront et se recroiseront, vous verrez vite que le temps nous glisse entre les mains, qu’il est maitre de notre bonheur.


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Crédit photo © Maman pour la vie

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