L’inévitable réalité du cheerleading

Par Camille Duval

« Trop de maquillage », « jupette courte », « agace », « pas un sport ». Ces commentaires désobligeants caractérisent le lourd quotidien des cheerleaders. Que vous ayez déjà fait du cheerleading ou non, peut-être avez-vous déjà entendu ces préjugés. Pourquoi ce sport, qui demande autant de détermination, de travail acharné et de dévouement, ne reçoit-il pas le respect qu’il mérite? Pourquoi chaque athlète se donne-il constamment corps et âme dans la défense et la reconnaissance de son sport?

Le manque flagrant d’éducation sur le cheerleading provient initialement de la réputation qui lui est donnée. Dans leurs débuts, les cheerleaders avaient le rôle de meneuses de claques; celui d’encourager les équipes sportives universitaires. Mais le cheerleading s’est développé rapidement et est devenu un sport compétitif de haut niveau au fil des années. Les films pornographiques, les clichés, les jugements faciles ainsi que les médias ont contribué à une réputation salie du sport compétitif et de ses athlètes. Le cheerleading de compétition ne se limite pas à un simple effet de spectacle; c’est beaucoup plus. Cette activité sportive prestigieuse combine sauts, pyramides, gymnastique, force, persévérance et détermination. Aujourd’hui, nous sommes loin des cheerleaders professionnelles qui servent de compléments publicitaires aux équipes de football et qui exploitent l’image corporelle des femmes. En effet, les choses ont changé.

Un des stéréotypes les plus communs dans ce sport concerne l’orientation sexuelle des hommes qui le pratiquent. Ce n’est pas parce qu’un garçon fait du cheerleading dans une équipe majoritairement composée d’athlètes féminines qu’il est automatiquement homosexuel. Cette mentalité sexiste et ces jugements inutiles sont dépassés. Il est grand temps que la société dans laquelle on vit cesse d’assumer que les intérêts, les passe-temps ou les comportements de ces athlètes masculins déterminent directement leur orientation sexuelle. Qu’ils soient homosexuels ou affichent plus de féminité que d’autres ne change en rien la nature du sport. Il n’y a aucun lien à faire entre l’orientation sexuelle d’un athlète et sa capacité à livrer une performance et à pratiquer son sport. Peu de gens savent l’atout incomparable que représente celui de compter des athlètes masculins dans une équipe de cheerleading. Ce sport très demandant physiquement nécessite la force musculaire de garçons pour effectuer des projections impressionnantes dans les airs, soutenir des pyramides laborieuses et entretenir un esprit d’équipe solide.  Non seulement permettent-ils d’apporter ce lot d’avantages, mais en plus, ils contribuent tranquillement à changer la perception négative des gens. Peu à peu, on retient du cheerleading qu’il s’agit avant tout d’un sport difficile voire même dangereux, impressionnant pour son effet de spectacle, et qui nécessite une force incroyable pour accomplir chaque élément présenté.

Comment changer la mentalité des gens sur le cheerleading et démystifier un sport aussi incompris? Depuis plusieurs années, il faut dire que des progrès majeurs se font remarquer, autant dans le cheerleading de compétition scolaire que civile. Somme toute, les stéréotypes qui pèsent sur ce sport méconnu n’empêchent pas la communauté d’athlètes de réaliser, chaque année, des accomplissements grandioses pour l’évolution de leur sport.


Crédit Photo @ Université de Sherbrooke

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