L’information, un bien public selon la FNC

Par Catherine Foisy

Pris au bord du gouffre depuis déjà un moment, les médias traditionnels, et plus particulièrement la presse écrite, crient à l’aide. Le 8 juin dernier, la Fédération nationale des communications (FNC), suite à la tenue d’un colloque sur l’avenir de l’information au Québec le 3 mai dernier, publiait L’information, le 4e pouvoir sous pression. Trois suggestions à court terme étaient développées. 

Le document d’une quarantaine de pages n’est pas passé inaperçu. C’est après une longue analyse de la situation de la presse traditionnelle québécoise que la FNC arrive à proposer des pistes de solutions.

Sans grande surprise, il est entre autres question de l’opportunité et de la menace qu’Internet représente pour les institutions québécoises. Est également réitérée la mission de Radio-Canada, la relation des jeunes avec les médias ainsi que le nouvel environnement de l’information. Ce nouvel environnement qui, selon la FNC, est celui d’une population qui souhaite avoir accès à l’information en direct, sans que sa qualité en soit atteinte.

Du côté des chiffres, le document présente des tableaux et des graphiques qui confirment que la population se penche davantage vers l’information gratuite, et principalement en ligne ou via les applications mobiles. Notons que La Presse + est l’application qui détient la plus grande part de marché avec un pourcentage 42,7 % selon une étude menée par le Centre d’étude sur les médias en 2015. En ce qui concerne les quotidiens, c’est toujours le Journal de Montréal qui détient le plus grand lectorat.

Avant d’arriver aux trois propositions du rapport, des modèles étrangers d’aide à la presse sont soulignés. On note la Finlande, la France, l’Italie, la Suède et les Pays-Bas. 

Première proposition : crédits d’impôt remboursables

Le FNC propose un crédit d’impôt de 25 % des dépenses qui concernent la production d’information originale chez les médias écrits du Québec. Pour les médias qui ne couvrent pas la RMR de Montréal, la FNC suggère un crédit d’impôt plus élevé, soit de 35 %. Les salaires des différents employés (journalistes, pigistes, recherchistes, personnel technique, administratif, représentants…) constitueraient les principales dépenses admissibles à ce crédit d’impôt.

Selon leurs calculs, cela couterait de 10 à 13 millions de dollars annuellement au gouvernement du Québec.

Deuxième proposition : développement de programmes, aide à la mise en marché

Ces programmes dont il est question seraient mis sur pied dans le but de favoriser une plus grande mise en marché des médias en presse écrite. « Les dépenses de mise en marché et de développement seraient couvertes. Le montant accordé serait de 75 % de l’ensemble des dépenses, mais remboursable par les entreprises du secteur si le projet dégage une rentabilité. Dans le cas où le projet ne le serait pas, la contribution serait convertie en subvention », peut-on lire.

La contribution devrait être approuvée par une agence désignée par le gouvernement comme, par exemple, la SODEC. Celle-ci ne pourrait dépasser un plafond de 500 000 $ sur cinq ans.

Troisième proposition : plan culturel numérique

Inévitablement, pour survivre aux intempéries de l’information, les médias écrits doivent se renouveler. Qui dit renouvellement dit numérique. « Notre proposition vise donc à inclure, pour les cinq prochaines années, un volet presse quotidienne au secteur médias pour soutenir l’innovation des sites de presse en ligne qui offrent des publications numériques quotidiennes d’information politique et générale. Car au-delà de son rôle d’information, la presse écrite est un bien culturel qui participe au développement et au rayonnement de l’identité et des valeurs québécoises. » Bien entendu, des critères stricts d’admissibilité seraient mis sur pied.

Conclusion

La FNC estime à 14 millions de dollars les dépenses fiscales liées aux trois propositions. Alors que la FNC souligne le fait que le citoyen a toujours été celui qui finançait l’information, celle-ci propose que ce soit l’État qui s’en occupe, du moins en ce qui concerne les propositions.

« Les chiffres sont impressionnants et les redevances que le Canada pourrait en retirer seraient d'une telle importance que l'on pourrait enfin financer nos entreprises de radiodiffusion tant publiques que privées de façon adéquate. »

C’est dans cette optique que la FNC se positionne et demande au gouvernement de se rallier à sa stratégie hybride qui inclurait les trois propositions ci-haut en tentant de sensibiliser la population.

Afin de consulter le document dans son intégralité, cliquez ici!


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