L’initiative de deux Sherbrookois de faire revivre le Centro

Par Alexia LeBlanc

Le réalisateur Jean-Sébastien Dutil et l’historien Jean-François Vachon ont produit ensemble une série documentaire, intitulée Mon Centro, qui se concentre sur divers aspects du centre-ville de Sherbrooke. En onde sur Bell Fibe TV1 depuis le 7 septembre dernier, les créateurs ont voulu faire redécouvrir plusieurs aspects de ce coin de notre belle région que certains oublient parfois.

Les centres-villes de plusieurs municipalités au Québec ont connu un déclin dans les années 1990 et 2000, mais, graduellement, il semble y avoir de plus en plus de projets qui souhaitent faire revivre ces endroits. Comme l’expliquent les deux réalisateurs, en discutant avec les commerçants du Centro, ils se sont rendu compte que plusieurs personnes avaient perdu l’intérêt de participer aux activités du centre-ville. Même que pour certains, cela fait des années qu’ils n’y ont pas mis les pieds. Un des objectifs de la série est donc qu’elle devienne un acteur ayant contribué à dynamiser ce coin de la ville.

Des jeunes hommes impliqués

Le Collectif s’est entretenu avec les deux jeunes hommes afin de déterminer, tout d’abord, pourquoi le centre-ville de Sherbrooke en particulier. Pour Jean-Sébastien, natif de Sherbrooke et résident du Centro depuis presque six ans, « ce n’est pas juste un endroit où aller manger ou prendre un café. Pour moi, c’est un endroit qui me fait penser à un petit village, même à une famille. Plus tu habites au centre-ville, plus tu commences à connaître les gens. Il s’agit donc de mettre en valeur où l’on vit. » Ce n’est pas non plus la première expérience de Jean-Sébastien dans la réalisation d’une série télé puisqu’il a, auparavant, développé une série sur la restauration végétalienne à Sherbrooke.

Jean-François, ancien copropriétaire du Café Singing Goat, s’était lancé il y a quelque temps dans un projet de création d’un livre de cuisine (un de ses premiers projets avec Jean-Sébastien) « qui mettait en valeur des personnes de la région impliquées dans différents domaines, comme l’écologie, par exemple ». De plus, il est l’auteur de quelques initiatives qui sont, elles aussi, en lien avec le centre-ville : « La rue Alexandre, par exemple, a eu pendant un certain temps une mauvaise réputation. J’avais donc décidé de rédiger des portraits de commerçants et je les publiais sur le site Web lecentro.co. » Présentement au doctorat en histoire à l’Université de Sherbrooke, il est aussi habitué de faire énormément de recherches, donc « Jean-Sébastien au vidéo et à la réalisation, et moi au contenu, cela fonctionnait très bien. »

Le café Kaapeh : là où tout a commencé

Le projet s’est formé il y a de cela un an. « Une de nos motivations était de communiquer ce que nous vivons quand on passe du temps au centre-ville : les rencontres qu’on y fait, les personnes attachantes qu’on y croise, les commerces qu’on y apprécie et les projets qu’on y voit se développer. C’est vraiment un bel univers, le Centro, on s’y sent chez soi. », comme l’explique Jean-Sébastien. C’est pourquoi ils ont décidé d’aborder plusieurs aspects du Centro qui sont soit oubliés, négligés où qui ont simplement changé au fil des années. Ils ont d’ailleurs réussi à mettre la main sur différentes images d’archives et des articles de journaux qui font rappeler l’existence de certains commerces qui étaient alors très populaires, comme Le Flamingo, le Moulin Rouge et le Luxor.

À quoi pouvons-nous nous attendre?

La série documentaire se divise en quelques thèmes. Les six épisodes de 20 minutes abordent, entre autres, la population du Centro, ses espaces de socialisation, ses restaurants, ses organismes communautaires, ses lieux de diffusion culturelle et son histoire.

Pour donner un avant-goût de chaque épisode, comme le décrivent les deux jeunes hommes, « l’épisode 1 parle du lieu. On présente la population du centre-ville, les types de commerces, les sous-quartiers, etc. On discute également des commerçants. On fait donc un portrait de certains commerçants actuels et un autre portrait qui présente un commerçant de 90 ans, qui revient dans le local où il a travaillé il y a de cela plusieurs années. Dans le deuxième épisode, on se concentre sur les lieux de socialisation, alors les cafés, les restaurants, des lieux aussi qui regroupent certaines communautés d’intérêt, comme les amateurs de danse ou d’escalade, même. Dans l’épisode 3, on se concentre sur l’aspect gastronomique de Sherbrooke, donc les restaurants, les bars, mais aussi certains festivals, comme Bouffe ton Centro. Ensuite, le quatrième épisode met en lumière des organismes communautaires de la ville. Ils sont parfois oubliés, malgré leur grande importance à Sherbrooke. L’épisode 5, quant à lui, discute des lieux culturels, comme le Granada ou la Maison du cinéma, mais nous donnons aussi une visibilité à certains artistes moins connus qui partagent leur art avec le centre-ville. Finalement, dans le dernier épisode, nous décrivons les grands projets du Centro, mais aussi des initiatives de la ville et les implications de certains citoyens. »

En résumé, la série documentaire présente de multiples facettes de cette région de Sherbrooke. Comme les réalisateurs l’ont précisé, la série n’a pas été conçue parce que le centre-ville « se porte mal », mais parce que certains de ses atouts sont parfois cachés dans l’ombre et les deux jeunes hommes avaient envie de montrer à tous le potentiel qu’il a réellement.

À qui s’adresse la série?

En fait, Mon Centro s’adresse à un public de tous âges. La réalisation sera intéressante tant pour un individu nouveau à Sherbrooke, que pour une personne établie dans ce coin depuis toujours, ou encore pour un résident qui n’y a pas mis pieds depuis longtemps. En bénéficiant de l’appui de nombreux bénévoles et partenaires, dont l’Association des gens d’affaires du centre-ville de Sherbrooke, Commerce Sherbrooke et Destination Sherbrooke, les deux entrepreneurs ont réalisé un projet qui mettra en lumière plusieurs éléments de notre belle région. D’ailleurs, la série documentaire sera diffusée pour une période de 5 ans.

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