L’occupation de l’espace public par le street art

Le « Street art », l’art urbain et l’art public, qu’ils soient sous forme de tags ou de graffitis, sont des formes d’expression artistique très souvent confondues par la population. Pourtant, il existe des différences marquées entre ces différentes formes d’expression.

Par Martine Dallaire

 

Des phénomènes différents

On relie habituellement l’art public à une commande découlant d’une institution publique ou privée, habituellement installée à l’intérieur ou à l’extérieur d’un espace à vocation publique, le plus souvent rattaché à la mission du lieu hôte. Il s’agit d’œuvres permanentes. Quant à l’art urbain, il découle à l’origine de la pratique du graffiti et remonte aux civilisations anciennes. Le graffiti a évolué au gré des époques. On le définit aujourd’hui comme étant une inscription ou un dessin satirique ou caricatural griffonné sur un mur, sur un monument public ou sur un quelconque véhicule permettant de faire voyager le graffiti. Si le graffiti fait partie de l’art de rue, aux yeux de certains, il est, pour d’autres, illégal et associé au vandalisme, et ce, même si certaines œuvres visuelles sont beaucoup plus élaborées dans l’espace public que le graffiti. Finalement, si vous ignorez ce qu’est le tag, il consiste à marquer son territoire par l’inscription du nom ou du surnom de l’adepte de ce mode d’expression pour le faire connaître et laisser la trace de son passage ou de son identité aux plus grands nombres d’endroits visibles. Les murs, les trains et les camions aussi, car ils se déplacent, sont les supports idéaux. La signature est stylisée et doit se faire rapidement puisque cette pratique est interdite. 

Le street art : un mouvement qui prend de l’ampleur, mais qui a un visage changeant

Le mouvement street art est considéré, par plusieurs, comme initiateur d’œuvres, bien qu’éphémères, souvent grandioses et très puissantes, véhiculant un message social ou politique. Si les créateurs ne tiennent pas à être reconnus, ils veulent toutefois rendre leurs messages visibles. On sait que les artistes du street art sont majoritairement des créateurs masculins, même si on retrouve tout de même dans ce groupe un faible pourcentage de femmes. De même, la génération actuelle étant moins marginalisée, cette dernière est supposément moins attirée par ce mouvement que la précédente.

Il y a une vingtaine d’années, les graffiteurs pratiquaient un art brut et illégal, exprimant leur identité et souhaitant faire voyager leur art. Or, cette forme d’art a changé, ainsi que les outils employés. Certains graffiteurs sont devenus muralistes, leur permettant de faire de leur art un gagne-pain. Cependant, la relève s’avère presque inexistante, puisque seuls de petits groupes de jeunes font du tag. L’avenir du street art, dans sa forme pure, n’est donc pas assuré, car il s’institutionnalise de plus en plus. En outre, il y a désormais un marché pour cette forme d’art devenant légal et gagnant en popularité, et qui sert même le domaine de la publicité. 

Une expression des valeurs de créateurs émergents

La valeur subversive du street art est très puissante et les motivations qui poussent les artistes à afficher leur art dans la rue sont des plus variées. Parfois par activisme, parfois pour signifier un mécontentement face à un fait de société, ou tout simplement pour passer un message percutant. Le street art s’avère donc la tribune de ces artistes contemporains, puisqu’il s’agit d’un médium de communication très puissant qui vise un large public et qui est facilement accessible et visible. 

En réaction aux bouleversements de société

Bien qu’on ait pu observer les graffitis au cours des dernières décennies, suite aux guerres ou aux soulèvements populaires par exemple, le mouvement a pris son véritable sens vers la fin des années 1970, en Europe. Reste à voir la place qu’il prendra au cours des prochaines années. 

 

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