L’origine des Québécois, plus qu’une simple histoire de patates

Par Maude Prévost

Il est à se demander, lorsqu’on est Québécois, où puisons-nous nos origines? La plupart diront que nous sommes Français. Venus au Québec bien des années auparavant pour avoir un espoir de survivre, ces Français ont peuplé le nouveau monde. En France, la vie était dure pour ces futurs Québécois.

Cette «quarantaine» finissait par les tuer, puisque l’île regorgeait de maladies, les unes plus mortelles que les autres.

  

Mais est-ce que c’est tout? Nous, étudiants universitaires, sommes capables de voir plus loin. Ce n’est pas seulement du sang français qui coule dans nos veines. Du sang anglais (ceux-là mêmes qui ont assujetti plus d’une civilisation), écossais, mais aussi du sang irlandais.

Mais, concernant ces émigrants, qu’est-ce qui les poussait à quitter leur mère patrie pour s’installer dans un Québec froid et inhospitalier? Des évènements marquants, que peu ont appris dans leurs cours d’histoire, a changé notre héritage. Si la crise de la famine, en Irlande, est considérée comme une des plus dévastatrices, son nom est peut-être à changer.

Et tout ça, à cause des Britanniques. Personne ne les blâme pour ce qui est arrivé (plus maintenant). Ils avaient le contrôle sur les Irlandais de cette époque, un peu comme les Anglais sur les Québécois après la signature du traité de Versailles. En Irlande, le problème n’était pas le manque de nourriture, mais bien les «taxes» récoltées par les Britanniques. Les Irlandais, qui n’étaient pas propriétaires de leurs terres, devaient payer un tribut aux Lords anglais. Comme peu possédait de l’argent, cette taxe était payée avec des produits provenant de leur culture. Cependant, après le paiement, les Irlandais étaient laissés sans argent ou nourriture.

Mais revenons sur ce qui s’est passé, plus exactement en 1846. Un parasite attaqua les cultures de pommes de terre. Résultat: près de la moitié de la cueillette a été contaminée. Il y avait deux fois moins de patates, mais la taxe restait la même. Alors que le peuple mourait de faim, la nourriture quittait le pays par bateau, vers l’Angleterre. Qu’est-ce qui restait à l’Irlande? Pas de la nourriture, même s’il y en avait de disponible, mais la possibilité de quitter le pays pour ceux qui pouvaient se le payer. Leurs destinations ont été variées, et le Québec en faisait partie. Pour ceux qui restaient, il y avait des solutions proposées par les Britanniques: de la nourriture gagnée grâce au travail. Ils subventionnaient des routes, des routes montagneuses laissées désertes et qui portent aujourd’hui le nom de «Famine Road» (les routes de la famine). Les cicatrices d’une période sombre sont désormais visibles, gravées dans les montagnes.

Revenons à ceux qui sont partis par bateau. Dans le langage local, les bateaux sont surnommés «coffin-ship», qui peut être traduit par «bateau-cercueil». Le nom demeure explicite, plusieurs ont souffert de maladies durant le transport, ce qui les mena à la mort. Ceux qui survécurent se rendirent à la Grosse Île.

La mort en attendait plusieurs, en fin de compte. Lorsqu’ils descendaient des bateaux, les Irlandais malades (ou ceux qui avaient l’air malade) étaient mis en quarantaine. Cette «quarantaine» finissait par les tuer, puisque l’île regorgeait de maladies, les unes plus mortelles que les autres. Pour ceux qui, finalement, s’en sortaient (presque) indemnes, ils pouvaient s’établir au Québec. Durant cette période, plusieurs orphelins ont été adoptés par des Québécois. Ils ont pu conserver leur nom et le transmettre à leurs descendants.

Donc, le peuple de Français qui est venu s’installer au Québec s’est transformé avec le temps. Ce multiculturalisme fait partie de notre terre, désormais. Nous ne sommes plus entièrement Français, nous avons été forgés avec les peines et misères de nos ancêtres qui vivaient dans de différents milieux.


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