Lorsque Tinder rencontre LinkedIn

Par Alexia LeBlanc

Alors que les applications de rencontre se multiplient et que de plus en plus de personnes les utilisent, certaines entreprises, depuis les dernières années, ont choisi de réinventer le concept et de créer des applications de réseau professionnel. À Sherbrooke, une agence de communication créative, l’agence Beauvoir, s’est inspirée de la tendance mais en y ajoutant sa touche personnelle.

Une fusion entre JBLP et Lubie

Pour ceux et celles qui ne seraient pas familiers avec l’agence Beauvoir, elle est une fusion entre le studio de production vidéo et multimédia JBLP et l’agence de communication Lubie. En affaires depuis dix ans maintenant, les deux entreprises ont réalisé de nombreux projets pour des clients nationaux et internationaux, et elles ont décidé de mettre en commun leurs expertises en décembre 2018. Aujourd’hui, l’entreprise se spécialise dans le développement de contenus pour les médias numériques, de la stratégie de marque, de la stratégie de contenu, de la conception UX/UI,  du développement Web, du design graphique et de la performance marketing numérique.

Le 14 février dernier, Beauvoir Agence Créative a décidé de profiter de la Saint-Valentin en allant visiter deux sites de rencontre populaires, soit Tinder et Bumble, non pas dans l’espoir de faire de sympathiques rencontres, mais à des fins de recrutement professionnel. L’agence qui embauche présentement vingt-cinq employés est à la recherche de nouveaux talents créatifs dans le domaine du développement Web, ou même des chargés de projet d’expérience.

Pourquoi les sites de rencontre?

Charles Dubé, concepteur-rédacteur chez Beauvoir, nous a expliqué qu’il s’agissait d’un concept qui avait pour but de recruter des gens célibataires spécifiquement. L’agence souhaitait « attirer des personnes créatives dans cette industrie à Sherbrooke, parce que ces personnes sont souvent à Montréal ou dans d’autres régions. » En effet, beaucoup d’étudiants sont de Montréal et des alentours, et, comme l’a dit Charles Dubé, l’entreprise a remarqué que des candidats intéressants avaient souvent des obligations de retourner dans leur coin de pays, souvent parce qu’ils étaient en couple. C’est donc pourquoi « on s’est dit [l’agence] qu’on allait recruter des célibataires et c’est pourquoi ces applications étaient intéressantes. »

Cinq volontaires se sont alors créés des profils sur ces sites, à l’image de Beauvoir. Chaque profil avait une description qui reflétait des valeurs de l’entreprise. Des descriptions comme « si tu aimes le plein air, les sessions de brainstorming enflammées, les horaires flexibles et les projets ambitieux, swipe right. » Lorsque les profils correspondaient, l’agence en profitait pour envoyer un message plus détaillé du concept, et les personnes intéressées pouvaient alors faire parvenir directement leur curriculum vitae.

Un coup de publicité astucieux

Il n’y avait pas nécessairement de tri des profils afin de déterminer qui aurait les capacités à travailler en agence. Comme l’a expliqué le concepteur-rédacteur, « nous savions que nous n’allions pas recruter toutes les candidatures sur Tinder, le but était surtout de faire parler de l’entreprise pour ensuite créer une vidéo qui ferait un buzz sur Internet ». Un coup de publicité ingénieux et qui a bien fonctionné, puisque quelques candidatures ont été retenues et des entrevues sont planifiées au cours des prochaines semaines.

D’ailleurs, les 20 et 21 février derniers avait lieu le Salon virtuel des métiers technologiques, organisé par Sherbrooke Innopole. La journée avait pour but de permettre aux entreprises du milieu de rejoindre des candidats potentiels à travers le monde, et l’agence sherbrookoise en a profité pour installer son propre kiosque virtuel. Plusieurs personnes qui contactaient l’entreprise venaient d’ailleurs qu’au Canada et l’initiative de recrutement peut être très rassurante pour quelqu’un qui prévoit venir travailler à Sherbrooke.  Beauvoir essaie donc de trouver différentes manières d’attirer de nouveaux employés, qui sont créatives et innovantes.

Un avenir prometteur pour les réseaux professionnels?

Si l’agence sherbrookoise a décidé de profiter des réseaux de rencontre le temps d’une journée, il existe des applications qui ont le même fonctionnement que Tinder ou Bumble, mais qui servent exclusivement au recrutement professionnel. C’est le cas d’une application qui a fait son entrée sur la scène québécoise il y a environ un an, mais dont plusieurs en ignorent l’existence. En effet, l’application de réseautage gratuite Shapr a une interface qui ressemble beaucoup à celle de Tinder et qui reprend le concept du « pouce qui glisse à gauche ou à droite ».

L’idée est simple, une personne qui est à la recherche d’un emploi peut télécharger l’application et se connecter à son profil LinkedIn. Elle doit alors configurer douze critères selon ses propres intérêts et selon ceux qu’elle aurait pour un futur employeur. À l’aide de ces algorithmes, l’application trouve entre dix et quinze profils par jour qui pourraient être intéressants. Lorsque les profils de l’usager et de l’employeur correspondent, ils peuvent s’écrire en privé et planifier une entrevue. Le processus est donc simple, rapide et pratique pour les personnes qui n’auraient pas le temps de fouiller dans les listes d’offres d’emploi.

Ces applications seraient-elles l’avenir du processus de recrutement professionnel? Puisqu’il s’agit d’un concept assez simple et qu’il est très rare de rencontrer quelqu’un qui n’a pas de téléphone portable, il ne serait pas étonnant de voir plusieurs entreprises embarquer dans le mouvement dans les prochaines années. D’ailleurs, Beauvoir Agence Créative n’est pas fermée à l’idée de se joindre à ces applications ou d’en créer une elle-même. Chose certaine, l’agence de communication est à la recherche de nouveaux talents qui sauront créer des projets astucieux et innovants et elle n’a assurément pas fini de nous surprendre.


Crédit Photo @ Shapr

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