La Louisiane : une culture vibrante au passé tumultueux

Par Andréa Tremblay

L’été dernier, j’ai eu la chance, avec trois autres étudiants du programme d’histoire de l’Université de Sherbrooke, d’aller en Louisiane pour un stage de deux semaines. Lors de notre séjour, nous avons été logés directement sur le site de la plantation Whitney et avons travaillé avec l’historien Ibrahima Seck à dépouiller les archives des paroisses avoisinantes et à retranscrire certains documents en format numérique après les avoir déchiffrés. Cela a été une superbe expérience qui nous a permis d’en apprendre beaucoup sur l’histoire de la Côte des Allemands.

L’expérience acquise durant ces quelques semaines ne s’arrête cependant pas là. Participer à un stage à l’étranger est une immersion culturelle en soi, que ce soit grâce aux détails qui nous apparaissent anodins comme le simple fait de devoir regarder où l’on marche (quelque chose que j’ai appris en manquant de peu un énorme nid de fourmis rouges), ou parce que l’on cherche à mieux comprendre la complexité d’une culture extrêmement dynamique née des siècles auparavant.

Les plus beaux souvenirs que je garde de mon voyage dans le sud des États-Unis proviennent en majorité des activités extérieures au cadre officiel de mon stage. J’ai été émerveillée par l’architecture du Quartier français de la Nouvelle-Orléans, où les couleurs les plus vives et les décorations les plus loufoques se mélangent pour former un tout abracadabrant. Je suis restée sans mots devant le bouillonnement de Jackson Square le samedi après-midi, où se côtoient des peintres nostalgiques des grandes années du jazz et des musiciens de rue pour qui cette belle époque n’a toujours pas pris fin. L’expression de la créativité se trouve à chaque coin de rue de ce quartier électrisant et le rend absolument magnifique.

Néanmoins, en m’éloignant des attractions populaires de la Nouvelle-Orléans et en étant logée dans une petite paroisse à l’écart des grandes villes, j’ai eu la chance de connaitre la culture plus intimement. J’ai pu côtoyer les gens qui vivent dans les environs et qui travaillent à la plantation Whitney. Je retiens d’eux qu’ils forment une communauté accueillante, généreuse et sympathique, prenant la peine de nous saluer même en plein milieu d’un tour guidé ou nous offrant un snowcone lors d’une journée chaude. Mes coéquipiers et moi avons également eu la chance de participer aux festivités de Juneteenth, une journée commémorant la fin de l’esclavage aux États-Unis. Lors de ces célébrations, j’ai pu mieux saisir l’envie de la population afro-américaine (beaucoup présente dans la région où nous étions) de se souvenir de son histoire dans toute sa cruauté, mais aussi de s’en guérir et de fêter sa culture unique et bien vivante.

Ce regard profond sur le passé et le présent de la Louisiane ainsi que sur les gens qui y vivent m’a complètement bouleversée et éveillée. Je reviens de ce voyage changée par la découverte d’une culture riche et passionnante, ce qui à mes yeux vaut beaucoup plus que les quelques crédits que représente le stage dans mon cursus universitaire.

À ceux et celles qui souhaitent soutenir les victimes de l’ouragan Harvey : La Croix rouge américaine redcross.org.


Crédit Photo © Abdréa Tremblay

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