L’UdeS obtient la première place au concours de conception en génie civil au Canada

Par Rachel Whalen

Du 13 au 15 juin dernier, à Fredericton au Nouveau-Brunswick, s’est tenue la 5e édition du Capstone Project, un concours national de conception en génie civil. Cette exposition rassemble les meilleurs projets de fin de baccalauréat des étudiants universitaires de génie civil partout à travers le pays. C’est finalement l’équipe formée d’Alice Boivert-Chapdelaine, Virginie Simard et Justine Sirois, trois diplômées en génie civil de l’Université de Sherbrooke, qui a remporté la première place au concours avec leur conception. Cette compétition de trois jours se déroule durant la conférence annuelle de la Société canadienne de génie civil (SCGC).

Pour leur projet de fin d’études, les trois ingénieures ont mis au point un gabarit de fabrication de jardins intelligents pour les Amis du bassin versant du lac Waterloo (ABVLW), un organisme sans but lucratif  (OBNL) situé dans les Cantons-de-l’Est. Ce modèle de jardins intelligents a pour but de ralentir le ruissellement urbain et de traiter les eaux de pluie pour réduire l’eutrophisation du lac Waterloo. « Plusieurs surfaces imperméables telles que les toits, les routes et les stationnements façonnent le paysage urbain. Par temps pluvieux, ces aires ne peuvent contenir toute l’eau de la pluie qui ruisselle à très grande vitesse vers les égouts ou directement vers le lac Waterloo. Plusieurs contaminants s’y déversent comme le phosphore, ce qui contribue significativement à l’eutrophisation de ce milieu humide », comme le résume un article publié par l’Université de Sherbrooke.

Le projet consiste donc en un gabarit de jardins facile à reproduire par les citoyens du secteur du lac Waterloo. Ces espaces de rétention d’eau sont constitués d’une succession de couches de sols (du sol plus fin au sol plus grossier) qui servent à filtrer l’eau de ruissellement. En profondeur, on retrouve une couche de copeaux de bois servant à récupérer les sédiments plus grossiers, puis, en surface, des végétaux traitent le phosphore dissous dans cette eau contaminée. Il s’agit donc d’une aire de biorétention qui traite l’eau de ruissellement chargé en nutriments pour les plantes en surface et libère une eau propice au ralentissement de l’eutrophisation du lac. L’équipe d’ingénieures a dû évaluer les différents types de sols ainsi que les impacts sociaux et environnementaux qu’aurait un tel projet pour la région. Les ABVLW ont décidé de mettre de l’avant ce projet de jardin intelligent dans la prochaine année. Le président de cette association, Louis Benn ajoute que « en tant qu’organisme et suite au dépôt de leur rapport, nous avons décidé de mettre de l’avant le projet de jardin intelligent. Nous allons proposer des projets concrets aux municipalités impliquées, afin de mettre en place rapidement ces excellentes recommandations. »

Un projet atypique

Ce projet inhabituel en génie civil a remporté la mention Coup de cœur à l’exposition MégaGÉNIALE 2017, présenté au Centre Culturel de l’Université de Sherbrooke. Cette mention a permis à l’équipe de participer au Capstone Project et d’ainsi représenter leur université à l’échelle nationale. Selon Alice Boivert-Chapdelaine, « c’était vraiment une belle surprise, puisque nous avions un projet vraiment atypique. Tout le monde avait des projets plutôt courants de génie civil comme des ponts ou des modèles de bâtiments, mais, nous, nous avions des jardins intelligents. Alors nous étions vraiment contentes que notre projet, plus environnemental et que nous trouvons intéressant, soit sélectionné. Celui-ci représente bien nos valeurs [plus écologiques]. Mais une fois rendues à la compétition, on ne s’attendait vraiment pas à remporter des prix! » Rappelons ici qu’un seul projet intégrateur par université peut être présenté et que ce concours a ressemblé un total de 17 équipes de différentes universités canadiennes. Aussi, il est plus rare de voir un projet de fin d’études dédié à aider un OBNL, soutient Alice.

Un concept ayant des impacts concrets

Les trois diplômées ont dû déployer plus de 1000 heures de travail pour finaliser leur projet. Celui-ci aura des impacts concrets sur l’apport de sédiments et de phosphore dans le lac, comme l’a soutenu le président des ABVLW : « ces aires de biorétention nous permettront d’attaquer le problème à la source, puisque plus de 50 % des apports en phosphore de notre lac proviennent des surfaces urbanisées. »


Crédit Photo @ Ville de Waterloo

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