L’UdeS est une des seules universités au Québec à offrir des cours en présentiel cet automne avec la pandémie de COVID-19. 
Crédit: Simon RD

Intégrations virtuelles, cours hybrides ou en ligne, campus éclaté et mesures sanitaires ont façonné la rentrée scolaire universitaire2020. Adaptation et créativité sont évidemment au rendez-vous depuis plusieurs mois, mais malgré les contraintes liées à la pandémiele personnel de l’Université de Sherbrooke (UdeS) ainsi que la communauté étudiante sont somme toute satisfaits de leurs deux premières semaines d’école en mode COVID-19 

Par Mireille Vachon 

 «L’Université a vraiment bien géré la situation parce que si on prend l’exemple des autres universités, la plupart des cours sont en ligne, alors qu’ici, plusieurs se déroulent sur place», affirme Juliette, étudiante de 2e  année en politique appliquée, profil relations internationales. 

En effet, outre l’UdeSseulement deux universités au Québec ont décidé d’offrir des cours en présentiel pour l’automne 2020soit l’Université Bishop’s et l’École de technologie supérieure (ÉTS) de Montréal, qui sont de petites institutions d’enseignement, indique M.Jacques Girard, directeur de la division de la sécurité et de la prévention et coordonnateur des mesures d’urgence.  

«C’est vraiment bien, on peut voir du monde, jaser avec les gens, et on n’est pas juste chez soi sur un ordinateur», poursuit Juliette.  

Audrey-Anne Toulgoatétudiante de 2e année en communication appliquée qui a commencé un stage au Service des stages et du développement professionnel mardi dernier, partage le même point de vue. «J’aime aussi qu’il y ait des activités pour pallier le fait que ce n’est pas une rentrée ordinaire», notet-elle, en faisant référence notamment aux spectacles et au marché public.  

Son ami Pier-Antoine Brochu, stagiaire en communication pour l’École de politique, est convaincu que ce sera une belle session, «à condition que les gens respectent les mesures et qu’on ne retourne pas à la maison.» 

Le personnel enseignant est également très content d’enseigner en présentiel. «J’étais très contente de voir les étudiants, c’est difficile quand même de ne pas se promener dans la classe, mais je sentais qu’ils étaient contents d’être là», souligne Amélie-Hélène Rheault, chargée de cours en linguistique. Elle ajoute que la charge de travail est toutefois énorme. «C’est de nous demander de réinventer la façon de donner notre matière, donc tout ce que j’avais déjà fait ne pouvait pas être fait de la même façon.» 

Appel à la collaboration 

Pour que toute la session se déroule en présentiel et sans bouleversement majeur, Jacques Girard fait appel à la collaboration des étudiantes et étudiants et du personnel enseignant, mais aussi à celle de toute la communauté sherbrookoise.  

«On a mis des règles en place, car on était obligé de le faire, mais surtout parce quon trouvait important de faire vivre une expérience étudiante», énonce-t-il.  

«Je sais que le goût de faire des partys est présent, mais présentement, ce n’est pas une bonne idée. On demande de la patience, de la collaboration, et on va essayer de tout faire pour remettre ça en place. L’enjeu est là : si tout le monde met la main à la pâte pour le même objectif, on va passer à travers», poursuit le directeur.  

À son avis, la rentrée se passe très bien, même s’il remarque un certain relâchement à l’extérieur deétablissements. «À l’intérieur, c’est plus formel et les gens semblent plus sérieux, mais quand ils passent la porte, les couvre-visages s’enlèvent et les rapprochements se font», constate M.Girard.  

Des membres de l’escouade étudiante sont donc présents sur le campus pour rappeler aux gens de suivre les consignes. Les intéressés peuvent d’ailleurs contacter leur directeur de faculté pour joindre les rangs de l’escouade et contribuer à faire la différence. 

Qu’en est-il des stages? 

Ce n’est pas sans fierté que Denis Castilloux, directeur de la section de laccompagnement du Service des stages et du développement professionnel (SSDP), annonce que le taux de placement des stages de l’automne s’élève à 94 %, alors que la moyenne nationale au Canada est de 58 %. «On peut vraiment dire qu’on se situe dans le top des universités canadiennes», affirme-t-il.  

Bien sûr, les apprenants et apprenantes dans les domaines comme la kinésiologie et l’environnement ont eu plus de difficultés à trouver un stage que ceux en informatique ou en communication, par exemple, mais au final, chaque domaine d’études s’en est bien tiré.  

Pour les stages de l’hiver, le SSDP encourage les démarches personnelles ou les retours dans un ancien milieu de stage, mais il vise certainement un aussi bon taux de placement.  

M.Castilloux recommande à la communauté étudiante en cheminement coopératide «garder l’esprit ouvert» et de «saisir les opportunités», même s’il est possible de ne pas avoir son stage de rêve. 

LSSDP n’a pas vécu un début de session si différent. Comme le mentionne M.Castillouxle plus difficile a été lorsque les étudiants et étudiantes se sont mis à perdre leurs stages dété un après l’autre au début de la pandémie en avril.  

«En plus, tout le monde du SSDP a dû s’en aller à la maison, donc on a dû apprendre à vitesse grand V à utiliser Teams et être efficace en télétravail. Il a fallu qu’on se revire sur un 10 cents, comme on dit», avoue M.Castilloux, ajoutant que le début de la session automnale, c’est un peu comme un copié-collé de la session passée.  

Et la vie étudiante? 

«De ce que j’ai vu, ça été une belle rentrée!» exprime Luc Sauvédirecteur général des Services à la vie étudiante (SVE), qui a passé la première semaine aux Journées de la rentrée, qui se sont déroulées sur cinq jours cette année au lieu d’une et demie (plus une pour les étudiants internationaux).   

La formule prolongée sera probablement conservée, mais sur un peu moins de cinq jours.  

«J’ai vu des étudiants heureux d’être sur le campus, de se retrouver les uns les autres, de pouvoir partager autrement qu’avec un écran. J’ai vu des gens généralement très à leur affaire, qui respectent les consignes sanitaires et qui ont le goût d’en profiter de la bonne façon», poursuit M.Sauvé.  

Notons que les SVE offrent plusieurs services, que ce soit la psychologie et l’orientation, l’aide financière ou encore le soutien à l’engagement étudiant.  

Le directeur tient à rappeler que même si les services fonctionnent différemment cette session, ils sont là et ils sont disponibles.  

«J’encourage les regroupements étudiants à se mettre en action pour qu’il y ait de la vie et que leétudiants profitent de leur trimestre. Être étudiant, ce n’est pas juste des cours et des examens, c’est aussi d’être sur le campus et de s’impliquer», termine M.Sauvé.  

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