L’Université de Sherbrooke à la rescousse de l’hirondelle des champs

Par Matine Dallaire

Depuis plus de 35 ans, les populations d'hirondelles ont chuté partout au Canada. La diminution du nombre d’individus composant l’espèce a surtout affecté les oiseaux des champs, dont le déclin fut particulièrement frappant avec une diminution de plus de 60 % de ceux-ci. L'intensification de l'agriculture ainsi que les nouvelles méthodes agricoles seraient en cause. Il est cependant possible pour les agriculteurs d’inverser la situation en changeant quelques pratiques agraires.

L’utilisation de certains matériaux de construction comme le polychlorure de vinyle, mieux connu sous le nom de PVC, ainsi que l’aluminium dans la conception des nouveaux bâtiments, fait en sorte que les hirondelles des champs ne sont plus en mesure d’y fixer la boue avec laquelle elles fabriquent leurs nids. La perte de leur habitat naturel a donc une incidence sur le taux de reproduction de l’espèce. Outre la perte d’habitat, la population d’hirondelles des champs doit composer avec une diminution notable de stocks de nourriture, en raison de l’utilisation massive d’insecticides dans les cultures. En effet, 80 % des pâturages dans lesquels l’hirondelle rustique pouvait s’alimenter ont disparu depuis les années 1950. De même, la récolte et le fauchage de foin détruiraient plusieurs millions de nids annuellement, en plus de tuer près de 500 000 oiseaux adultes. La population femelle est la plus touchée, car en plus de perdre plus d’individus que la population mâle, elle perdrait également davantage en masse corporelle, ce qui affecterait la capacité de reproduction des oiseaux.

Les hirondelles, des aidantes pour les cultures

Les cultivateurs gagneraient au change en tentant d’attirer les hirondelles rustiques puisque les oiseaux ont besoin de grandes quantités de protéine en période d’élevage. Ceci fait en sorte que les volatiles consomment davantage d’insectes nuisibles aux cultures. La réduction de l’utilisation de pesticides à grande échelle ou le recours à des produits moins dommageables pourraient faire partie de la solution, mais accommoder les hirondelles en leur fournissant un habitat approprié s’avérerait plus rapide et moins coûteux.

Des fermes estriennes et montérégiennes parmi les volontaires

Plusieurs fermes de l’Estrie et de la Montérégie ont été mises à contribution dans le cadre d’un projet de recherche mené par l’Université de Sherbrooke. Ce dernier consistait en l’aménagement d’habitat pour les hirondelles des champs. Les fermiers ont été amenés à installer quantité de nichoirs sur leurs terres dans le but d’attirer les hirondelles rustiques. Ainsi, grâce à une structure de nidification en bois imitant l’intérieur d’un vieux bâtiment agricole, on arrive à reproduire le lieu de prédilection des hirondelles rustiques. Il faut toutefois patienter environ cinq ans avant qu’elles s’installent dans une structure de nidification, compte tenu du fait que l’architecture d’une structure est forte différente de celle d’une grange. Certains exploitants agricoles ont de plus mis en place des mesures supplémentaires destinées à attirer d’autres espèces comme la chauve-souris, une espèce qui est également en fort déclin. D’autres exploitants de fermes ont aussi, de leur propre chef, installé des espaces fleuris pour les insectes et les pollinisateurs afin d’attirer de la nourriture potentielle pour les hirondelles.

Une aide de bailleurs de fonds

Différents organismes ont fourni le financement nécessaire aux fermes participantes pour les aider à aménager les lieux différemment et à acquérir l’équipement requis pour mener le projet à terme.


Crédit Photo @ La Terre de Chez Nous

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