L’Université de Sherbrooke : un modèle en développement durable depuis 7 ans

Par Ariane Lacerte

Le plus récent UI GreenMetric World University Rankings classe l’Université de Sherbrooke au 22e rang mondial en matière de développement durable. Ce rang classe donc l’Université comme grande championne parmi les universités canadiennes. Pour l’occasion, Le Collectif s’est entretenu avec Maude Sirois, coordonnatrice du Campus durable.

L’Université de Sherbrooke a obtenu 7 750 points sur une possibilité de 10 000. Ce sont 719 universités de 81 pays différents qui se sont comparés sur le développement durable de leur campus ainsi que sur leur administration des enjeux environnementaux. L’UdeS s’est majoritairement distinguée sur le plan de la gestion de l’énergie et des changements climatiques. D’ailleurs, l’UdeS s’est classée au 12e au rang mondial dans cette catégorie. La deuxième meilleure université canadienne est l’Université Carleton à Ottawa, qui a obtenu 7 550 points : elle rejoint donc le 33e rang mondial. Depuis 1974, l’Université de Sherbrooke se démarque en matière environnementale. Le développement de sa maîtrise en environnement et ses objectifs concernant l’atteinte de la carboneutralité d’ici 2030 la tiennent en tête de plusieurs classements.

Les partenaires importants de l’UdeS

Selon Maude Sirois, le point qui permet à l’Université de Sherbrooke de se démarquer est la qualité de ses partenariats. Le projet de parc solaire est notamment le produit de nombreux partenariats incluant la ville de Sherbrooke ainsi que Rackam, une entreprise locale. Un projet n’est aussi fort que la vague qu’il est en mesure de créer dans son milieu. Les impacts les plus pertinents sont ceux qui ont accumulé le plus d’énergie et une communauté qui frappe plus fort qu’un individu. Bref, c’est en favorisant l’acquisition de liens solides que l’Université peut mener à bien des projets d’envergure tels que la carboneutralité d’ici 2030. Il y a également à l’Université une équipe d’ingénieurs qui s’occupe de la gestion de l’énergie de bâtiments. Le groupe BIUS, bâtiment intelligent de l’Université de Sherbrooke, a pour objectif de concevoir et d’optimiser des bâtiments intelligents dans le but de poursuivre la course à l’innovation. Le BIUS veut aussi permettre aux étudiants de réaliser des projets techniques innovants en optimisant l’efficacité énergétique et en développant l’aspect domotique pour concevoir les bâtiments de demain.

Des nombreux projets verts

L’initiative Frigo Free Go est mon coup de cœur, mentionne Maude Sirois. Elle permet notamment de réduire le gaspillage alimentaire tout en favorisant une économie coopérative. Avec présentement deux réfrigérateurs à travers la ville et bientôt un troisième sur le Campus de la santé, des quantités notables de produits alimentaires sont conservées et redistribuées lorsqu’elles ne peuvent plus être vendues. Selon Recyc-Québec, environ 58% de la nourriture produite est gaspillée, de l’extraction de la ressource jusqu’à l’assiette. De plus, l’initiative permet d’alléger le fardeau financier pour certains étudiants en réduisant la part qu’ils doivent mettre dans leur épicerie s’ils sont en mesure d’avoir accès à ces aliments récupérés des marchés Végétarien.

De nombreux projets écoresponsables vont voir le jour d’ici les prochains mois. Il y a notamment La Tasse, un système de dépôts pour les tasses à café en processus de mise en place à l’échelle de l’université, mais aussi à l’échelle de la ville afin de réduire la consommation de gobelets de papier et de couvercles de plastique. Le projet RÉGime est un système de remise en marché de livres scolaires usagés, en partenariat avec la COOP, pour réduire l’utilisation de papier. Génie Vert développe aussi un projet de serre pour le campus. Il y a aussi le Campus nourricier, un projet favorisant l’autonomie alimentaire à l’université, ce qui réduit le transport des ressources alimentaires (grand émetteur de GES). Tous ces projets viennent donc confirmer l’importance que les étudiants de l’UdeS accordent au développement durable!

Sur une base plus régulière, l’Université de Sherbrooke se démarque dans le milieu de l’environnement par plusieurs projets et financements. L’UdeS parraine notamment les Fonds d’appui aux projets de développement durable (FCIDD) via l’accompagnement de projets. L’établissement d’enseignement s’est aussi allié avec l’Accélérateur entrepreneurial Desjardins afin d’aider à bâtir des projets et de favoriser la relève de ces mêmes projets. La compostière, présente un peu partout sur le campus, permet de réduire l’enfouissement de déchets produits par la communauté étudiante. La passe d’autobus qui favorise l’utilisation de transports en commun pour se rendre à l’université permet également de réduire les émissions de GES

Un projet du plus grand parc d’énergie solaire pour la recherche et l’innovation au Québec

Les impacts les plus significatifs du parc concerneront l’innovation et l’acquisition de connaissances, mentionne Maude. Il est bien connu que l’énergie solaire est une énergie renouvelable. De ce fait, elle est considérée comme une des meilleures ressources énergétiques. En comparaison avec l’énergie hydroélectrique, qui est tout de même une énergie propre, mais qui nécessite la création de barrages et perturbe par le fait même le réseau hydrographique, l’exploitation de l’énergie solaire ne peut qu’être bénéfique. Cependant, il existe toujours des lacunes en ce qui a trait à la consistance de l’apport en énergie, à l’extraction des ressources métalliques nécessaires à la construction des panneaux ainsi qu’à la durée de vie de ces derniers. L’acquisition de connaissances afin d’améliorer la performance des panneaux, d’allonger leur durée de vie et ainsi réduire la pression sur les ressources serait donc l’impact le plus significatif selon moi. Le projet est toujours en développement et plus de détails devraient être mentionnés par les organisateurs dans les prochains mois.

Le Campus durable : un autre projet qui favorise le développement durable

Avec son implication au sein du Campus durable, Maude Sirois a pu en apprendre énormément sur le développement durable et sur les différentes initiatives de l’Université. Le rôle de Campus durable est de créer des liens entre les projets et le vice-rectorat de l’Université.

C’est donc ainsi que j’ai pu être témoin de l’implication et de la versatilité de certains étudiants dans les causes environnementales et sociales, et ce, notamment à travers les facultés, les comités mais aussi le mouvement La planète s’invite à l’université qui s’est formé cette session-ci. Pour ma part, j’essaie de faire mon possible pour appuyer les projets en développement durable, mais il s’agit en réalité d’un travail d’arrière-plan consistant à chercher les bonnes personnes vers qui re-diriger les instigateurs de projet.


Crédit Photo @ Michel Caron

Partager cette publication

Laisser une réponse