Lydia Képinski à La Petite BoÎte Noire

Par Jean-Christophe Morin

Vendredi le 20 avril dernier se produisait Lydia Képinski à la Petite Boîte Noire dans le cadre de la programmation Arrière cours de l’Université de Sherbrooke. La gagnante de l’édition 2017 des Francouvertes nous a fait le plaisir de nous donner accès à son univers dans une ambiance intime et conviviale. Un sens du groove assumé, une plume hors du commun et une énergie sans pareil : l’artiste a livré une performance remarquable.

Une notoriété toute récente

Lydia Képinski s’est fait remarquer récemment dans le cadre de l’édition 2017 des Francouvertes. Le concours étant une véritable vitrine pour les artistes francophones émergents au Québec, l’occasion était idéale pour Képinski de tenter d’exposer son art au grand jour. Son style assurément unique lui vaudra la première place.

En entrevue, l’artiste confie qu’on l’a longtemps encouragé à se concentrer sur l’écriture des paroles plutôt que d’essayer de les chanter. La révélation est surprenante compte tenu du fait que l’âme et le caractère qui transparait dans son chant lui confère un style excentrique et unique.

Danser en pleurant

Dès la première pièce, une atmosphère envoûtante s’est installée. On remarquait les musiciens hors pair desquels Képinski s’est entourée. D’ailleurs, l’ambiance minimaliste exaltante des Routes Indolores, pièce qui ouvrait le spectacle, leur était tout à fait due. La joyeuse bande ne tarde pas à faire danser la salle par la suite avec des pièces joignant racines pop à la sauce secrète de l’artiste franco-polonaise.

Avec un répertoire relativement petit pour le moment, Képinski est tout de même parvenue à installer des ambiances contrastantes les unes avec les autres. Si l’on s’étonnait de devenir sentimentaux avec des pièces telles que Pie-IX et Les balançoires, l’artiste ne prenait que quelques instants pour refaire danser la salle avec sa fougue, son énergie et ses rythmes entraînants.

Un genre d’intimité s’est installée au fil du spectacle. Avant de débuter ses chansons, Képinski faisait part des petites tranches de vie derrière leur existence. La pièce 360 jours est d’autant plus intéressante lorsqu’on comprend qu’elle s’inspire d’une relation passée avec un mineur, et attendre patiemment ses 18 ans pour éviter les potentiels conflits légaux. Ces petits intermèdes permettaient d’en connaître un peu plus sur l’artiste sur un plan personnel, certes, mais également de mieux cerner les pièces sur un plan émotionnel.

L’Arrière cours a assurément frappé un bon coup en invitant l’artiste émergente à se produire à la Petite Boîte Noire. La bière était bonne, la salle était pleine, l’ambiance était chaleureuse et l’artiste s’est ouverte aux spectateurs; elle ne s’est pas contentée d’enchaîner ses pièces une après l’autre pour obtenir la paie et s’en aller. En bref, tous les éléments étaient réunis pour faire de ce 20 avril une soirée mémorable.


Crédit Photo @ Ben Meir Ohayon

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