Par Sarah Gendreau Simoneau 

Le plongeon de haut vol est une discipline spectaculaire et dangereuse. Malheureusement, ce sport extrême reste encore méconnu de plusieurs. Lysanne Richardune pionnière au Canada, ouvre la voie aux femmes dans ce domaine. Le Collectif s’est entretenu avec elle pour savoir ce qui l’a menée à aimer ce sport et ce qui la pousse à relever de nouveaux défis. 

Il est important de clarifier que le plongeon de haut vol consiste à sauter d’une hauteur de 20mètres minimum. C’est un sport extrême en raison de la rapidité à laquelle les plongeurs percutent l’eau; ils peuvent atteindre 80km/h dans leur descente. Le risque de blessures est donc élevé. «On a très peu de marge d’erreur. Parfois, on dépasse la verticale ou on ne l’atteint pas et, même si c’est juste un petit peu, ça peut créer des blessures vu la vitesse à laquelle on va.»  

Contrairement aux plongeons habituels, comme le haut vol est en haute altitude et que la vitesse est élevée, il est important de «toujours fendre l’eau avec ses pieds, sinon le risque de blessures à la tête ou au haut du corps est beaucoup trop élevé. On effectue une sorte de demi-roue dans les airs pour que ce soient les pieds qui touchent l’eau en premier. Ça prend de la technique acrobatique de plongeon et ça prend aussi la compréhension de la technique acrobatique de trampoline; c’est un peu la combinaison de deux sports», raconte la plongeuse.  

Parcours d’une passionnée 

Déjà toute jeuneLysanne Richard avait une fascination pour le plongeon de haut vol. Petite, n’ayant plus de place à l’inscription de cours de natation, ses parents l’inscrivent à des cours de plongeon. «J’ai vraiment aimé ça le plongeon, même si au début je n’étais pas encore tout à fait à l’aise de nager. Je nageais encore en petit chien pour sortir de l’eau! Il y avait comme un décalage entre mon confort dans les airs versus dans l’eau.»  

Quelques années plus tard, c’est elle-même qui insiste auprès de ses parents pour aller étudier à Québec en sportétude plongeon au secondaire. Venant d’Alma, ils trouvent une famille chez qui elle peut être hébergée pendant ces trois années d’entraînements et de compétitions. Lysanne se rappelle aussi avoir vu un spectacle de plongeon de haut vol au Village Vacances Valcartier : «Quand j’ai vu ça, j’ai tout de suite su que j’allais faire ça! Ça a comme été un élément déclencheur dans mon histoire».

Crédit photo : Mathieu Tranchida

Elle retourne au Saguenay en secondaire quatreLysanne se passionne alors pour l’improvisation et les spectacles à l’école, ce qui développe son intérêt pour le cirque. Elle étudie ensuite à l’école nationale de cirque et travaille pour les prestigieux Cirque du Soleil et Cirque Éloize, pour ne nommer que ceux-là 

Entre ses contrats de cirque, elle participe tout de même à quelques spectacles de plongeon, «mais ce n’était pas une vraie job si on compare ça à travailler pour le Cirque du Soleil, par exemple»rappelle Lysanne. Elle apprend à faire du haut vol en spectacle, mais «ce n’est vraiment pas pareil ce qu’on fait en spectacle et en compétition».  

Compétition versus dépassement de soi 

Le sport du plongeon de haut vol se développe davantage au début des années2010 pour ensuite devenir un sport de la Fédération internationale de natation (FINA) en 2013. C’est donc dire que c’est une discipline récente et c’est pourquoi ce n’est toujours pas un sport olympique.  

« Très peu de femmes sur la planète pratiquaient le haut vol au début. J’ai commencé les compétitions en 2015. J’avais de la misère, je suis arrivée dernière aux deux premières compétitions. J’ai continué à travailler fort par la suite et rapidement, j’ai eu des résultats positifs! Je voyais que ça valait la peine de se dévouer pour ce sport-là », explique-t-elle. Elle est certainement un modèle pour les femmes dans ce domaine, car elle laisse sa marque sur son passage 

Maintenant, Lysanne Richard a envie de se consacrer davantage à des projets personnels de dépassement de soi comme ce qu’elle a réalisé le 13mars dernier. Elle a plongé alors d’une plateforme située à 22mètres au-dessus d’un lac en Beauce où l’eau était à 3° Celsius. L’organisation a, au préalable, creusé un trou assez grand dans la glace en enlevant de gros blocs pour qu’elle puisse sauter de façon sécuritaire à l’eauC’est plus satisfaisant pour elle de relever comme ça, en nature, plutôt que participer à des compétitions.  

D’ailleurs, un court-métrage sur l’évènement prendra l’affiche ce printemps. L’athlète et artiste a très hâte de partager ça : «Ça va être magnifique les images qui y seront présentées. Je partagerai la date exacte et les informations sur mes réseaux sociaux quand je saurai tout ça!» 

Prochainement, je plongerai d’une montgolfière! Le message que je veux passer, c’est un message de dépassement de soi. Je me sens plus à l’aise à travers ce message-là, je suis bien plus une artiste qu’une athlète. Je veux montrer à mes enfants que la valeur de la compétition c’est moins important que la valeur de l’accomplissement personnel. Quand tu te mets à penser créativité, il n’y en a pas de limites— Lysanne Richard 

Pendant longtemps, l’objectif de la plongeuse résidait dans la participation aux Olympiquesadvenant une entrée du plongeon de haut vol comme discipline«Tout athlète rêverait de participer aux Jeux olympiques, mais mes objectifs changent. Si ça se rend aux JO, je serai impliquée d’une quelconque façon si ce n’est pas comme athlète, peut-être comme analyste… ça va dépendre c’est quand!» 

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Crédit photo @ Dean Treml – Redbull

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