Sans maison pendant cinq jours

Par Émilie Lalonde

Du 12 au 17 mars, sept personnes courageuses ont réalisé le défi 5 jours pour l’itinérance à l’Université de Sherbrooke. Elles ont vécu l’immersion complète : elles ont quêté pour se nourrir et se sont munies de sacs de couchage résistants pour survivre aux nuits froides. Retour sur cette expérience qui est malheureusement vécue quotidiennement par bon nombre de gens.

L’idée originale

La première édition du défi 5 Days for the Homeless a eu lieu en 2005. Voyant le nombre d’itinérants et d’itinérantes augmenter sans cesse, un groupe étudiant de l’Université de l’Alberta a voulu mettre un frein à cette situation. Les membres de ce groupe ont donc passé cinq jours à l’extérieur, sans cellulaire et sans moyen de communication, pour sensibiliser la communauté étudiante. Ils avaient droit uniquement à un sac de couchage et à un oreiller. De plus, leur nourriture devait provenir de dons. Ils pouvaient se servir de salles de bain seulement durant les heures d’ouverture de leur établissement scolaire. L’événement a été un réel succès et c’est ainsi qu’il a pris de plus en plus d’ampleur chaque année. Dorénavant, plus d’une vingtaine d’universités canadiennes organisent leur propre défi et amassent des fonds pour les organismes de leur choix.

Les imprévus

Cette année, l’Université de Sherbrooke en était à sa huitième participation et celle-ci a été bien spéciale, puisqu’elle a été ponctuée d’une impressionnante tempête. En effet, dans la nuit du 14 mars, une soixantaine de centimètres de neige sont tombés en Estrie. Les participants et participantes ont tout de même tenu à dormir dehors, puisque les personnes itinérantes n’ont pas le luxe de choisir le moment idéal. Frédérik Caron, l’un des sept membres du comité organisateur, a d’ailleurs confié à l’équipe du Collectif que les étudiantes et étudiants étaient gênés par toutes les félicitations reçues. Pour eux, c’était tout naturel. À vrai dire, il ne s’agissait même pas de leur pire nuit! La neige n’était pas un réel problème, puisque, là où le groupe dormait, tout près de la Faculté de droit, se trouvait un petit toit permettant d’éviter les trop grosses accumulations sur les sacs de couchage. De plus, la température était plutôt agréable. C’est la première nuit qui a vraiment été la pire. Le thermomètre affichait -28 degrés Celsius. L’entrée du groupe dans le milieu de l’itinérance a été radicale.

L’impact

Frédérik mentionnait qu’il y avait eu moins de dons cette année que les années précédentes, mais il ne semblait pas trop déçu. Il faut savoir que la tempête a forcé l’annulation d’un match d’improvisation de la LUIS auquel les participants et participantes devaient assister. De plus, il n’y a pas eu foule lors du spectacle-bénéfice, puisque plusieurs étaient craintifs de prendre la route. Par contre, l’organisateur et ancien participant a expliqué que la couverture médiatique avait été incroyable cette année. Le défi 5 jours pour l’itinérance a deux missions : sensibiliser et amasser des dons. Selon lui, la première a très bien été remplie!

La prochaine édition

Si vous désirez participer l’an prochain, sachez que les journées se déroulent dans la troisième semaine de mars, beau temps comme mauvais! Sachez aussi que ce défi vous demandera beaucoup d’humilité, puisqu’être itinérant, c’est affronter chaque jour le regard des autres et c’est également essuyer plusieurs refus.


Crédit photo © Frédérik Caron

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