Avoir le « mal de la fac »

Par Sofie Lafrance

Je présume que mon parcours scolaire est bien particulier; j’ai foncé aveuglément dans les études supérieures sans jamais prendre de pause ou de recul pour me demander si j’étais à la bonne place. Un DEC préuniversitaire en sciences humaines internationales, suivi d’un baccalauréat en politiques appliquées et BAM! Je me suis retrouvée avec un bac en poche à l’âge de 21 ans et maintenant, je sens le doute et l’amertume s’emparer de moi.

J’entame un certificat en ressources humaines cet automne, ce qui signifie que je délaisse ma Fac adorée, celles des lettres et des sciences humaines (FLSH), pour celle d’administration. On me demande : « T’étudies en quoi? », « Tu fais quoi maintenant? », « T’es rendue à la maîtrise? ». Et chaque fois, dans mon élan pour affirmer avec fierté que je suis en politique et attendre une réaction inappropriée de mon interlocuteur, je dois me raviser… « Je fais un certificat en administration… » Pas que je n’aime pas cette nouvelle Faculté, mais c’est comme quitter sa petite maison d’enfance pour une plus grande.

C’est en ce mois de septembre que je prends conscience que la FLSH était là bien avant moi, et qu’elle le sera bien après. C’est d’ailleurs ce qui la rend si belle et attachante. Elle ne laisse personne de glace et provoque un sentiment d’appartenance indéniable pour toutes les personnes qui y mettent les pieds. Tu peux sortir la fille de la FLSH, mais tu pourras jamais sortir la FLSH de la fille. Je suis en deuil de devoir m’identifier à une nouvelle fac, qui, qui sait, pourrait éventuellement me séduire tout autant.

Après avoir pris le temps d’y penser toutefois, je crois que j’étais à la bonne place depuis le début. En fonçant aveuglément dans mes études supérieures, j’écoutais mon cœur et non ma tête, c’est ce qui est le plus important au final. Mais, pour la prochaine année, je devrai me concentrer sur ce dont j’ai besoin et non sur ce dont je désire. Ça doit être ça, le mal que je ressens en dedans, ça doit être ça… le mal du pays, ou plutôt, le « mal de la fac ».


Crédit photo © EducationFirstDanemark

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