En marche vers la présidence

Par Lucas Bellemare

Le rideau est finalement tombé dimanche après-midi, heure du Québec. Vers 14 h, le candidat présidentiel Emmanuel Macron a été confirmé comme le futur 25e chef d’État de la République française. Suite à un second tour, l’opposant à Marine Le Pen, Macron, réussit à obtenir 65,6 % des voix contre 34 % pour son adversaire. En termes de chiffres bruts, 20 257 167 électrices et électeurs ont soutenu Macron selon le ministère de l’Intérieur, alors que 10 584 646 d’entre eux ont préféré Le Pen. Il s’agit d’une élection historique entre autres pour deux raisons : aucun candidat des principaux partis n’était présent et il s’agit du meilleur résultat au second tour pour le Front national (même si en théorie, madame Le Pen a temporairement démissionné de la présidence de ce parti lors des deux semaines de campagne).

Malgré sa victoire avec les deux tiers des voix, le futur président, qui sera investi le 14 mai, ne se considère pas comme ayant un passe-droit de la population française. S’il a réussi à fédérer les progressistes républicains selon ses mots, son travail sera de ne donner aux électeurs du Front national aucune raison de voter pour ce parti aux prochains scrutins. De plus, un électeur sur quatre a décidé de s’abstenir d’exercer son droit démocratique ou de voter blanc.

Selon La Presse, les travaux du futur président sont nombreux. Il devrait s’attaquer au problème du chômage (10 %), une dette s’élevant à près de 100 % du PIB et à la menace terroriste. Il n’en demeure pas moins que la perception des politiciens internationaux est que la victoire de Macron représente aussi celle de l’Union européenne. Thème parmi d’autres qui divisait le gagnant et madame Le Pen, celui-ci s’oppose à la volonté protectionniste de la candidate défaite.

Toutefois, malgré sa victoire aux élections présidentielles, la lutte n’est pas terminée. À la mi-juin se tiendront les élections législatives, où des candidats pro-Macron tenteront de gagner des sièges à l’Assemblée nationale. La capacité du nouveau président à conserver la ferveur de sa victoire pour la transposer à l’élection de députés déterminera s’il sera en mesure d’appliquer pleinement son programme politique. Pour madame Le Pen et le Front national, il s’agit aussi d’une opportunité pour élargir sa base législative (le parti ne compte qu’une députée sur 577, Marion Maréchal-Le Pen, ainsi que deux sénateurs sur 348). Plusieurs rumeurs circulent aussi sur la possibilité pour Marine Le Pen de se présenter à ces élections pour utiliser cette tribune afin de faire avancer son parti. Dans tous les cas, le scrutin législatif de juin nous donnera une bonne indication sur la capacité de Macron à continuer sa marche vers la victoire.


Crédit Photo © Courrier international

Laisser une réponse