Marcher pour se retrouver : un autre bon coup de Jean-Marc Vallée!

Ressentir la douleur physique et psychologique de la protagoniste tout en étant calé au fond de notre siège de cinéma, c’est sans aucun doute le point fort du nouveau film du réalisateur québécois Jean-Marc Vallée, Wild. Une œuvre cinématographique porteuse d’enjeux sociaux actuels et qui amène son lot de réflexions.

Par  Geneviève Goulet-Cloutier

Récit de voyage inspirant

Après Matthew McConaughey dans Dallas Buyers Club, Reese Witherspoon est la nouvelle tête d’affiche de ce récit de voyage biographique qui met en scène Cheryl, une jeune Américaine au passé houleux. Elle nous emmène dans un pèlerinage de plus de 1600 kilomètres, où la solitude pèse lourd et la douleur ralentit. Manger, boire et dormir deviennent des défis quotidiens et ce retour aux besoins primaires n’est qu’un des aspects bouleversants du film. Les gens qu’elle croise sur son chemin nous font pleurer, réfléchir et angoisser, mais Cheryl se nourrit de ses rencontres qui la font avancer (ou parfois reculer) sur son chemin. Sans trop connaître les difficultés de cette expédition et les possibles bénéfices de ce défi d’envergure, Cheryl demeure tout de même confiante, poussée par une envie profonde d’atteindre la ligne d’arrivée, ou peut-être de mettre enfin un baume sur les blessures du passé. Tout au long du parcours, son histoire trouble ressurgie dans ses pensées, nous faisant voyager à travers une gamme d’émotions. Cette aventure est non seulement une route entre un point A et un point B, mais aussi une quête identitaire, où l’on s’identifie à Cheryl dès les premiers moments. À l’apparence d’une bonne fille de famille, cultivée et scolarisée, elle nous dévoile ses côtés sombres insoupçonnés.

Portrait d’une génération

Les générations Y et Z sont marquées par l’envie quasi viscérale de voyager et par une ouverture sur le monde qui prédominent sur les générations précédentes. Les programmes d’échanges étudiants affluent tout comme les possibilités d’aventures outre-mer. Une certaine mode à l’image du film Into the Wild semble émerger, où les voyages en sac à dos et les Westfalias sont à l’honneur. Inévitablement, les tendances Peace and Love gagnent le cœur de plusieurs! Alors que les frontières perméables multiplient les choix, les auberges de jeunesse et le couchsurfing sont en effervescence, ce qui facilite grandement la vie des voyageurs à petits budgets. À l’image de Cheryl, le goût du risque en allume plus d’un. Devant la croissance des technologies dans notre quotidien, certains y voient une occasion de se départir de leurs gadgets le temps d’un voyage.

Une aventure en solitaire vous paraît impossible? Il est clair que ce type d’expédition nécessite une préparation colossale, mais je vous encourage à vous laisser inspirer par ce récit découlant d’une histoire vraie. Briser les barrières, appréhender le voyage comme une expérience personnelle hors du commun, voyager pour satisfaire nos yeux de beaux paysages et pour sortir de sa fameuse « zone de confort » ou, comme Cheryl, pour faire le vide. (Ou pour Reese Witherspoon… car comme disait mon ami: « elle n’est pas laide du tout celle-là! »)

Si vous n’avez pas eu la chance de visionner le film, Wild est toujours à l’affiche à la Maison du Cinéma.

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