Maxim Martin — Fuckoff : Brillant à souhait !

Par Martine Dallaire

Pour son cinquième one-man-show, Maxim Martin explore avec brio le lâcher-prise qui l’habite à l’aube de la cinquantaine. Dans cette société où l’humour des uns blesse l’orgueil des autres et dans laquelle on ne sait plus de quoi et surtout de qui on peut rire, l’humoriste s’amuse à nous réconcilier avec nos tabous.

Des expériences personnelles et moins personnelles

Si on en juge par les nombreux éclats de rire entendus lors de ce stand-up comique qui s’est tenu au Centre culturel de l’UdeS, le 9 janvier dernier, la prestation de Maxim Martin a touché plus d’une génération, même si à l’origine, on peut penser qu’elle s’adresse surtout aux boomers. Entre les traditionnels souffre-douleurs qui minent notre existence, en passant par les questionnements sur l’homme, dont la virilité est de plus en plus laborieuse à circonscrire, un tourbillon de sujets y sont abordés. Entre autres, les anecdotes et les défauts personnels de l’humoriste. Le spectacle démontre dans son entièreté qu’en dépit de son nouveau bonheur, sa vie est tout sauf… banale.

Un langage coloré

Fidèle à lui-même, Maxim Martin livre le fond de sa pensée, sans fard. Il n’a pas peur d’exprimer ses opinions sans mettre de gants blancs, sans peur de déplaire, entre quelques jurons bien sentis. Aucune fausse politesse ni devinette! L’humoriste fait un gros doigt d’honneur au «politiquement correct» et teste les limites du public. On y appelle un chat un chat, et le ton gueulard qui écorchera peut-être certaines oreilles au passage est de mise. Qu’il s’agisse des réseaux sociaux, de drogue, de sexe, de bonnes manières, ou du fossé entre les générations, Maxim Martin n’emprunte aucun détour pour faire sa critique sociale tout en mettant à l’épreuve les valeurs et la morale de certains spectateurs. Il se permet même d’y choisir une tête de Turc dans la salle et de causer crème hydratante avec ce dernier. Hé oui! L’humoriste, dans la cinquantaine entamée, tenterait-il un retour à son teint de jeunesse dans un but de séduction, ou ladite crème servirait-elle à d’autres fins? De même, la présence d’une conquête et de son petit chien dans le lit de l’humoriste, dans le feu de l’action, minera-t-elle le rendez-vous galant de Maxim Martin? Suffit d’assister au spectacle pour connaître le dénouement de ces instants volés au quotidien de l’humoriste.

Un intrigant cygne sur l’affiche promotionnelle

Et pour ceux qui se questionnent au sujet de la présence d’un cygne sur l’affiche promotionnelle, ils le découvriront bien assez vite et de manière hilarante dans le spectacle! L’oiseau, rencontré lors d’un voyage en Europe, a mis au défi le tempérament bouillant de l’humoriste. Il n’y a qu’à Maxim Martin qu’une telle mésaventure peut arriver.

Une première partie enlevante avec Frank Grenier

Avant de terminer, il serait mesquin de passer sous silence l’étincelante performance de Frank Grenier, alias Frank Tophouse, en première partie du spectacle de Maxim Martin. Ce dernier relate avec un humour incisif des anecdotes familiales et rassembleuses, dans lesquelles beaucoup d’entre nous se reconnaîtront. L’humoriste fera certes un tabac au cours des prochaines années dans le domaine de l’humour au Québec.


Crédit Photo @ Maxim Martin

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