Les Midis-numériques de l’UdeS : illuminer le pont Jacques-Cartier par les émotions

Par Jasmine Godbout

Grâce à la compilation et à l’émission de données en direct, la ville de Montréal peut illuminer le pont Jacques-Cartier selon les émotions de la population, partagées dans les médias. Le 26 octobre avait lieu le premier d’une série de midis-numériques organisés par la Faculté des lettres et sciences humaines. Le professeur Sylvain Rocheleau a expliqué lors de la conférence sa contribution.

Émission de données : illuminer le pont avec des émotions

Le professeur Sylvain Rocheleau, spécialiste en communication et en informatique cognitive, a contribué, en partenariat avec les compagnies Moment Factory et Réalisations inc., à l’illumination du pont Jacques-Cartier. Il a mis en pratique ses compétences dans ces domaines en analysant la presse ainsi que des données numériques (Big Data) dans le cadre du 375e anniversaire de Montréal.

Des bases de données, recueillant le type d’articles le plus populaire et les réactions des internautes en direct, permettaient de traduire ces émotions en lumière. Par exemple, si le sport se révèle le sujet dont on parle le plus dans les médias, sa couleur éclaire le pont avec de l’imagerie visuelle variable. Bien que le processus d’illumination puisse paraitre aléatoire, ce n’est pourtant pas le cas. Il n’a pas été évident de donner à ses collègues de la ville un rapport à chaque heure du jour. « J’ai dû être su’a coche [sic] pour accomplir leur demande », lance le professeur Rocheleau.

La Ville de Montréal et tous les participants du projet souhaitent donner un aperçu de ce qui se passe en direct, de ce qui se discute dans les médias. Pourtant, est-ce vraiment le cas? Dans la recherche, combien d’articles sont directement issus de communiqués de presse (copier-coller); combien sont de fausses nouvelles? La plupart du temps, les bases de données utilisées peuvent gérer le contenu de manière systématique et objective. Bien que quelques impertinences s’y glissent, le processus permet tout de même de représenter les médias adéquatement.

Pourquoi ce projet?

D’où vient cette idée assez hors du commun? Le professeur ne saurait y répondre adéquatement, mais il soulève que l’argument de vente, le pitch de Moment Factory, la compagnie avec laquelle il collabore, devait se baser sur l’avancement du Web 3.0, le World Wide Web ainsi que sur le désir de se brancher sur la réalité.

Dans le but de créer un sentiment d’appartenance à la Ville de Montréal, l’équipe s’est attardée à ces aspects et a ciblé un monument historique : le pont Jacques-Cartier. Un projet ambitieux qui mélange données quantitatives et qualitatives. Fonctionnera-t-il encore ainsi d’ici dix ans?

Observatoire de la circulation de l’information

Dans un contexte de recherche, le professeur Sylvain Rocheleau a créé, avec des collègues de l’Université de Sherbrooke, un groupe nommé « Observatoire de la circulation de l’information ». Leurs intentions se résument à ouvrir des données et de l’information aux étudiants de la Faculté des lettres et sciences humaines (FLSH), tout particulièrement.

Pour mettre en valeur le savoir et le partage universitaire, le groupe propose d’interagir avec les étudiants et de se servir de leurs données rendues disponibles à cet effet. « On recherche des avis, des gens impliqués », mentionne-t-il. L’Observatoire est même prêt à engager des étudiants actifs dans le domaine.

Les portes s’ouvrent dans divers champs et disciplines, soit en informatique, en enseignement, en communication… Tout cela a été mis en place dans le but de contribuer aux recherches qui, elles-mêmes, profiteront à la société et aux générations futures. On leur permet d’être en mesure de manipuler des données et de se sentir davantage à l’aise dans le monde numérique, grandement développé dans le contexte du Web 3.0.

Les Midis-numériques de l’UdeS

Cette série de présentations initiée par la FLSH est organisée par le Réseau des humanités numériques, un groupe à l’optique semblable à celle de l’Observatoire mentionné ci-haut. La vice-doyenne à l’enseignement et au développement, la professeure Anick Lessard, souligne que « la création de la série Midis-numériques vient appuyer le mandat du Réseau en faisant la promotion d’initiatives qui se trouvent au croisement du numérique et des disciplines ».

En d’autres mots, on souhaite démocratiser le numérique dans le développement des savoirs.  En stimulant l’intérêt des universitaires et du personnel enseignant, les membres, aux horizons disciplinaires variés, souhaitent que les étudiants se servent davantage du numérique comme outil de recherche. Madame Lessard et le Réseau numérique proposent à leurs collègues d’autres facultés de se joindre à eux en présentant leurs réalisations aux Midis-numériques.

La raison d’être des conférences du midi, présentées à l’Agora du Carrefour de l’information, se résume à mettre en valeur les chercheurs et chercheuses et leurs projets dans divers domaines, liés à l’informatique.

À présent, cinq évènements sont prévus à l’horaire; le prochain se tiendra le 18 janvier 2018.


Crédit Photo ©   Martine Doyon

 

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