Mon ami Walid : une tragicomédie à faire pleurer de rire… et de tristesse

Par Mireille Vachon

Lundi le 18 février dernier, la projection du long métrage Mon ami Walid en a conquis plus d’un au Centre culturel de l’Université. Les humoristes Adib Alkhalidey, le réalisateur du film, et Julien Lacroix, le comédien principal, étaient sur place afin d’expliquer leur projet et de répondre aux questions des spectateurs.

Un scénario éclaté

Tout commence dans une épicerie aux clients insoutenables, aux employés marginaux et au patron libidineux (Guy Jodoin). Walid (Adib Alkhalidey), un caissier profondément malheureux, tente de mettre fin à ses jours dans le backstore de l’édifice. Pris de panique et de colère, Antonin (Julien Lacroix), qui travaille dans l’entrepôt, le sauve de justesse. Une amitié profonde naît alors entre les deux jeunes adultes dépareillés, alors qu’Antonin décide de suivre Walid partout (et j’ai bien dit partout, même jusque dans sa salle de bain…) afin de s’assurer qu’il n’effectue pas de deuxième tentative. Son ultime but dans la vie est désormais de redonner la joie de vivre à son compagnon : « Le meilleur des médicaments, c’est de voir du monde pire que toi. Viens-t’en ! », de dire le protagoniste principal. En réalité, qui des deux complices a davantage besoin d’aide ?

S’ensuit une thérapie de groupe des AA animée par un Christian Bégin déjanté dans une mosquée, une débauche dans les rues de Montréal avec abus d’alcool et de substances illicites, un retour à l’hôpital psychiatrique pour Antonin, etc. Toutes ces péripéties sont amenées de manière hilarante, malgré la lourdeur du thème principal : la maladie mentale. Mon ami Walid, un film touchant et bouleversant, qui montre le côté sombre qui habite, qu’on le veuille ou non, tous et chacun.

Un processus de réalisation atypique

Lacroix et Alkhalidey ont coécrit et coproduit l’œuvre ensemble. Ayant chacun côtoyé de près ou de loin la maladie mentale, ils ont décidé d’en faire leur thème principal. Pour ce qui est du financement, ils ont choisi d’autofinancer leur projet, ne voulant pas attendre entre cinq et huit ans pour que leur long métrage voie le jour, comme c’est le cas pour la majorité des films. Les scénaristes ont donc organisé une campagne de sociofinancement auprès de leurs fans, qui a permis d’amasser 80 000 $ grâce à 753 donateurs. Au total, la production a coûté 150 000 $, donc pour le moment, la différence est assumée par les créateurs. Le financement du film continue grâce aux projections organisées dans plusieurs salles de spectacles à travers la province. Par ailleurs, la distribution d’une trentaine d’acteurs (notamment Sophie Cadieux, Debbie Lynch-White, Yannick de Martino, etc.) a accepté de jouer bénévolement, mais une partie des profits ira certainement dans les poches des comédiens. Julien Lacroix et Adib Alkhalidey sont fiers du résultat final et souhaitent réaliser d’autres projets ensemble : « On est plus soudés que jamais. On a la même éthique de travail, on a d’autres projets ensemble », annonce Julien.

Où voir Mon ami Walid?

Pour les intéressés, la tournée des salles québécoises se poursuit et toutes les dates se retrouvent sur le site monamiwalid.ca. Sinon, le film est à l’affiche dans quelques salles de cinéma et sera également accessible sur le Web à la fin de la tournée.

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